James Vincent McMorrow : la bande-son parfaite d’un « bon hiver »

Il fait froid, pleut quasiment chaque jour, fait désormais nuit à 17h , et pleins d’idées noires se bousculent dans nos têtes… L’hiver approche, et on n’a qu’une seule envie, ne plus fourrer son nez dehors jusqu’au mois de mars. Ce qu’on souhaiterait c’est se caler dans un gros fauteuil, devant une cheminée où s’échapperait le doux craquement des bouts de bois qui s’enflamment. Sur nos genoux serait posée une épaisse couverture. Blottis dans une énorme polaire, on siroterait une verveine, et on écouterait les gouttes de pluie s’écraser sur nos fenêtres. Un sourire aux lèvres, on lirait le dernier Lars Kepler, et la chaîne hi fi du salon propagerait en fond sonore l’EP de James Vincent McMorrow. Alors, on se laisserait bercer doucement par « This Old Dark Machine« , ou « From The Woods« , et par cette voix voilée qui semble venir d’ailleurs accompagnée d’une guitare qu’on entend au loin.

La voix de cet irlandais, à la fois aérienne et délicate, en réalité n’a pas tellement besoin d’être accompagnée. Elle se suffit à elle-même. James Vincent McMorrow provoque la même émotion qu’à l’écoute d’un Bon Iver : silence, respect, émerveillement…on ne contrôle plus rien, et on laisse alors échapper quelques larmes qui roulent sur nos joues face à tant de beauté.

A peine remis de « From The Woods« , on se laisserait envoûter par « Like The River« , une reprise de Sun Kil Moon. Une cover tellement bien réappropriée qu’on jurerait presque entendre une version originale, loin de la country de Mark Kozelek. Non, James ne nous aidera pas à faire fuir nos vieux démons.  Sa musique à lui est du style à exploiter les côtés sombres et tabous de la vie. A la manière d’un conteur il nous raconte sa solitude, ses désillusions, ses désirs de fuite aussi. Quand on écoute « If I had a Boat« , on se dirait que nous aussi on partirait bien loin. Non, la musique de James Vincent McMorrow n’est pas de la folk de plage naïve et enfantine, c’est un univers particulier mélangeant lyrisme et folk. Des compositions hautement mélancoliques certes, mais à la fois douces et enivrantes.

Il fait froid dehors, il pleut encore plus fort, c’est déjà minuit à 18h, pleins d’idées noires se bousculent dans ta tête… l’hiver approche, et tu n’as qu’une seule envie, ne plus fourrer ton nez dehors jusqu’au mois d’avril, et écouter en boucle James Vincent McMorrow. Rester cloîtrer chez toi n’est malheureusement pas possible, toutefois écouter la musique de l’Irlandais est hautement recommandée et ce, dès le 15 novembre prochain.

Sabine Swann Bouchoul

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