Interview d’Half Moon Run: « Le talent canadien? Je me demande parfois si ce n’est pas à cause du froid ! »

Nous ne tarissons plus d’éloges sur les Half Moon Run ces derniers mois. Toute la team Rock’n Fool fait littéralement du lobbying pour eux, sur la toile, auprès des amis, des passants dans la rue, bref, on croit juste beaucoup, beaucoup en leur futur succès planétaire, au moins !

Lors de leur passage à l’Epicerie Mo le 29 Octobre aux côtés de Patrick Watson, Dylan Philipps, batteur et clavier (simultanément !) du groupe nous accorda quelques instants pour parler de la tempête euphorique digne de Sandy dans laquelle ils se trouvent en ce moment. J’ai eu le plaisir de rencontrer ce soir là un jeune homme timide, modeste, totalement inconscient de son succès ou de son talent, s’exprimant parfaitement en français et attaché à notre langue d’ailleurs… Un instant de simple fraicheur canadienne !

Math’: Tout d’abord je tenais à dire que l’équipe de Rock’N Fool choisira probablement votre album comme album de l’année 2012, donc merci de m’accorder un peu de ton temps…

Dylan Philipps: Wow, incroyable ! Merci. [et il avait vraiment l’air surpris et honoré !]

Math’: Tu as lu les critiques, à travers le monde elles sont toutes excellentes, tu en as bien lu quelques-unes non…

DP: Non, non pas vraiment, mais j’en ai entendu parler!

Math’: Vous y êtes décrits comme « The next big thing », qu’est-ce que vous pensez de ça ? Est-ce que ça vous met la pression ?

DP: C’est un honneur. J’essaye de ne pas trop me mettre la pression car dès que tu te mets à réfléchir à ce que les gens pensent, cette énergie a tendance à te faire faire des choses que tu ne veux pas faire. Donc on essaye de garder la tête froide.

 

Math’: Raconte-nous un peu le début de votre aventure, comment le groupe a débuté ?

DP: Le groupe s’est monté en Octobre 2010 et nous étions 5 à l’époque. Je ne connaissais personne du tout dans le groupe en fait, à part le type qui en est à l’origine que je connaissais de vue à l’école. Mais il n’est plus avec nous aujourd’hui. Je faisais des études de piano classique à l’époque, et c’était ma priorité dans la vie. Il m’a appelé et m’a dit j’ai entendu parler qu’il fut un temps où tu jouais de la batterie, pourquoi est-ce que tu ne viens pas nous voir et passer un peu de temps avec nous ? Et moi j’étais genre Oh my God, Ok, alors j’y suis allé et ça a été un incoyable premier beuf, il s’est vraiment passé quelque-chose de spécial… Donc au début c’était juste super fun de les retrouver, c’était une parenthèse loin de mon quotidien, et même si j’adorais ce que je faisais à l’époque j’avais besoin d’un échappatoire, pour nous tous c’était quelque-chose de spécial que nous faisions toutes les semaines. Et puis finalement j’ai laissé tomber l’école et j’ai rejoint le groupe à plein temps ! Voilà ce que j’ai fait ! [rires]

Math’: Et quel âge avais-tu à l’époque, car vous avez tous l’air très jeune ?

DP: J’avais 24 ans…

 

Math’: J’ai lu quelque part que l’album a failli ne pas sortir parce qu’à un moment vous avez voulu tout laisser tomber, que s’est-il passé ?

DP: J’imagine que c’était 4 mois après ces débuts. On a perdu 2 membres du groupe donc nous sommes descendus à un trio. Et au début nous avions un son vraiment costaud, nous avions un bassiste. En fait Connor qui fait le clavier et la guitare était à la base notre bassiste et nous avions beaucoup de guitares, ça envoyait du lourd ! A la suite de ces départs, nous ne savions pas vraiment ce qui se passait. Nous avions tous des cours à suivre, et nous travaillions très dur, nous avions aussi des jobs à côté pour gagner notre vie. Il était question que Connor retourne à lécole des pompiers dans l’Ouest…

Math’: Est-ce que tu viens de dire école de pompiers ?!

