La dance music, le nouveau mal musical du siècle…

« La dance music est devenue la pop d’aujourd’hui« . Déclaration de Bob Sinclar, l’un de ses plus fidèles porte-paroles. Il a raison. Du moins, pop dans son acceptation américaine. Car, la pop c’est un peu la catégorie poubelle où l’on fourre tout dedans, dès lors qu’il est impossible de faire rentrer un titre ou un groupe dans les autres cases. Aujourd’hui, la dance music est carrément sortie des clubs et boîtes de nuit pour s’imposer comme LE mouvement musical du 21 siècle, portée par des DJs français internationalement reconnus (Guetta, Solveig, Sinclar). Fraîche et entrainante, simple et grand public, répétitive et facile à retenir, la dance music est le style qui a séduit les Etats-Unis et par la même occasion la planète. Pour notre plus grand malheur. Il suffit de jeter un œil aux charts mondiaux pour s’en rendre compte : Lady GaGa, David Guetta, Pitbull, LMFAO trustent les premières places. Populaire, formaté, très commerciale, les stars du r’n’b et du rap ont vu dans la dance music un bon moyen de relancer une carrière ou une manière de rester à la page : Rihanna, Jenifer Lopez, Chris Brown, Usher, Black Eyed Peas s’y sont mis avec le succès qu’on leur connait.

L’Eurodance, emblématique des années 90

Lady GaGa, Black Eyed Peas, ou LMFAO n’ont rien inventé. Ils ont tous simplement remis au goût du jour un style largement en vogue en Europe dans les années 90. 2 Unlimited, Corona, Dr Alban, Gala sont les chefs de fil d’un mouvement qui transcende les boîtes de nuit européennes. Alors que les Américains ne jurent que par le hip hop de Dr Dre, Lauryn Hill, Français, Allemands et Italiens carburent à ses sons synthétiques. En 90, pour être un groupe à la mode il faut faire de l’Eurodance : une musique de club aux paroles simples et à la ligne mélodique aussi simple. Très formatée et sans message particulier, la musique dance reprend les codes pop (couplet/refrain/couplet) et y ajoute une touche éléctro : gimmick simple, boucles répétitives, son elliptique. La musique de club sort des discothèques pour s’imposer dans les charts. Mais, le mouvement ne dépasse pas les frontières européennes. Il faudra attendre les années 2010 et David Guetta pour que la Dance conquiert les États-Unis et séduisent le monde.

David Guetta, nouveau maître de la dance

En 2009, Black Eyed Peas fait appel à David Guetta pour produire leur nouvel album. Will.I.am a rencontré l’homme dans la boite de nuit où il mixe à Ibiza : le Pacha. Séduit par l’ambiance survoltée qui sévit dans la discothèque. Il lui propose de bosser ensemble. L’objet du délit s’appelle « I got a feeling« . Les Black Eyed Peas abandonnent le son urbain qui était leur marque de fabrique pour la dance. Le style est tout à fait inconnu à l’époque aux Etats-Unis et le mariage entre les deux est un succès interplanétaire. C’est le plus gros tube du groupe américain, et le titre le plus vendu de l’histoire de la musique américaine. Cette collaboration avec David Guetta propulse ce dernier à la tête des charts et lui ouvre la porte du sol américain. Les stars américaines du r’n’b se bousculent pour collaborer avec lui : Kelly Rowland et Akon font appel à lui. Deux gros succès qui révolutionnent littéralement la pop américaine. Dès lors, les DJs européens profitent de la récente notoriété du Français pour s’implanter sur le territoire américain : Rihanna et Calvis Harris (We Found Love), Bob Sinclar et Snoop Dog (Wild Thing), Madonna et Avicii ou encore Beni Benassi et Chris Brown.

Ces stars profitent de ce vent de fraicheur qui souffle sur la musique américaine pour relancer une carrière ou tout simplement pour rester dans l’air du temps. A l’instar de Rihanna (avec l’album Loud), Jennifer Lopez (Love?) ou Usher (Raymond v. Raymond) qui délaissent leurs sons pour se faufiler sur le terrain de la Dance Music. L’association r’n’b/dance music devient la nouvelle pop des années 2010. Une musique ultra commerciale, jetable, sans risque et ultra bankable qui séduit les plus jeunes n’ayant pas connus la vague dance. Eminem aussi se laissent tenter… Les Américains découvrent avec vingt ans de retard l’eurodance !

Lady GaGa et LMFAO : les enfants du diable.

Sur la scène mondiale Lady GaGa et LMFAO reprennent les codes eurodance pour les remettre au goût du jour. L’arrivée de la première sur la scène internationale a été un détonateur incroyable. « Just Dance« , « Poker Face« , « Paparazzi » sont d’autant de tubes qui ont contribuer à propulser la star au sommet des charts. 12 millions d’albums The Fame Monster vendus dans le monde et l’obligation pour les autres pop stars de se remettre à la page. Britney Spears, Katy Perry, Rihanna vont dès lors elles aussi se placer dans le sillage de la New-yorkaise. C’est parti pour une ribambelle de soupe qui se ressemblent toutes et qui se bousculent sur les ondes radios, télés et non plus seulement sur les pistes dancefloors. La dance music devient effectivement la pop d’aujourd’hui.

LMFAO quant à eux se situent directement dans la lignée de l’eurodance des années 90. Lignes synthétiques répétitives, simplicité des paroles, beats électronique entêtants (ça parle de faire la fête, de plage, de femmes). Les garçons vont pousser le délire encore plus loin en adoptant jusqu’au style vestimentaire en vogue : couleurs criardes, justaucorps fluos etc… C’est le pire des années 1990 qui rencontre la grandiloquence US. Et quand les Américains découvrent l’électro, ils poussent le vice encore plus loin en poussant le vice encore plus loin en popularisant le dubstep, un style musical né en Angleterre qui a fait la renommée internationale de Skrillex.

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