Gary Clark Jr: drogue de substitution pour camés aux Black Keys?

Paradoxalement, les Black Keys passent sur toutes les radios aujourd’hui et pourtant, à moi, ils me manquent… Je participe au nouvel engouement unanime qu’ils provoquent partout, mais de loin, en affichant un petit sourire triste. Moi je parle ici de mon état de manque profond des Black Keys des débuts, ceux que j’ai aimés dans la chaleur, la transpiration, en me mordant les lèvres de désir, les Black Keys « sales », qui jouaient la musique du diable, ce mélange de rock/garage/blues en provenance d’Akron… Soupir, gros soupir…

Hanni El Khatib m’a apporté un peu de sang neuf, pendant un temps, Dan Auerbach produira d’ailleurs son nouvel album, mais non, il n’est qu’un cousin éloigné… Et puis en regardant les programmations des festivals nord-américains, Swann est tombée sur quelqu’un qui pourrait bien me permettre de combler le manque, ou du moins de l’atténuer un peu en attendant un retour en arrière des Black Keys (je sais, je rêve là, mais please les gars, il n’est jamais trop tard?). Elle m’a donc mis en perf’ Gary Clark Jr. Il a fait sensation au Coachella, ce fut LA révélation du festival. Ce jeune génie de la guitare, 28 ans mais reconnu pour son talent depuis ses 17 ans, que certains considèrent comme la digne relève de Jimi Hendrix (ce n’est pas moi qui le dit hein, en ce qui me concerne: on ne touche pas à Jimi !), nous livre un blues des plus renversants, magiques, séduisants. Les dieux guitaristes comme Eric Clapton, BB King ou Jimmy Vaughan l’ont déjà adoubé, regardez les vidéos de sa performance à la Maison Blanche devant Obama, flanqué de Jeff Beck, Mick Jagger et Buddy Guy et vous comprendrez dans quelle sphère mérite d’évoluer cette jeune pousse ! Sa voix est superbe, sans âge, elle joue avec les aigüs sur les chansons les plus douces et posées, les versions accoustiques sont de véritables bijoux. Chaque titre est un prétexte pour faire souffrir sa guitare, les solos et autres impros sont visiblement une signature, pour preuve on ne trouve quasiment pas de performance de lui durant moins de 5 minutes ! Et il faut reconnaitre qu’en ce qui concerne Gary, le vieil adage est vrai: plus c’est long, plus c’est bon…

Tous les morceaux que j’ai pu écouter de lui m’ont plu mais si je devais lui faire un reproche, c’est qu’on s’y perd un peu parfois en terme de style. Sur Wikipédia il est enregistré sous Rock, Hard Rock, Psychedelic Rock, Soul, R’n B, Blues, rien que ça ! Et il est vrai que son blues est parfois purement version original , « Don’t Owe You A Thing » me donne l’impression d’être assis à côté de ce vieux grigou de Seasick Steve. Puis sur certains morceaux la guitare se fait parfois presque funky « à la » Keziah Jones non ? Et puis d’autres fois effectivement, comme sur « When My Train Pulls In » on est en plein Chulahoma Songs ou Magic Potion des Black Keys ! Je ne ressens pas le besoin de ranger les artistes dans des catégories, là n’est pas la question, mais lorsque l’on a aimé un titre dans un style, c’est simplement déroutant de le voir faire le grand écart sur un autre, et surtout on a envie de plus de matière. Voilà le deuxième reproche que l’on peut faire à Gary: ton album ne sort pas assez vite, l’Ep Bright Lights est bien trop court, we want more !

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Une pensée sur “Gary Clark Jr: drogue de substitution pour camés aux Black Keys?

  • 29 avril 2012 à 13 h 55 min
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    Je ne connaissais pas cet artiste mais Ô quelle révélation ! Merci, merci, merci !

  • 30 avril 2012 à 15 h 01 min
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    Et dans la série plus c’est long, plus c’est bon, voilà l’intégralité de sa prestation live sur KEXP, de quoi kiffer pendant près de 25 min !

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