On y était : Tom McRae à la Cigale

Depuis son dernier passage par la capitale, sept mois ont passé. En mars, Tom McRae se produisait dans une Maroquinerie surpeuplé et surchauffé. On se disait d’ailleurs que l’intimiste salle était beaucoup trop petite pour lui, il était donc normal, pour sa deuxième date, que l’anglais investisse une plus grosse salle : La Cigale semblait être le lieu parfait pour lui, et sa bande. La même que la Maroquinerie. Même première partie également : Brian Wright. L’effet de surprise à propos du guitariste texan est passé, néanmoins on se régale toujours autant à l’écoute des compositions accompagnées tantôt à la guitare tantôt au piano. Oui, il est un parfait cliché du folkeur américain, il porte lui aussi la barbe et les cheveux longs, sa musique elle, transpire les grands espaces. Toujours aussi belle, elle se teinte de country parfois de soul. Quant à la voix puissante et rauque de Brian, c’est toujours un régal.

Après trois titres à la guitare sèche, il passe derrière le piano. Noir complet sur la scène, seul un faisceau de lumière éclaire Brian et son piano, baignant la Cigale dans une atmosphère quasi-religieuse. Le temps est comme suspendu et l’auditoire murmure les paroles de la chanson, comme pour ne pas déranger Brian Wright. Après l’interlude « émotion », le texan retrouve une guitare : électrique cette fois, pour proposer un titre de son dernier album, avant de finir sur un dernier titre : Mary Sugar Cane (une demande expresse d’une fan présente dans la salle). Le barbu se retire sous l’ovation du public déjà conquis par l’homme, sept mois auparavant. Oui parce que dans la salle, beaucoup avait investit la Maroquinerie en mars. S’ils avaient été ravis la dernière fois, le show offert ce soir-là sera tout aussi à la hauteur de l’attente. Si ce n’est plus.

Il est 20h30 quand Tom McRae et sa bande montent sur la scène. Les musiciens sont en retrait, Tom s’installe derrière le micro sans guitare. Son set, il le commencera a capela par « Mermaid Blues« . Silence totale dans la salle, on entend que la voix douce et fragile de Tom. Il enchaîne immédiatement sur « Me & Stetson » et « Karaoke Soul« . Si sur l’album Just Like Blood, ce dernier titre est remarquable du fait de l’ambiance tendue et électrique qui s’en dégage, en live, « Karaoke Soul » prend une autre dimension. Le violoncelle s’enerve, la batterie très présente donne une dynamique plus rock à la chanson. Les musiciens sont déjà à fond, et on voit un Tom McRae tout sourire assurer le show. Un Tom très différent de la Maroquinerie ou on pouvait parfois le sentir réservé. Taquin, il fera toute au long du show des blagues à sa bande, éclatera de rire parfois en plein milieu d’un titre, n’hésitera pas à plaisanter avec son public et les petits cris des  fans anglaises. Son public, Tom McRae il l’aime, et il le fait participer. Ainsi, comme il a l’habitude de le faire, il demandera à l’auditoire de reprendre en chœur la fin du titre « End Of The World News (Dose Me Up)« . La salle séparée en deux chantera le refrain l’un après l’autre, puis ce sera les filles contre les garçons… Net avantage pour les filles je tiens à le préciser. Comme ce public aime chanter, il le fera de nouveau sur le titre  » I Still Love You » un peu plus tard dans la soirée. A ce moment du concert, plus personne dans la salle n’est assis. En effet, toute l’assistante présente est debout à taper des pieds et des mains aux rythmes des titres qui s’enchainent (en majeure partie des titres du premier album et du dernier).

Après une heure et demi de show, et un « Silent Boulevard » en apothéose, Tom McRae se retire avec sa bande. Pour le rappel c’est seul qu’il revient sur scène, accompagné simplement de sa guitare : « Special request? » demande-t-il. Dès lors, des voix s’élèvent un peu partout pour essayer d’imposer son titre : dans le cafarnaum ambiant, se battent en duel « Human Remains« , « You Cut Her Hair« , « Drow Down The Stars » et le magistral « The Boy With The Bublegun« . Humain Remains ne sera pas choisi. Les autres ttitres seront joués uniquement par l’anglais. Seul. The Boy With The Bubblegun sera gardé bien au chaud pour le final. Des titres cités, la dernière est celle ou l’émotion est la plus poignante du moins en version studio. En effet, Tom McRae l’a enregistré tout simplement en guitare/voix (avec un très lointain violon toutefois). Sur scène c’est celle qui se fera plus rock et dur. On assiste alors là à un véritable ascenseur émotionnel. On commence par des morceaux à fleur de peau, ou la voix à la fois douce et puissante de Tom McRae nous arrache une larme et nous hérisse les poils. On enchaine avec une version tendue et énervée de Bubblegun. Après une très longue séquence instru ou tout les musiciens se lâchent complétement, chacun s’arrête alors de jouer brusquement et c’est sur le « If Song Could Kill…this one for you » final que l’anglais finit son set, pour quitter la scène de la Cigale avec un sourire aux lèvres qui en dit long.

Tom McRae était heureux d’être là, et si j’avais peur qu’une salle comme celle-ci soit trop grande pour lui, je me suis mise le doigt dans l’oeil. La prestance, le charisme et l’univers du Très Grand Tom McRae ont aisément pris possession de la Cigale. J’oserais dire même qu’elle semblait trop étroite.

Set list : Mermaid Blue/Karaoke Soul/Dose Me Up/Summer Of John Wayne/Please/Streetlight/A&B/Hawai/Still Love You/Umbrella/Silent Boulevard/ »Special Request »/Bubblegun.

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4 pensées sur “On y était : Tom McRae à la Cigale

  • 15 octobre 2010 à 6 h 47 min
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    Très bon billet. Deux petites erreurs: 1) le titre de Brian Wright s’appelle Mary Sugar Cane. Et, non, non, malheureusement, Tom n’a pas chanté « Human Remains » mais a fait un mix entre « Draw Down the Stars » et « The Girl Who Falls Down Stairs. »

    Tom ne chante *jamais* « Human Remains » (il ne l’a fait qu’une fois, apparemment) et on est plusieurs à vouloir l’entendre en live, cette magnifique chanson…

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