DP: Oui il me semble que c’était ça…

Math’: Hummmm ça explique tellement de chose ! [les filles, il devait être pompier #clichésexyste]

DP: Je suis pas certain mais il me semble qu’il avait parlé de ça, tu ne devrais peut-être pas me citer sur ce coup, c’est juste mes souvenirs ! Mais en tout cas voilà, le truc c’est que nous avions tous d’autres choses à faire et on s’est dit que ça n’allait pas marcher. Et puis on a eu cette opportunité, grâce à des amis à nous étudiants en studio d’enregistrement. Ils nous ont demandé de jouer un morceau pour participer à un de leur projet. Nous gagnions un enregistrement et eux avaient notre temps pour leur projet. Ils ne savaient pas vraiment ce qu’ils faisaient, ils étaient étudiants ! Ils nous ont juste dit de venir et qu’on arriverait bien à en sortir quelque-chose, à faire une maquette. Et je me souviens que ce jour là j’étais vraiment très, très malade et que je ne voulais vraiment pas le faire, mais on s’est dit allez, faisons le quand-même… Nous avions une espèce politique du oui à cette époque. C’est à cette occasion que Kyria, la responsable de notre label, nous a entendu pour la première fois. Elle enseigne dans cette école et elle a entendu la maquette, a trouvé notre contact, nous a intercepté et nous a dit de venir à son bureau, il faut vraiment que nous vous parlions et c’est là qu’ils nous ont proposé de signé un contrat: allons-y ! Donc voilà ce qui c’est passé et ensuite nous nous sommes dits Ok laissons tomber tout le reste et lançons nous !

 

Math’: J’imagine qu’on vous le dit souvent, mais il est assez facile vous rapprocher de Radiohead quand on écoute certaines de vos chansons, notamment « Give Up » qui aurait pu faire partie des titres de leur album In Rainbows. Qu’est-ce qui vous relie à eux, leur inffluence sur vous, qu’avez-vous à dire sur le sujet ?

DP: Nous sommes tous des fans de Radiohead, c’est sûr… Nous avons essayé de le nier pendant longtemps mais c’est la vérité, c’est évident, je vais arrêter d’essayer de le cacher ! Nous adorons Radiohead. Mais nous aimons beaucoup de musiques différentes.

Math’: Peux-tu nous citer d’autres noms ?

DP: Nous avons de grosses inffluences folk. Devon et Connor écoutent Bob Dylan tout le temps. J’adore Leonard Cohen, j’ai grandi avec Steely Dan et Van Morrison. Nous écoutons aussi beaucoup d’électro. On est des gros fans de Four Tet, Jacques Green. Avant j’écoutais beaucoup Infected Mushrooms, c’était une phase et heureusement ça m’a passé ! Et bien sûr j’aime beaucoup Grizzly Bear, on est très fan de Portishead. D’ailleurs le concert de Portishead que nous avons vu à Montréal quand ils sont venus en 2012 fut le meilleur concert de ma vie, c’est rare que je m’effondre en concert mais je ne tenais même plus debout, je n’ai pas pu gérer, c’était trop bon…

 

Math’: Votre batterie m’a faite penser aux Local Natives la première fois que j’ai entendu votre album, on a parlé de Radiohead, quels groupes écoutiez vous en grandissant ? De quel groupe souhaiteriez-vous faire la première partie ?

DP: Pour moi je ne me suis jamais imaginé comme faisant partie d’un groupe. J’étais toujours concentré sur le piano classique, c’est toujours ce que j’ai voulu faire. Donc en fait la plupart de mes inffluences sont seulement classiques, c’est principalement ce que j’ai écouté pendant longtemps. J’aime toujours des groupes comme Radiohead, j’ai beaucoup écouté les Red Hot Chili Peppers aussi… Mais j’ai toujours écouté cette musique pour ce que c’est, de la bonne musique à écouter, je n’ai jamais imaginé faire partie de tout ça. Donc quand j’ai rejoint le groupe c’était tout nouveau, je n’avais aucune idée de ce que je faisais.

 

Math’: Les Canadiens sont très présents sur la scène indie, rock, folk. Je ne peux même pas citer tous les groupes Canadiens sur lesquels nous avons flashé récemment, Evenyng Hymns, Cold Specks, je ne mentionne même pas Arcade Fire… As-tu la sensation qu’il y a quelque-chose de spécial concernant le Canada ?

