Les Trans’Musicales, générateur d’émotion : sérieux ?

Il existe un monde étrange, un lieu de débauche où tout est permis. Où chanter des chansons paillardes est classe. Où remplir sa Pom’Pote de vodka est cool. Où vomir et pisser au pied des gens est synonyme de branchitude. Rennes. Les Trans’Musicales plus particulièrement. La troisième dimension. Pour un hérétique qui débarque pour la première fois sur un festival, celui-ci collectionne TOUS les clichés propres au monde de la musique. Sexe, drogue et trop d’alcool. Ne jouons pas les prudes et les Saintes Nitouches, bien sûr qu’il y en a. Mais en général c’est un peu caché, c’est la face immergée de l’iceberg. Aux TransMusicales, c’est le contraire, on baise à la vue de tout le monde, sur un fauteuil de l’espace pro, à la vue et au su de tout le monde. On propose « coke, amphet » dès l’entrée du Parc des Expos. On vomit et on marche en même temps. Parfois on dort même dedans. C’est dans ce climat malsain, délétère, flippant que se déroulait le festival. Why Not.

Choc des cultures

En marge des Trans’Musicales, il y avait les Bars en Trans, et son ambiance radicalement différente. Sans doute parce que la cible et le public n’étaient pas la même. Moins débauché, plus propre sur elle, plus classe.  Les mecs te parlent musique, comparent un Golden Age Of Yatching à un Vampire Weekend. Aux Trans’Musicales, le mec est bourré. Il pue la beuh, et te drague avec la délicatesse d’un pochetron-pervers de 60 ans. Il en a 17. Au Bars en Trans, tu transpires, tu as chaud, tu danses, mais tu te fais aussi refouler d’un troquet car il n’y a pas assez de places à l’intérieur (c’était le cas au Papier Timbré pour Mina Tindle et Oh ! Tiger Mountain). Au Parc des Expos, tu te fais bousculer par des jeunes gens qui ne semblent pas pouvoir s’exprimer autrement qu’en poussant, beuglant comme des chameaux, en te soufflant une bonne taffe de cigarette dans la gueule. Classe ?  Dans les Bars, il y a des bucherons en chemises de trappeurs, avec des barbes « wild », aux portes de Rennes, ce sont des jeunes imberbes aux yeux vitreux, parfumés aux pastis.

Oh ! Musique à bobos

Tu te déplaces sur un festival pour la musique, et donc tu t’attends à en écouter un peu. Un peu quand même. Il y avait Mai Lan. Coup de cœur (déjà entendu au Buzz, à Paris en mai dernier). Elle jouait, à la Maison des Associations. Une belle jeune femme aux allures de Pocanthas qui rappe sur des instrus aux accents country accompagnée de musiciens multi-instrumentistes. Tu découvres aussi Nach, un duo complétement fou, dans lequel la chanteuse joue de la guitare, de la batterie et du clavier… sur le même titre. Drôle et à l’aise sur scène, elle se révèle touchante quand elle se met à chanter ses chansons d’amour, de garçons, de vie parisienne.

Golden Age Of Yatching et Hyphen Hyphen chauffaient La Place, le club branché de Rennes. Hyphen Hyphen était fidèle à eux-mêmes : des grands malades tout en énergie dès le premier titre ! T’as mal aux oreilles quand tu ressors de leur concert, mais c’est parce que ça envoie du lourd. On le sait, eux, ils iront loin. Carton rouge tout de même à la mise en place du groupe. Presqu’une heure d’installation, le temps de se faire bien chier pendant le changement de plateau. Avant il y avait le groupe d’Ivry-Sur-Scène : parfait imitateur de Phœnix, The Kooks, Vampire Weekend et Two Doors Cinema Club. Une espèce de jukebox humain qui s’inspire tellement de ces derniers, qu’on arrive même à déceler l’accent de voix des chanteurs dans le leader du groupe. L’imitation était relativement très bien faite, la musique aussi, mais ce n’était pas vraiment la leur.

Go Straight to Hell !

Pour rejoindre les Enfers, merci de prendre la navette. Il suffisait d’aller sur Twitter, et suivre par exemple Benjamin du Transistor pour s’en rendre compte. Imagines-toi la ligne 13 du mètro parisien aux heures de pointe en trois fois pire. Il n’est pas encore 22h, tout le monde est bourré (mais genre bien). Ça chante des chansons paillardes à deux centimètres de ton oreille, ça sort des « humm toi je sais que tu aimes te faire prendre par derrière » à même pas 16 ans. La jeunesse est perdue, et là, je suis vraiment choquée. Ça aurait pu être drôle, si c’était pas flippant.

Faut passer par l’enfer avant de trouver le paradis. Et le paradis s’appelle Hanni El Khatib. En duo guitare/batterie. C’est puissant. Quand tu écoutes son album, t’as l’impression d’entendre les Black Keys, quand tu le vois sur scène, t’as juste envie de secouer furieusement ta tête, et lever tes deux majeurs et chanter avec lui « Fuck It. You Win« . Un peu de rock dans un monde trop électro, moi, ça m’apaise. Pendant les Festoch, il y a toujours un groupe qui débarque de nulle part, que tu ne connais pas et qui te fous la grosse claque. Pour les Trans, ce sera Janice Graham Band, un groupe de Manchester qui mélange hip hop et rock, et qui ose marier guitare/basse/batterie et…trompette. Ca pourrait être ultra chelou, en fait c’était super génial.

La vérité, c’est que j’ai pas kiffé les Trans’. C’est tout. J’y retournerai sans doute pas, mais je suis quand même contente d’avoir vu mon amoureux Hanni El Khatib sur scène. Et je suis ravie des immenses fous rire que ma compère de galère, Lablonde la plus célèbre avons partagés !

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Une pensée sur “Les Trans’Musicales, générateur d’émotion : sérieux ?

  • 5 décembre 2011 à 1 h 25 min
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    Bon bah çà c’est dit ! j’ai jamais fait mais là ca donne pas envie..

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