On y était : Hanni El Khatib et Wall Of Death (+ Tulsa) à la Rock School Barbey

Mercredi soir, à la Rock School Barbey de Bordeaux, y’avait les bébés Tulsa, les ténébreux Wall Of Death et le pas très en forme Hanni El Khatib. On raconte.

En guise d’apéritif, Tulsa. Un petit groupe Bordelais à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Si vous avez du mal avec les voix féminines un peu en dehors des clous, passez votre chemin. Si vous êtes téméraires, alors vous vous laisserez surprendre. C’est sombre, habité, brut, mais en aucun cas déplaisant. Pas mal de charisme et d’énergie du côté de la chanteuse, un groupe qui promet quelques surprises donc.

Comment faire revenir sa foi en la musique en plein mois de Novembre ? Deux solutions s’offrent à vous : écouter l’album de Wall Of Death, ou aller voir Wall Of Death en concert. Parmi tout ce fatras psychédélique auquel on a eu droit ces dernières années, eux se démarquent par la simplicité, le caractère dépouillé de leur musique. Justes, envoûtants, presque dans la bestialité avec « Main Obsession« , ils ont déroulé un set parfait. La voix caverneuse du chanteur fait office de spirale hypnotisante. Le jeu de batterie, quant à lui, nous assomme un peu plus par sa précision et sa lourdeur. Les claviers, discrets, se révèlent pourtant indispensables. Ils ne sont que trois sur scène mais pourraient mettre une gentille fessée à tous ces tocards d’américains. Bien que longues par la durée, les six chansons se sont enchaînées sans même en avoir l’air. Complètement transportée, je n’en ai même pas vu le temps passer. Affreusement addictif. À absolument aller voir en concert.

P.S. : Qu’est-ce que j’apprends ? On est leur parrain cette année pour le FAIR ? Y’a une justice. Ça aurait été bien plus difficile de dire autant de bien de Fauve.

Setlist : « Main Obsession » // « Marble Blues » // « Away » // « In Your Arms » // « Thundersky » // « Blow The Clouds »

Hanni El Khatib, quant à lui m’était quasiment inconnu jusqu’alors. Mis à part les tubes « Dead Wrong » et « You Rascal You » qui traînaient sur mon iPod depuis pas mal de temps. Aucun à priori, pour une fois.

Hanni est un rockeur, Hanni est un beau gosse. La salle était donc comble et l’hystérie collective à chaque début de chanson (contenez vos hormones, chères Bordelaises). L’avantage, c’est que l’ambiance était là et bien là. L’inconvénient, c’est que ça devient rapidement n’importe quoi (j’en appelle à ceux pour qui le pogo est une religion : OUI, on peut apprécier un concert sans se faire secouer comme de l’Orangina et emmerder les gens autour. Et à en voir les regards d’Hanni vers ces idiots, on peut dire que c’est pas la chose la plus rassurante qui soit pour un artiste).

Le problème que j’ai avec Hanni El Khatib, c’est que quand je l’entends sur scène, je ne peux pas me sortir de l’idée que j’écoute les Black Keys. Tout transpire le blues crade et vintage, en moins aseptisé et fade que sur El Camino, certes, mais on a la furieuse impression qu’il a vendu son âme aux diables d’Akron. Il n’a pas lui-même cherché à copier, non, mais il a peut être été un peu trop dirigé par Dan Auerbach dans ses choix. Des fois ça passe (syndrome Murphy-Bowie pour Arcade Fire), des fois ça casse, et ici ça casse.

Ce qui casse, aussi, c’est les problèmes de rythme du batteur à répétition. Pas très gênant en soi, mais moi ça me fait rapidement saigner les oreilles. Et puis, El Khatib est un chanteur, plutôt bon dans sa catégorie, donc on voudrait pouvoir entendre sa voix et ne pas la découvrir noyée au milieux de saturations inutilement excessives, voire excessivement inutiles. Impossible donc d’avoir un semblant de repère au milieu de tout ce boucan. On ne sentait pas un gars super heureux d’être là, il a mis du temps à vraiment se lâcher sur scène, un peu poussé par le public pour le coup. Peut-être que ce n’était pas un bon soir, j’espère que ce n’était pas un bon soir. La Cigale de la veille a du être éreintante.

Malgré quelques très bonnes chansons, la magie n’a pas opéré sur moi ce soir là. Dommage.

(Grosse) Setlist : « Head In The Dirt« // « Nobody Move » // « Build Destroy Rebuild » // « Can’t Win ‘Em All » // « Human Fly » (The Cramps) // « Sinking In The Sand » // « Dead Wrong » // « Penny » // « Skinny Little Girl » // « Low » // « Loved One » // « Pay No Mind » // « Save Me » // « You Rascal You » // « Fuck It, You Win » // « Family » // RAPPEL : « House On Fire »

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6 pensées sur “On y était : Hanni El Khatib et Wall Of Death (+ Tulsa) à la Rock School Barbey

  • 18 novembre 2013 à 0 h 29 min
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    Non ? J’aurais loupé un article de Justine et personne ne m’aurait prévenu ?
    🙁

  • 18 novembre 2013 à 0 h 31 min
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    Les photos de Wall of Death sont les plus réussies. Ils doivent être plus photogéniques.
    😛

  • 18 novembre 2013 à 1 h 09 min
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    Réussies, tout est relatif. En tout cas, ils bougeaient beaucoup moins que le groupe d’Hanni El Khatib. On va dire que la Rock School n’est pas la meilleure des salles pour faire des photos …

  • 18 novembre 2013 à 13 h 46 min
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    Je comprends le problème ayant moi-même essayé d’immortaliser pour l’éternité Damo Suzuki SANS FLASH (fallait pas effrayer ni aveugler la star en pleine action) :
    http://bistroman.wordpress.com/2013/09/22/i-am-damo-suzuki/
    Le problème, c’est que ce vieux petit bonhomme a tendance à pencher vers la gauche (côté coeur) sans jamais prévenir. Un vrai casse-tête japonais…
    😕

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