DP: Oui je pense certainement. Tout à fait oui. Je ne saurais même pas te dire pourquoi il y a quelque-chose de spécial concernant la musique Canadienne, c’est juste comme ça, le Canada fait de la bonne musique ! [rires!]

Math’: Vous avez peut-être plus de liberté que les groupes Américains ou ?…

DP: Je ne sais pas, je me demande parfois si ce n’est pas à cause du froid !

Math’: Tu crois ? C’est une explication plutôt drôle !

DP: Je sais pas, quand il fait chaud dehors… En fait à l’intérieur même du Canada il n’y a pas tant de bonne musique qui vient de l’Ouest. Je viens de la côte Ouest, de Colombie Britannique, des Highlands. Tout les gens que je connais là-bas vivent dehors, c’est tellement beau là-bas:  pourquoi voudrais-tu t’enfermer à l’intérieur et jouer toute la journée de ton instrument alors que tu pourrais être dehors sur la plage, ou à grimper, etc ?… Donc dès que je suis arrivé sur la côte Est et que je me suis installé dans Montréal la glaciale, tout ce que je voulais c’était jouer de la musique tout le temps… Peut-être c’est ça l’explication ?… [on en conclut tous les 2 que ça se tient d’un air assez incrédule !]

 

Math’: Vous avez un songwritting assez riche et complexe, particulièrement pour nous Français, comment fonctionne votre processus d’écriture ? Qui s’occupe de l’écriture ?

DP: Nous écrivons à l’unisson. Nous écrivons tous les 3 ensemble, autant que possible. On a essayé au début qu’une seule personne écrive grâce à sa seule idée mais ça n’a pas marché. Même si une personne a une chanson complète, la manière dont on opère c’est que l’on prend un riff de cette idée ou un segment et ensuite on mélange tout ça et on voit ce qu’il en ressort séparément du morceau de base. Donc oui on essaye au maximum de mettre nos 3 cerveaux en commun et d’en sortir la trame musicale, et ensuite les paroles sont les dernière choses qui s’ajoutent, Devon en écrivant la majorité. Disons que 95% des paroles c’est Devon, avec un coup de main de Connor.

 

Math’: Est-ce que vous travaillez déjà sur un autre album ?

DP: Nous aimerions tellement que ce soit le cas. On est en tout le temps en tournée en ce moment. On apprend à gérer ça. Parce que ce qui nous fait avancer c’est d’écrire notre musique donc on a l’impression d’avoir tellement d’idées qui n’attendent que d’être développer, on a juste besoin de temps pour pratiquer. Donc pas de nouvel album pour l’instant mais les chansons sont dans nos têtes, on a nos instruments accoustiques avec nous sur la route, dans la Green Room on essaye toujours des nouvelles mélodies…

 

Math’: Vous êtiez à Osheaga cet été, au Great Escape en Angleterre, quels sont vos prochains buts, vos ambitions ?

DP: Les gens n’arrêtent pas de me demander ça, et c’est difficile de se projeter plus loin que ce que l’on vit maintenant ! Parce que si j’avais dû imaginer un but il y a 6 mois en arrière, tourner en Europe, aller en Islande et jouer dans tous ces incroyables endroits, de même que faire la première partie de Paatrick Watson ou Metric… ça c’est plutôt spécial ! ça aurait été des incroyables projets à avoir et voilà, c’est ce que l’on fait en ce moment ! Je suis plutôt content de ce qui nous arrive tout simplement !

 

Math’: Quels pays rêvez-vous de conquérir maintenant ?

DP: L’Islande dans quelques jours, on s’envole là-bas, c’est plutôt cool… Lors de notre dernière tournée en Europe on est allé au Danemark et en Norvège, c’était sympa, on a pu aller au Trondheim, il y a vraiment quelque-chose de particulier avec cet endroit, ça me rappelle chez moi, le froid… Sinon la France pour moi et ma seconde maison après le Québec, peut-être parce que ma petite amie est francophone, j’ai besoin d’être avec des gens Français, ça m’appaise !

 

Math’: Vous avez été nommé dans plusieurs catégories pour les GAMIQ Awards (Gala Alternatif de la Musique du Québec), c’est dans 2 semaines (11/11/12), est-ce que vous êtes excités d’y aller ? Les costards sont prêts ?!

DP: Non en fait on a rien du tout… J’espère qu’on va arriver à y aller parce que nous serons encore en Europe jusqu’à la veille de la cérémonie.

