Retour aux sources pour Ray LaMontagne et « God Willin’ & The Creek Don’t Rise » (chronique)

Pour les amoureux du mouvement folk, chaque nouvel album de Ray Lamontagne est une bouffée d’air frais. En ce mois d’août 2010 pluvieux, le grand barbu sort son quatrième album, auto-produit et enregistré en compagnie des musiciens de Pariah Dogs dans une ferme perdue au beau milieu du Maine. Un album qui arrive à point nommé! Pas de grande révolution pour Ray LaMontagne et God Willin’ & The Creek Don’t Rise, mais plutôt un retour aux sources. On y retrouve toujours sa voix de braise qui nous susurre ses compositions mélancoliques à souhait balançant entre folk et blues américain. C’est d’ailleurs sur une note blues avec le titre « Repo Man » que ce nouvel album s’ouvre. Lassante, peu entraînante et tirant beaucoup trop en longueur, c’est certainement le moins bon morceau de Wilin’ & The Creek Don’t Rise. Mauvais choix pour ouvrir l’album. Toutefois, on lui pardonnerait ce folk/blues faux-pas, tant les autres morceaux de l’album sont des bijoux. On enchaîne sur « New York City’s Killing Me« , une balade ou Ray LaMontagne chante la dépression et le sentiment d’oppression qui se dégage des villes bétonnées. Mon coup de cœur de l’album. Quand on s’appelle Ray Lamontagne, et qu’on est un artiste aussi solitaire on comprend bien qu’une ville comme New York peut lui donner le spleen.

Avec les titres « God Willin’ & The Creek Don’t Rise« , et encore plus avec « Beg Steal Or Borrow« , Ray Lamontagne s’essaie aux sonorités country, pour un résultat des plus satisfaisants. On ferme les yeux, et nous voila perdus dans les grands espaces américains. Si sur ces titre-là le grand barbu était accompagné par les Pariah Dogs, sur « Are We Really Through« , le chanteur se retrouve en tête à tête avec sa guitare. On aime la mélancolie qui se dégage de ce titre. Badante certes, mais une composition tellement bien écrite qu’on aimerait pleurer des heuresen l’écoutant. Ray Lamontagne continue ses lamentations sur « This Love Is Over« , et on continue dans les rythmes folk/blues qui font dresser les poils de bras. L’interlude mélancolie finie, le chanteur se tourne de nouveau vers les sonorités country sur « Old Before Your Time« / »For The Summer« , deux titres qui invoquent Nashville, et la musique texane. En gros on craque! Et on craque pour l’harmonica « Like Rock And Roll & Radio« . Ray Lamontagne nous fait encore pleurer sur cette balade interprétée avec sa guitare et on aime l’écouter raconter une histoire d’amour finie. Deuxième gros coup de cœur de cet album. God Willin’ & The Creek Don’t Rise se termine sur une note un peu plus joyeuse avec « The Devil’s In The Jukebox« , explosion folk/blues et country, entêtante qui reste bien en mémoire, et qui donne envie de bouger la tête!

Une belle réussite que cet album enregistré, dirigé et produit par Ray Lamontagne. Isolé dans sa maison du Massachussetts, le chanteur folk au style inimitable a su donner une ambiance particulière à cet album en faisant ressortir l’émotion poignante qui se dégage de chacune de ses compositions. Chanteur folk, mais pas que. Ray mélange les sonorités blues, et inclut désormais des sons country pour un résultat plus que probant : God Willin’ And The Creek Don’t Rise est donc le digne successeur de Gossip in the Grain. Un album que tout bon amoureux de folk se doit de posséder dans sa discothèque personnelle!

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