Quand Bob Marley rencontre Sid Vicious, Welcome to Destination Anywhere

C’est en avril dernier que je me dirigeais d’un pas énergique et impatient vers le Trabendo, pour ce qui s’annonçait déjà comme un moment d’anthologie dans ma petite vie de rockeuse, le concert d’adieu du groupe allemand Panik (anciennement Nevada Tan). C’est donc dans une ambiance générale mêlant tristesse, nostalgie et sur-excitation que les quelques centaines de fidèles présents investissent la salle, celle là même où la plupart d’entre nous étions venus les écouter trois ans auparavant.

Pas facile dans un tel contexte de devoir assurer une première partie. C’est pourtant ce qu’ont fait avec brio les school boys déjantés de Destination Anywhere. Embarqués dans les fly-caisses de leurs compatriotes et amis de Panik, ils arrivent sur scène remontés à bloc et prêts à mettre le feu à l’auditoire.

Leur look propret contraste avec le son à mi-chemin entre reggae et punk rock qu’ils proposent. Derrière la combinaison « chemises et pantalons noirs, cravates blanches » se cachent huit bêtes de live, David Conrad notamment, blondinet remuant et tout sourire, qui, armé de son micro ne cessera pendant plus d’une demie heure de sauter aux quatre coins de la scène tel un kangourou épileptique. Confidences pour confidences, je le soupçonne fortement de posséder trois poumons, seule explication possible au fait qu’il soit capable de combiner une telle performance physique et vocale.

Blagues à part, Destination Anywhere nous propose une musique enthousiaste, festive, libératrice même. Le mélange des guitares et des cuivres, propre au style ska-punk dans lequel s’inscrit le son du groupe, s’avère extrêmement plaisant à l’oreille, et son originalité apporte un vent de fraîcheur sur une scène rock qui peut sembler à certains un peu molle du genou. Les titres phares « Hello Again« , « All Alone« , ainsi que le plus ancien et plus musclé « Comeback » sont tout à fait représentatifs de l’identité musicale de Destination Anywhere, et sont donc ceux que je conseillerais à ceux qui voudraient se faire une idée sur la question.

Après un premier EP en 2006, « Coffee, Horn and Cigarettes » les garçons sortent en 2008 l’album « Sobstuff, Tales and Anthems » encore disponible en téléchargement gratuit sur leur myspace. Un nouvel EP du nom de « You won’t bring me down » a également vu le jour en mai de l’année dernière.

Bien qu’ils ne soient toujours pas signés, Destination Anywhere continue de tourner, majoritairement en Allemagne, et prépare actuellement un nouvel album, produit par David Bonk, guitariste et pianiste de Panik (des vidéos des séances d’enregistrement sont d’ailleurs disponibles via le compte youtube du groupe). Preuve qu’en ces temps difficiles dans l’industrie du disque, il peut suffire de dédication* au travail, d’une envie débordante, et d’une bonne fan-base pour s’assurer une carrière épanouie.

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* Toutes mes excuses pour cet anglicisme flagrant, malheureusement il y’a des nuances que la langue française ne permet pas.

Destination Anywhere – Hello Again (Live@Trabendo)

Une ambiance de folie, malgré une formation incomplète (un seul cuivre) et un ingé son douteux (cf. la batterie écrasante du début).

Laure Guino

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