Math’: Vous êtes nommés dans 5 catégories différentes ?

DP: J’ai oublié… [il a un air gêné et absolument désolé !]

Math’: Je crois que c’est pour l’Album de l’Année, Meilleur chanson pour « Full Circle » et également le meilleur spectacle live, ces 3 là j’en suis sûre mais il me semble que c’est 5 au total…

DP: J’aimerai vraiment y aller. On veut pouvoir ressentir tout ça, surtout que nous n’étions déjà pas là lors des ADISQ où on a eu l’Arrangeur de l’année. C’était super mais je n’étais même pas vraiment au courant, jusqu’à ce que je vois les photos de notre manager en train de brandir l’award qu’il a dû aller chercher pour nous ! On a tellement été en tournée que l’on n’est même pas au courant de ce qui se passe… Mais c’est un honneur !

 

Math’: Votre album est notre obsession musicale du moment, quelle est la vôtre ?

DP: [long silence perplexe] Pas grand chose pour être honnête, on n’écoute pas tellement de musique comme on en est entouré en permanence.

Math’: Patrick Watson a répondu qu’il écoutait Half Moon Run !

DP: Ok alors en ce moment on écoute Patrick Watson !… [rires!] On écoute beaucoup de musique relaxante dans le van… Je trouve toujours une radio classique si je peux ou on écoute de la musique électro relax comme un groupe suédois qui s’appelle Moon, que j’aime beaucoup… J’ai aussi écouté dernièrement Beach House, je trouve ça teeeeellement appaisant, on a eu l’occasion de de les voir à Nashville quand on y était, je ne les connais pas personnellement mais j’ai vraiment beaucoup aimé leur dernier album. Mais sinon on apprécie vraiment le silence dans le van, juste le calme, avec tout le chaos qui découle d’une tournée pouvoir simplement s’assoir dans le van dans le silence c’est en fait très bien, mais ça ne veut pas dire que nous n’aimons pas la musique !

Nous nous sommes quittés là-dessus, enfin pas tout à fait car je l’ai quand-même missionné d’un message à Devon de la part de notre Swann chérie qui aurait potentiellement des envies de mariage si lui était d’accord ! Dylan a très sérieusement pris bonne note de la chose et c’est donc dans un grand sourire que se concluera cet entretien. Le concert lui même fut de très bonne qualité, son, voix, présence sur scène. Les garçons y étaient tels que décrits ci-dessus: humbles, heureux d’être là et TOTALEMENT inconscienst de leur talent, un beau set mais sans rappel, quel dommage ! Mon cri du coeur à la sortie fut: Half Moon Run leur seul et unique défaut c’est que c’est trop court !!! Ils devaient également emballés les parisiens lors des 2 dates suivantes, Swann vous confirme la chose ici. On leur souhaite bonne chance pour toutes ces nominations et surtout on espère les retrouver très, très vite en France.

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Math’: First of all, here at Rock’n fool we will probably choose your album as album of the year, so thanks for your time…

Dylan Philipps: Wow, that’s amazing ! Thanks… [and he did look surprised and honoured !]

Math’: You’ve read critics, all over the world they are just excellent, I guess you’ve been reading some…

DP: No not really but I’ve been hearing !

Math’: And you’re described as the next big thing,  how do you feel about that ? What kinda pressure does it put on your shoulders?

DP: It’s an honour. I try not to feel too much pressure cause as soon as you feel that people think of something that external energy makes you do certain things that you don’t wanna do. So we try just to keep it at home.

 

Math’: Tell us a little more about the beginning of your adventure ? When did the group start ?

DP: The group started in October of 2010 and we started as a 5 piece. I didn’t actually know anybody at all in the band, expect the one guy who started it at first, I kindda knew him from my school, but he’s not in the band anymore. I was studying classical piano at the time, and that was the focus in my life. And he called me up and said  I heard you played drums once a upon a time, why don’t you come and hang out ? And I was like Oh my god, ok, so I came and it was incredible the first jam, there was something special going on… So at first it was just a lot of fun to go there, it was just an escape from what I was doing, even if I loved what I was doing I just need something else, and for all of us it was something special we did every week. And actually I dropped out of school and I joined the band full time ! Laugh, that’s what I did !

