Interview : Liza Manili

Ton album est sorti ce lundi, comment tu te sens ?

Je suis contente qu’il sorte enfin. Pas stressée, plutôt fatiguée. Ca fait un moment que je le prépare. Ça fait pratiquement deux ans. Depuis que j’ai signé chez EMI en janvier 2010. Oui, je suis assez contente qu’il arrive maintenant.

En se promenant sur internet, on voit qu’il a de très bonnes critiques…

Oui c’est vrai. Je ne me suis pas encore trop faite cassée. J’ai de la chance ! Mais bon ça va venir. A un moment il faut bien y passer.

Quand est-ce que tu as commencé à travailler sur cet album ?

J’ai écrit ma première chanson il y a cinq ans. J’ai rencontré Severin pour son album Cheesecake, où il m’a écrit la chanson « Les Restes ». C’était aussi un ami de Soko que je connais bien. De fil en aiguilles on est devenu amis, il m’a écrit des chansons qui sont sur l’album dont « l’Eclipse« . J’ai aussi rencontré Antoine Leonpaul, parce que je cherchais quelqu’un avec qui écrire et composer. J’ai signé ensuite chez EMI, on a répété chez EMI avec Julien Delfaud qui a coréalisé l’album. On a ensuite fait une présélection de 14 chansons, on en n’a enregistré 13, et finalement on n’en a gardé que 11. En gros, tout  l’univers musical de cet album s’est crée grâce à Severin, Antoine Leonpaul et Julien Delfaud.

En parlant de Soko, tu n’as pas été amené à travailler avec elle ?

Non, on se soutient, mais c’est tout. Peut-être un jour on collaborera ensemble, mais on n’en a jamais parlé. Son travail est complètement différent, et puis elle chante en anglais principalement, même si elle chante très bien en français aussi.

Chanter en anglais, c’est quelque chose qui ne te branche pas ?

Non, pas pour l’instant. Je suis bien en français…Et je suis un peu nulle en anglais, je pense que je serai assez ridicule. Sauf peut-être pour une reprise, mais un album en anglais, non. Ca ne va pas avec moi.

Tu disais que tu n’étais pas très bonne en orthographe plus jeune, aujourd’hui tu es auteure, c’est un peu une revanche non ?

C’est vrai que la première fois que j’ai signé en tant qu’auteure, j’ai un peu halluciné. Bon aujourd’hui, l’orthographe ça va un peu mieux, je suis un peu moins nulle. Je pense qu’on est plein d’auteur à être dans ce cas là.

Parles-nous de tes textes, qu’est–ce qui t’inspires ?

Je parle vraiment de moi, mes chansons sont assez intimes en générales. Ce sont des sentiments, des histoires qui m’arrivent. J’écris beaucoup dans des moments de solitude. Cet album c’est vraiment un autoportrait, je voulais me présenter. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas voulu lui donner de nom. C’est moi, Liza Manili, je vous raconte mon histoire, mon arrivée à Paris dans « Le Petit Train« , je me fous aussi un peu de moi dans « l’Eclipse » et ce que j’ai fait. Je voulais vraiment un morceau sur l’autodérision. J’ai aussi des expériences d’amour, des peines de cœur. Plein de trucs de filles. Mais c’est marrant parce que c’est un album qui plait aussi aux garçons. En fait, je pense que l’album peut parler à tous le monde, parce qu’en fait ce sont des histoires et des sentiments qui nous touchent tous. C’est la vie. Je m’inspire de la vie.

Tu as des textes très mélancoliques, portés par des mélodies très pop et rythmées…c’est étrange !

