On a écouté : Head in the dirt d’Hanni El Khatib

Le premier album d’Hanni El Khatib a été une énorme claque. De celle qui te cloue sur place. Will The Guns Come Out était brut, rugueux, crade. Bouillant. Chaque titre sentait la sueur et la poussière. Rétro à souhait, très référencé certes mais on s’en foutait. C’était l’album trafiqué, bricolé, fabriqué tout seul dans un coin. Hanni était derrière tous les instruments, il avait fait ça pour le fun, et l’album était parfait dans son imperfection. C’était en gros le grand album rock’n’roll. Vraiment rock. On attendait avec impatience la suite. On en voulait plus. Plus de riffs rugueux, plus de de testostérones, plus de voix sexy, plus de mélodies teigneuses…

Et bien, ce ne sera pas pour cette fois.

Pour ceux qui prennent le train en marche, évidemment, Head in The Dirt est un bon album. Juste bon. Pour ceux qui étaient présents dès le premier casse, c’est un album raté. Pourtant sur le papier, ça avait de la gueule. Une moitié des Black Keys à la production, un groupe derrière qui devait envoyer la sauce.

En fait, on se rend compte Dan Auerbach faisait un peu plus que simplement produire. Le lead-singer a carrément imprimé sa patte un peu partout : des instrus à l’écriture des chansons, jusqu’à faire les secondes voix sur certains titres, si bien que ce deuxième album d’Hanni El Khatib pourrait très bien être le septième album des Black Keys… avec le même défaut qui incombe désormais au duo : c’est beaucoup trop lisse, trop produit, trop propre… Ce que l’on reprochait  à El Camino se retrouve également dans Head In The Dirt. On se retrouve avec album davantage pop-rock javellisé que le rock garage qu’on attendait. Question : avait-il vraiment besoin de Dan Auerbach ? Clairement non.

Alors oui, il y a des tubes dans Head In The Dirt. Des tubes sur lesquelles la petite minette se déhanchera cette été. Comme le très F.M. « Penny » ou « Family » et son refrain saignant. Mais en écoutant le faible « Skinny Little Girl » on se demande vraiment si on écoute encore du HEK. Même effet avec « Nobody Move » ou « Low », deux pastiches ratés de The Clash, ou « Save Me » beaucoup trop RollingStonien. Finalement, deux titres sont à sauver : « Sinking In The Sand » où l’on retrouve un peu de wilderness, et « House On Fire » qui clôt l’album. C’est peu. Head in The Dirt sera sans doute un carton. Comme l’a été El Camino (le plus mauvais album des Black Keys). Mais, c’est un album sans relief, gentillet, lisse. Un en mot : raté.

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