Math’: And how old were you at that time, ‘cause you all look pretty young ?

DP: I was 24 at the time…

 

Math’: I have read somewhere that the album might not have come out because at a certain moment you were about to give up, what happened ?

DP: That was 4 month later I guess. We lost 2 members of the band and so we were down to a 3 piece. And at first the sound was pretty big we had a bass player. Actually Connor who plays keys and guitar now used to be our bass player and we had lots of guitars and it was just a big sound. And we lost a couple members and we didn’t really know what was happening. We all had school to do, and we were all working really hard, we all had jobs and it was tough to make money. And there were talk about Connor going back to firefighting school out west.

Math’: Did you say firefighting school ?

DP: Yeah I think he was thinking about that…

Math’: Hummm that explains a lot !

DP: I’m not sure I think he was talking about that. I don’t know, maybe you shouldn’t quote , that’s just my memory ! But anyway the thing is we all had different things to do and we thought maybe it couldn’t work. So we decided, friends of us were students at a recording school and they asked us to come and play a song for their project. We’d get a recording and they’d get our time to do their project. They didn’t really know what they were doing, they were students ! They said just come and we’ll figure it out, make a recording. And I remember that day I was really really sick and I didn’t really wanna do it, but we said let’s just do it anyway, we had kind of a yes policy at the time. That’s where Kyria our label director now heard us for the first time. She teaches at that school and so she heard it and found our contact and got a hold of us and said come in to the office, we really wanna talk to you, and that’s when they said let’s sign a record deal, let’s do something. So that happened and then we said, ok let’s drop anything else in our life, and let’s do this !

 

Math’: I guess you get it a lot, but it is very easy to compare some of your songs to Radiohead, « Give Up » could have been written for their album In Rainbows. What’s your link to them, are there any influences, what do you say about that ?

DP: All of us are Radiohead fans, for sure… We tried do deny it for a long time but it’s true, it’s obvious, I’m gonna stop trying to hide it ! We love Radiohead. But we love lots of different musics.

Math’: Can you give us other names ?

DP: We have big folk influences. Devon and Connor listen to Bob Dylan all the time. I love Leonard Cohen, I grew up with Steely Dan and Van Morrison. We also listen to a lot of electronic music. Big fans of Four Tet, Jack Green. I used to listen to Infected Mushrooms, that was a phase I don’t listen to them anymore. And of course I love Grizzly Bear, big fans of Portishead. Actually the concert of Portishead we saw in Montreal when they came in 2010 I think was the best life show I have ever seen in my life, it’s rare that I break down in concert but I could barely stand up I couldn’t handle it, it was too good…

 
Math’: Your drums made me think of Local Natives the first time I heard your album, we talked about Radiohead, which groups did you listened to and looked up to while growning up ? Which band would you like to support ?

DP: For me I never thought of myself as playing in a band. Never. I was always focused on classical piano, that’s what I always wanted to do. So actually most of my influences are just classical, mainly that’s all I listened to for a long time. I still love bands like Radiohead, and Red Hot Chili Peppers too… But I always listened to that music like it was just good music to listened to, I never imagined myself as part of something like that. So when I joined the band it was really fresh, I had no idea of what I was doing.

 

Math’: Canadians are very present in the indie, rock, folk stage, I can’t name all the Canadian groups I fell for lately, Cold Specks, Evening Hymns, Philip Sayce, I don’t even mention Arcade Fire cause you probably get it all the time… But do you feel like there is something special about Canada ?

DP: Yes I think there is for sure. I think absolutely yah. I couldn’t even tell you why there is something special about Canadian music, it just happens to be, Canada does good music ! [laughs!]

Math’: You have more freedom than the American groups or ?…

DP: I don’t know, I wonder sometimes if it’s about the cold !

Math’: Yes ? That’s a funny explanation !

DP: When it’s warm outside… Actually just within Canada itself there is not much good music that comes from the West Coast. I’m from the West Coast, British Columbia, from the Islands. Everybody I know out there, it’s just so beautiful around, so why would you sit inside all day play your instrument when you could be outside in the forest or on a beach, like climbing up and stuff… So as soon as I moved away from the West Coast and I was in this cold Montreal all I wanted to do was playing music all the time… Maybe that’s one explanation ?…

 

Math’: You have a rich and pretty tricky songwriting, especially for us frenchies, how does your writing process work ? Who’s doing the writing ?

