Ce qu’il faut retenir de Garorock ?

GAROROCK_2013_POSTERAh, ce festival qu’on attendait tant… Cet amas de personnes se réunissant autour d’une et même place. Ces murs d’enceintes crachant décibels comme qui rigole. Ces artistes qui se succèdent sans même nous laisser le temps de respirer. Cette année, le moins que l’on puisse dire c’est que Garorock a fait le plein (près de 21000 personnes présentes dès le 1er soir selon les autorités contre environ 50000 l’année précédente sur les 3 jours!!). C’est en voyant cette évolution perpétuelle qu’on se dit que ce festival est sur le bon chemin pour confirmer et devenir prochainement une référence nationale.

Saluons tout d’abord l’organisation qui a été royale cette année. Hormis les embouteillages aux caisses de change, la fluidité aux toilettes ainsi qu’aux différents bars et points de restauration était remarquable !! Les services de santé ont été plutôt réactifs et même si le décor faisait penser aux tentes de secours en plein milieu d’une guerre, ce n’était heureusement qu’un lieu où l’on pouvait décuver sereinement. Côté professionnel, les conférences de presse ont rarement pris du retard et le temps impartis avec les artistes furent suffisant ! Nous avons ensuite apprécié les différents petits événements parallèles proposés aux festivaliers tels que Garofoot – tournoi de foot proposé aux campeurs matinaux et tenant sur leurs jambes. Ce tournoi a été fait en collaboration avec SoFoot, magazine de football -, ou encore Garokid – Aire de jeux pour enfants, avec animateurs et sécurité. Ce stand a fait des heureux chez les culottes courtes !-

Léger petit bémol (mais ça doit être une déformation professionnelle) sur le niveau d’intensité sonore bien trop élevé de certaines prestations. Mon dieu, quelle puissance délivrée ! Certains aiment surement avoir les tympans qui vrillent et la cage thoracique qui oscillent au rythme des basses, mais il y a des limites. On comprend pourquoi des bouchons en mousse sont donnés à qui en veut…

Après cette petites parenthèses remerciements façon festival de Cannes, place aux prix, place à nos impressions, nos sensations. Bien sur que chacun aura son idée du festival, selon ses goûts, sa fatigue du moment, sa résistance aux décibels, mais il faut bien dresser un petit bilan, à cet instant.

Concert le plus déjanté :

Skip The Use. Et ce n’est pas une surprise !! Même si les Lillois se font un doublé magique en revenant deux années d’affilés pour le même album, nous n’avons pas eu l’impression de vivre deux fois le même concert. Quelle énergie, quelle patate et quelle musique !!

Concert  le plus léché :

Wax Tailor. Oui, le bonhomme revient pour la 4ème fois, non il n’est pas lassé et ça se voit. En collaborant avec des musiciens talentueux, Wax Tailor surprend. Il concilie avec classe ses platines avec la jolie voix de Charlotte Savary, la flute de Marine Thibault, ou encore le rappeur Daryl Parks, un violoncelle, une basse et j’en passe. Bref le mec a bossé son truc, le mec a du talent à revendre et ça fait plaisir.

Concert le plus intimiste :

Patrick Watson. Le sympathique canadien a régalé la plaine de la Filhole. Un peu barré au départ, il a su rapidement s’approprier le public léger de fin d’après midi. Un moment de partage intense où le mec a tant donné. On se croyait au coin du feu, callé sur un rodin de bois avec un chapeau en raton laveur. Un peu « flyi » mais tellement simple, le groupe nous a mis en jamabe pour tout le reste de la soirée. Merci.

Concert qui récolte le plus d’avis partagé.

Die Antwoord. Le trio a fait dans ce qu’il sait faire, balancer du son a fond, avec une voix de manga des années 90 et des injures en veux-tu, en voilà ! Alors on aime ou on déteste. Nous étions deux : l’un (Thibault) a aimé, adoré et n’était pas le seul l’autre (Nico), a détesté, presque haï et n’était pas le seul. Il fallait peut-être être de ceux qui étaient dans la foule. L’ambiance générale a fait que le concert a pris. Par contre, pour les mecs du fond, c’était une belle petite cacophonie. Bref. Posé le cerveau et sauté partout !! Ceci dit, nous n’avons pas compris comment autant de minettes de 15ans pouvaient connaitre les paroles par cœur…

Concert le plus décevant.

