On y était : Willy Moon et King Charles au Printemps de Bourges

Le 22 Ouest du Printemps de Bourges s’est mise à l’heure londonienne ce jeudi 26 avril. La salle accueillait King Charles et Willy Moon. Il pleut toujours autant, un peu comme à Londres. Ça sent beaucoup la bière, et le Jack Daniel’s un peu comme à Londres, et beaucoup de festivaliers se promènent avec des tignasses rouges ou blondes peroxydées. Un peu comme à Londres ! Sauf qu’on est toujours à Bourges.

Si King Charles commence à se faire un nom en France, Willy Moon est encore un parfait inconnu. Une dizaine de concerts à son actif, un passage au Silencio à Paris (pour quelques privilégiés), un joli buzz basé sur les vidéos old school en noir et blanc, un son qui mélange rock’n’roll et beat hip-hop. L’attente était énorme. Beaucoup se demandait ce que le garçon pouvait donner sur scène. Ils sont quatre à se présenter au public : deux filles – l’une à la batterie, l’autre (la sœur jumelle de Morticia Adams) à la guitare – un DJ derrière ses platines et Willy Moon. Ils sont tous habillés en noir sauf le chanteur qui a revêtu un costume blanc immaculé. Avec ses cheveux gominés, et sa tenue on pourrait presque le croire débarqué tout droit des années 50. Ce look à la Buddy Holly, le garçon le cultive. Et si on ne l’entend pas forcément sur ses titres version studios, c’est plus frappant sur scène. Le côté hip hop disparaît un peu pour une dimension plus rock. Son set sera court – une demi-heure – mais il aura le temps de marquer les esprits avec ses reprises de Screamin Jay Hawkins (« I put a Spell on you« ) ou de Little Willie John (« I’m Shakin’« …que Jack White reprend également, pour l’anecdote), mais surtout avec ses titres à lui : « Yeah Yeah Yeah« , « Company » ou encore « I wanna Be Your Man« . En live, la musique du jeune homme de 21 ans paraît moins radiophonique, plus spé, mais terriblement plus sexy. Peut-être est-ce dû à la gestuelle de garçon qui en plus d’être un crooner dandy rock est un merveilleux danseur…. Oh he put a spell on us…

Là où Willy Moon joue la carte du mec tiré à quatre épingle, King Charles c’est plutôt celle du type hobo bordeline qui dégage une aura animale pour ne pas dire bestiale. Autant dire qu’entre les deux londoniens c’est le grand écart. Physique d’abord (les longs cheveux emmêlés vs les cheveux gominés), vestimentaire et aussi musicale. Un mélange entre le rock, le folkore, la country, il est impossible de mettre King Charles dans une case, et ce serait une faute morale presque d’essayer de le faire. On avait déjà succombé au garçon lors de son passage au Festival Chorus, ce soir-là à Bourges, c’était le même puissance deux. La posture féline, la guitare rageuse, King Charles a des restes de son passé de hard-rock, on le sent quand il part dans de longs solos de guitares, quand il grimpe sur la batterie. On en oublierait presque qu’il chante des chansons d’amour à l’eau de rose (« Bam Bam« , « Mississippi Isabel« ). Le garçon est aussi un amoureux de country folk (il dit avoir appris la guitare en écoutant Bob Dylan), aussi il se tente à l’exercice avec « Brightest Light« . Et puis King Charles, c’est un super danseur aussi…j’ai même testé pour vous…mais ça, c’est une autre histoire!

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