DP: We write as a unit. The 3 of us write together, as much as we can. We tried when we first started writing songs, for one person to bring in a complete idea and it didn’t work. Even if a person had a complete idea, the way we write together take one riff from that idea or one segment and then we’ll put it all together and see what we come up with separetely from that. So yes mostly we try to put our head together and come up with the musical side of it and then the lyrics are the last thing that comes and Devon writes those mostly. Let’s say 95% Devon, Connor also helps out.

 

Math’: Are you already working on another album ?

DP: We would love to be. We’re on tour all the time now. We’re learning how to deal with that. ‘Cause for us what keeps us going is writing our music and so we feel like we have so many ideas just waiting to happen, we just need the time to practice them. So no new album yet but there are songs in our brains, we got acoustic instruments with us we brought in the green room we always try new tunes…

 

Math’: You were at Osheaga this summer, Great Escape in Great Britain, what are your next goals, ambitions ?

DP: People ask me that, it’s hard to think past what we are doing right now ! Because if I was to imagine a goal I would have like 6 month ago, like touring in Europe, going to Iceland and playing all this incredible venue, and opening for Patrick Watson and Metric. That’s pretty special, this would have been incredible goals to have and we’re doing this right now ! I’m pretty happy with what we’re doing right now !

 

Math’: Which countries do you wanna win over now ?

DP: Iceland in a couple of days, we fly there, that’s pretty cool… Our last tour of Europe we went to Danmark and to Norway and it was pretty neat, we got to go to Trondheim, there’s something special about there, it reminded me of home, the cold… France for me is been the second home to Quebec, maybe is because my girlfriend is francophone I need to be around French people, it sooth my mind !

 

Math’: You have been nominated in several categories for the GAMIQ awards, it’s in two weeks now, are you looking forward to it ? Tuxedos are ready ?! [laughs]

DP: Actually we don’t have anything… I hope we can even make it cause we’re gonna be in Europe until right before that award ceremony.

Math’: You’re nominated in 5 different categories ?

DP: I forgot…

Math’: I think it’s Album of the Year, Best song for Full Circle and it’s also best show, those 3 for sure but it’s 5 total…

DP: I’d really love to go. We wanna feel this and we couldn’t be there for arranger of the year. That was cool but I didn’t’ even really know about it, I just saw pictures of one of our managers holding the award he had to go get it for us. We’ve been on tour so much we don’t even know what’s going on… But it’s an honour !

 

Math’: As your album is our musical obsession right now, we’d like to know what’s yours ?

DP:[Blank…] Not much to be honest, we don’t listen to much music as we’re around it all the time.

Math’: Patrick Watson said he listened to Half Moon Run !

DP: Well right now we listened to Patrick Watson !… [laughs!] We used to listen to just a lot of relaxing music in the car… I always find classical radio if I can or we put on really relax electronic music like a Swedish group called Moon, I really love… I’ve also been listening to Beach House lately, I find it soooo relaxing, we had the chance to see them in Nashville when we were there, I don’t know them at all I’ve just been very into their last album. But otherwise We really enjoy the silence in the van, just quiet, with all the chaos that goes from touring to sit in the van with complete silence is actually very nice, but it doesn’t mean we don’t like music !

 

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Une pensée sur “Interview d’Half Moon Run: « Le talent canadien? Je me demande parfois si ce n’est pas à cause du froid ! »

  • 10 novembre 2012 à 19 h 27 min
    Permalink

    Bonjour!

    Je lance un blog sur la musique : http://www.zicnlife.com
    J’ai découvert Half mon run grâce à vous! J’adore leur album, merci pour la découverte!
    Seriez-vous d’accord pour que partage cet interview sur mon blog?

    Merci et bravo pour votre travail!

    Greg

  • 10 novembre 2012 à 19 h 51 min
    Permalink

    Hello Greg ! Nous souhaitons vivement qu’Half Moon Run devienne un virus contagieux, donc c’est avec plaisir que nous te laisserons partager notre interview. Bon lancement à toi et au plaisir de te lire !

  • 11 novembre 2012 à 13 h 29 min
    Permalink

    Merci Math’!
    Je viens de publier un petit billet sur le groupe. J’ai également mis un lien vers votre blog 😉
    A+
    Greg

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