On y était : Cascadeur au Café de la Danse

Ca arrive qu’on me dise : « mais pourquoi tu retournes voir ce mec en concert, tu l’as déjà vu plusieurs fois ». Pour être politiquement correcte je dirais pour voir comment l’artiste évolue, comment son travail change avec le temps, et quelle direction il prend. Pour parler franchement, je dirais pour me prendre une claque et voir comment un mec qu’on découvrait au piano dans un salon s’approprie une véritable salle de concert. Hier, au Café de la Danse, on a eu la sensation de voir l’éclosion d’un véritable Grand Artiste.

Cascadeur, on le connait depuis bien longtemps, on sait de quoi il est capable, on sait que sa musique prend aux trippes, et on sait également que sa voix nous fait dresser chacun des poils des avants-bras. Mais ce qu’on ne sait pas c’est qu’à chaque concert il propose quelques choses de nouveau. Chaque concert est un spectacle à part entière ou il tutoie un peu plus les étoiles et la perfection.

Mais, avant que l’homme casqué s’empare de la scène, c’est Mesparrow qui était chargée d’animer la première partie, devant un Café de la Danse qui affiche complet. Mesparrow c’est un personnage à part comme il en existe pas beaucoup dans le paysage musical français. Une voix à couper le souffle, aux teintes jazzy qu’elle enregistre en live sur une pédale de sample. Elle chante en anglais, monte dans les aigues, excelle au beat-box et parfois s’installe au piano. Elle ose s’attaquer à la Grande Marylin Monroe, en reprenant « My Heart Belongs To Daddy ». Et là, attention on s’attend à tout sauf à la reprise habitée a capella de la demoiselle. Ca commence par un claquement de doigts, c’est ponctué de clappement de mains, et ça termine en apothéose… A en juger par le tonnerre d’applaudissement qui rugit à la fin du dernier titre de Mesparrow, on peut clairement affirmer que le public a grandement apprécié le set de la jolie jeune fille.

Place à la star de la soirée : Cascadeur. Lumière éteinte, sur la scène on aperçoit deux grands ballons, un blanc qui domine fièrement la salle à droite de la scène, et un noir en bas à gauche. Et, en fond de scène, une large toile est fixée. Pendant un concert de Cascadeur, sachez-le l’aspect visuel est aussi important que la musique. Aussi tout au long du set, les yeux des spectateurs seront sollicités, tantôt par les jeux de lumières qui illumineront la scène (le Café de la Danse se transformera en véritable galaxie remplie d’étoile)s, tantôt par les projections sur la toile de fond.

Coiffé de son casque blanc à étoile rouge, le chanteur se cache derrière sa toile, on n’aperçoit d’abord que son ombre, puis après en avoir fait le tour, il s’installe derrière son piano. Très longue introduction instrumentale, et déjà le décor est planté : on sait qu’on va partir très loin. « Glam« , « The End« , « Memory« , « Waitin« , Cascadeur présentera les titres de The Human Octopus, son album en paraître le 28 mars. On connait bien évidemment beaucoup de ses anciens titres : « Into The Wild », « Meaning » ou le magique « Walker« . D’ailleurs, sur ce titre, le public présent n’hésitera pas à reprendre en chœur le refrain magique et entêtant, certains mimeront la gestuelle de Cascadeur.

La salle est transportée dans un autre univers, et apparemment elle ne souhaite pas en revenir puisqu’après le premier rappel (« Shadow » et « Bye Bye« ), le public debout appelle une nouvelle fois le musicien : non elle le veut pas le laisser partir. Qu’à cela ne tienne, Cascadeur revient sur scène pour un ultime titre, « Walker« . Toute l’audience est debout pour écouter et chanter le dernier titre. Magique.

Cascadeur s’est fait plaisir sur scène, et indéniablement nous on repense à la première fois où on l’a vu, et on se dit que le garçon a vraiment changé : à l’aise, il s’assume désormais totalement. Il joue avec ses petites machines, sa dictée magique, sa boîte à musique mais aussi avec son public. La scène lui appartient totalement. Pas que la scène, puisqu’il descendra à deux reprises dans la fosse, et s’allongera même au côté d’un spectateur lui-même allongé à même le sol. Exit le chanteur timide, on voit un artiste libéré. On disait de lui qu’il était un Objet Musical Non Identifié, on dira tout simplement aujourd’hui que c’est une véritable étoile musicale et qu’il est impossible de passer à côté de cet artiste hors-norme.

 

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Une pensée sur “On y était : Cascadeur au Café de la Danse

  • 25 mars 2011 à 12 h 48 min
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    j’aime comme toi. On l’a découvert ensemble d’ailleurs tiens 😉

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