Lana Del Rey, une pin-up moderne

Les seventies et les sixties ont le vent en poupe. Comme si une furieuse envie de vivre à une époque qu’on n’a connu qu’en photo ou en écoutant les vinyles de nos parents s’emparait de la jeunesse. Comme disait Julien Doré (qui lui non plus n’a pas connu) cette époque : tout semblait plus beau à cette période. Soit. Il n’y avait pas d’éléctro encore, le disco n’avait pas encore envahi le monde, les Black Eyed Peas n’existait pas. Les filles arboraient de jolies robes à fleurs, les garçons ne portaient pas de slims taille 8 ans, et le jazz et le folk faisaient fureur.

C’est peut-être pour ça que Lana Del Rey reprend à son compte toute l’imagerie de cette époque, et s’inspire très fortement de la musique de ses grands-parents. La chipie a le même âge que moi, et un talent fou que je n’aurais jamais : une voix qui scotche, qui s’amuse à aller dans les graves comme dans les aigües avec une aisance à faire froid dans le dos. Tant de facilités ouvre des portes n’est-ce pas ? Lana Del Rey, elle poussera celle du jazz. C’est là qu’elle fera ses armes. Mais son jazz à elle ne ressemble à rien du tout. Elle appelle ça du « jazz-gangsta », comprenez un jazz modernisé, vu par le prisme de la jeunesse américaine. Une jeunesse biberonné à la pop et au hip-hop.

Lana Del Rey, tout simplement va mélanger les trois styles, et comme une parfaite alchimiste elle réussit à les marier. Un joyeux mariage qui fait un buzz grâce à une chanson Vidéo Game. Tout le monde voit dans la demoiselle la Nouvelle Amy (ah bon ce n’était pas Adèle ? Ou Duffy? Ou Selah ? Personnellement, je ne vois aucun rapport). L’intérêt du web est tel que les Inrocks lui consacre un article dans son dernier numéro, et la place au sommet de leur « hypomètre ».

Ajoutons à cela que Lana Del Rey a tout compris à l’époque dans laquelle on vit. Une musique, sans univers visuel bien défini ne sert plus à grand chose aujourd’hui si on veut percer. Qu’à cela ne tienne, la jeune fille va se construire une image de pin-up sixties qui lui sied à merveille : brushing californien sur une chevelure longue et blonde, yeux souligné d’un noir ébène, faux-cils, mou boudeuse (et bouche-refaite), tenue vintage (shorty ou robe madmen), tout y est ! Le buzz est complet.

Déjà il se murmure que la demoiselle pourrait sortir un album très prochainement, puisque Interscope (la plus grosse maison de disque US) est tombé amoureux de Lana…Entre nous, nous aussi.

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