Saez. L’ami révolutionnaire qu’on voulait tous avoir il y a 10 ans a pris quelques kilos, une barbe et un look laissant voir que le mec se laisse aller. Des textes toujours aussi poignants certes mais le fait de les lire en plein concert, la clope au bec, à genoux laisse un peu à désirer. Merde.

Concert le plus surprenant.

Mika. On se demande encore comment on peut mettre un chanteur aussi pop et « be happy » dans un festival. Les mauvaises langues (que nous avons été) disent que c’est pour ratisser large et attirer un public familial sur le festival. Mais que nenni !! L’américano-libanais nous a tout simplement régalé. Sautant partout, échangeant avec le public en permanence, son concert est pétillant et même si le public est large, différent, barbu et avec les vêtements cloués. On doit se le dire, Mika a déchiré.

 

On a aimé aussi :

Alborosie. Sous un soleil de plomb, le groupe nous a bercé dans une tendre promenade pro-légalisation du Cannabis. Adhérent à la cause ou non, on était bien.

Skip & Die. L’electropicalisme à l’état pur. Un groupe qui sait bien faire danser et ne laisse personne indifférent. Ca fait plaisir de voir un groupe qui prend autant son pied que les festivaliers venu les voir. Les voir au Soner Barcelone? Pourquoi pas !

Suuns. On est la, on ne se pas comment pas mais on flotte, on est dedans et se laisse entrainer dans une atmosphère pas possible. 20/20 pour un groupe dont on va encore entendre parler.

Paul Kalkbrenner. Le show est monté avec les minutes qui s’écoulaient. Seul sur scène, le plus connu de la famille a envoyé du lourd et a assumé son statut. Vraiment, on s’est régalé.

Iggy Pop and the Stooges. C’est sa dernière tournée, on comprend à peine pourquoi. Le mec est en place, boite un peu mais il est là, avec sa belle énergie, son son qui déchire et son rock quoi. Il a fait monter une vingtaine de personnes sur scène, n’a peur de rien et s’est amené son petit rappel.

Lily Wood And The Prick. Bon, c’est vu et revu certes. Mais ca marche. De bonnes mélodies, de très bons musiciens, une chanteuse qui saute partout et s’approprie le public en deux sourires. On ne pouvait pas ne  pas les citer parcequ’on s’est surpris à chanter avec eux…

Asaf Avidan. Parce qu’on aime les génies et qu’on n’a même pas besoin de les justifier. Surtout sous un coucher de soleil. Putain de clichés.

Two Door Cinema Club. Un peu plus joyeux qu’en salle et sûrement plus expérimentés qu’à leurs débuts. Nous mettrons des encouragements à ce groupe de musiciens coincés mais diablement doués. C’est propre, bien habillé, ils ont un sacré potentiel, des morceaux aboutis, un grand nombre de tubes pour leur âge mais on a envie de les voir exploser sur scène bordel!

 On a moins aimé:

Willy Moon. Le mec entre sur scène sur lieu, regarde a peine le public et  trébuche sur le câble de sa guitare. La guitare tombe, lui ne sourit même pas. Le reste de son concert n’est que le regard d’un vieil ado se regardant dans son miroir et récitant son texte.

Birdy Nam Nam. La belle claque qu’on attendait n’a pas eu lieu. Même si le groupe devient un habitué de Marmande et est connu de ce public là, on a été déçu. La où d’autres ont émergés dans la même catégorie et même si on n’a pas envie d’être sévère, on a l’impression d’en avoir fait le tour.

Airbourne. Le groupe de hard rock a transpiré, a joué, a envoyé certes. Même si ils ont voulu partager leur coup de gratte avec nous grâce à un mur Marshall, c’était fort, beaucoup trop fort !

Alors oui, on a eu du bon et du moins bon, des surprises et des déceptions. Mais c’est avant tout pour cela qu’un festival vaut le coup, pour revoir les artistes que t’as vu pendant l’année, pour découvrir ceux que tu verras peut-être l’année prochaine ou pour voir une dernière fois ceux que tu ne reverras jamais. Le festival n’a rien d’un purgatoire pour les artistes mais un moment où, « même si ce n’est pas parfait, tu partages un truc différent, un truc plus grandiose que dans une salle, un truc plus fort » (Patrick Watson).

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