En fait, ça reflète un peu mon caractère. Je suis quelqu’un de très mélancolique, même si ça ne se voit pas. Tout le monde a une face un peu cachée. J’écris plus souvent quand je suis triste. C’est un état dans lequel on est plus sensible, c’est sans doute plus facile. J’ai besoin d’écrire quand je ne suis pas bien, même si ce n’est pas forcément une chanson. Je lâche juste mes pensées, et après ça va mieux. Une sorte de psychanalyse par l’écriture… Je pense que tout le monde devrait écrire, parce que ça fait du bien. Même si c’est des trucs à la con de la vie ! C’est une façon de se confier, un peu comme si on voyait un psy. Tu ne dis pas ce que tu penses à quelqu’un mais à toi-même, et puis en relisant tu te rends compte que tu n’es pas si mal que ça.

Tes chansons te viennent donc assez facilement ?

Je ne suis pas quelqu’un qui va passer trois heures sur une même chanson. Je ne me prends pas trop la tête. Je prends une heure, de temps en temps. C’est un moment, j’écris des bouts, je laisse, je reviens après. Par contre je m’enregistre toujours, que ce soit un couplet ou un refrain. Je l’immortalise pour ne pas le perdre.

 

Séverin est très présent dans ta musique, qu’est-ce qu’il t’apporte en particulier ?

Il me connaît assez bien, donc du coup il sait ce qui va me plaire. Il m’a écrit le « Grand A » parce qu’il sait que je suis en couple. Il m’a dit un jour « je t’ai écrit une chanson d’amour », c’était pour moi et mon copain. J’ai trouvé ça trop drôle. J’ai adoré la chanson, d’ailleurs elle est sur l’album. Sinon il m’apporte plus musicalement parlant. C’est lui qui m’a fait découvrir Jacno, Etienne Daho, et la musique de cette époque que je ne connaissais pas très bien. Et sur  scène, c’est lui qui me détend. Je suis quelqu’un de très stressée, je n’aime pas vraiment faire les balances, du coup il me calme, il me fait rigoler, il me fait vivre les moments différents. Il m’a appris à chanter. Il est important pour moi et pour ma musique. Je crois que je n’ai jamais fait de live sans lui. On s’adore, il y a une vraie complicité entre nous, je le regarde beaucoup sur scène, d’ailleurs on me le reproche souvent, mais c’est mon pilier !!

Tu as fait la Cigale, c’était comment ?

J’étais un peu stressée, j’avais le trac toute la journée, j’ai rien mangé de toute la journée, mais j’ai mangé comme un mec après. C’était assez fou. J’ai cru que j’allais pleurer avant de monter sur scène. Je tenais plus en place, je n’arrêtais pas de marcher partout. C’était horrible ! C’était fou, et ma première grosse scène.

Parlons un peu de tes précédents concerts, c’était quoi ton pire souvenir sur scène?

Je n’ai pas eu de concerts graves où il se passait des trucs horribles, j’en ai eu des durs, comme cet hiver quand on a fait la tournée Princesse Tam Tam. On donnait des concerts dans des boutiques, donc les conditions étaient difficiles. Mais j’ai vachement appris. A me détendre, j’en faisais deux par jours, ça m’a rodé. J’avais un problème, c’est que je n’arrivais à parler sur scène avec le public. Ca m’a appris à me détendre et à être plus cool. Maintenant c’est presque devenu quelque chose de normal.

Et le plus fou ?

C’était l’International ! C’était du n’importe quoi. Je n’arrivais plus à gérer les gens. Je ne fais pas du hardrock pourtant. J’ai pas trop compris ce qu’il se passait, je pense que certains devaient être là par erreur, ce n’est pas possible. C’était le concert le plus fou mais le plus génial aussi que j’ai fait ! J’étais tellement à fond, que pendant trois jours j’ai eu la patate. C’est là que je suis rendue compte que la scène, quand tu as un public qui vient te voir c’est juste mortel. Ca change tout. J’aimerais en faire tous les soirs des concerts comme celui-là ! Ce moment-là, il sera gravé à vie. Je comprenais les mecs qui parfois sautent dans la foule, j’avais envie de faire pareil, tellement ça nous envoie de l’énergie.

Merci à Liza et à Arnaud

 

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