Dans les coulisses de la Nouvelle Star avec… Maëva Nicolas

Après Julien Granel, c’est au tour de Maëva de revenir sur son expérience Nouvelle Star. La jeune fille a la particularité d’avoir participé deux fois à l’émission, elle raconte les coulisses des deux saisons.

Nouvelle Star 2012/2013, gros come back de l’émission phare d’M6 qui déménage sur la petite nouvelle du groupe Canal+, D8.

Cette année là, je jouais dans la rue pendant le festival d’Avignon qui a lieu le tout le mois de juillet, quand un homme habillé en parfait touriste m’aborde et me donne sa carte. Il me fait un débrief rapide de ce qu’il est, et qu’en gros il bosse pour Nouvelle Star, qu’il est à la recherche de talents. Cet homme là était en fait, un des coachs vocaux de Nouvelle Star, Miguel-Ange Sarmiento. Je n’ai pas vraiment pris au sérieux sa proposition car ce n’est pas la première fois que l’on m’abordait en me vendant du rêve, j’ai accepté tout de même et j’ai pris son contact.

Plus tard, par mail il est revenu vers moi, afin de m’expliquer comment cela allait se passer. Il m’a demandé de m’inscrire tel jour. J’exécute en me disant « pourquoi pas moi? », j’avais déjà tenté The Voice en vain et je me suis dit que la Nouvelle Star avec sa griffe rock’n’roll me conviendrait bien mieux, alors je m’inscris. Je reçois un mail de convocation et c’est parti.

20131204-133152.jpg

Je ne mets que ma famille proche dans la confidence, étant obligée de venir accompagnée d’un parent vu qu’à l’époque je n’avais que 17 ans. Je file donc sur Marseille pour la journée de pré-casting, munie de mon chapeau melon, de mon slim à motif aztèque et de mon maquillage « so rock » pour affirmer mon style. On arrive à 8h, la file est longue mais Miguel m’avait dit de me présenter à l’entrée et de lui faire savoir que j’étais arrivée. J’entre donc, remplis toute la paperasse nécessaire, et on me donne mon numéro. A partir de maintenant je ne suis qu’un numéro, comme le bétail. Je ne répondrai qu’à mon numéro.

Ensuite vient le moment de l’attente, je ne sais pas vraiment quoi choisir comme chansons pour le jury de pré-casting. Je décide de miser sur un classique rock, que je chante depuis l’âge de 14 ans avec mon groupe de rock, « Knockin’ on heaven’s door » version Guns’n’Roses, et un « Jalouse » de Mademoiselle K.

J’entre donc dans la salle de casting quand on m’appelle par mon numéro, je tombe nez à nez avec Miguel, tout sourire qui me demande comment je vais, si je me suis bien préparée. Je réponds « oui » nerveusement et je chante mes deux chansons, et attendant sa réponse. Il me regarde et me dit qu’il ne reconnaît pas la Maëva qui chante du « Highway to Hell » comme une lionne dans les rues du festival. Il m’explique comment je dois être, l’attitude que je dois faire ressentir, je ne dois pas paraître faible, mais forte, avoir de l’assurance, il me dit de sortir et de bosser d’autres chansons, pendant 40 min.

Un profil type

J’exécute, je choisis d’autres chansons qui n’ont strictement rien avoir, comme du Tryo ou encore du Frank Sinatra. Je reviens et ça y est, cette fois c’est la bonne !  J’ai mon ticket pour la suite de l’aventure. Là, on me donne un questionnaire avec une bonne centaine de questions sur ma vie, sur ma relation avec la musique etc. quand j’arrive au bout de cet interrogatoire, un journaliste le feuillette rapidement et m’établit un « profil type » : je serais la fille à son papa, pseudo petite rebelle du sud de la France. (Génial.) Le journaliste nous pose un tas de questions et on nous filme dans la queue, en faisant semblant d’attendre et de parler de mon stress. (Après mon passage TV je sais désormais, que je suis très mauvaise actrice).

Le lendemain, mon père doit me filmer au réveil, et dans mon « intimité ». On a pour obligation d’être sur Marseille à 6h du matin. Sachant que j’habite Avignon, le réveil est bien trop tôt à mon goût, on doit être également habillé pareillement que la veille, car sur le format TV le casting ne se passe qu’en un seul jour, il n’y a pas de pré-casting. J’arrive donc à 6h et passe à 21h, sachant que l’on doit demander la permission pour aller au WC et pour aller fumer, qu’il n’y a pas assez de sièges pour tout le monde dans la salle d’attente, donc c’est une journée assise par terre à manquer de faire 2347458473 crises d’angoisses dès que le type de la prod s’approche pour appeler un candidat.

20131204-133256.jpg

C’est ENFIN à mon tour, il n’y a presque plus personne dans la salle d’attente, je monte, et je n’ai même plus peur. J’ai eu le temps de stresser toute la journée, j’arrive, presque confiante, chante trois chansons. « Jalouse » de Mademoiselle K, « Zombie » des Cranberries à cappella et « Knockin’ on heaven’s door » version Guns’n’Rose accompagnée de ma guitare. J’obtiens mes 4 oui, je fais la bise au jury pleurant, je sors et j’hurle comme une hystérique et coure jusqu’à mon père et là grosse séquence émotion.

Malheureusement cette année-là je me suis arrêtée aux lignes après avoir chanté un « Ma Benz » version Brigitte complètement foiré, mais les personnes que j’y ai rencontré sont un an plus tard toujours de proches amis.

En 2013, donc tout pile un an après au mois d’août, j’ai 18 ans je me dis aller « WHY NOT » maintenant je sais comment ça marche, je sais quels morceaux choisir et l’attitude à avoir. Je file donc à Marseille, plus de Miguel-Ange malheureusement, donc cette fois-ci j’attends TOUTE LA JOURNEE, et j’avance lentement dans cette file qui me paraît interminable. Je fais tout ce qu’il y a faire, comme je l’ai déjà raconté. J’arrive devant la salle de pré-casting, et tombe sur la coach vocal des candidats qui vont aux primes ; Hélène Bohy. Elle me dit que la prod lui a annoncé que j’étais là, que Gabriel un candidat de l’année dernière s’était fait refouler au pré-casting car la production ne veut pas des anciens candidats, qu’ils aient évolués ou non.

Elle me dit de chanter tout de même, je fais mes morceaux (« La Javanaise » de Gainsbourg, « Rehab » d’Amy Winehouse et « Lettera » de BabX). Après un long discours, des conseils pour améliorer mon interprétation et une accentuation sur le fait que la prod ne veux vraiment pas des anciens candidats, elle me donne quand même mon droit de passage quitte à se faire taper dessus par la prod, d’avoir pris une ancienne candidate, car selon elle j’ai « une gueule », et je peux « parfaitement aller loin ». Je n’y crois pas, je trouve ça plutôt dingue, alors que j’étais certaine de ne pas être prise (des amis de l’année dernière avaient retenté en vain), je sors toute fière et me prépare pour lendemain. J’arrive et c’est le même scénario sauf que cette fois-ci je ne suis pas filmée une seule fois, que les gens de la prod que je connaissais un minimum, ne me regardaient même pas. J’avais l’impression d’être TOTALEMENT invisible, j’attends alors patiemment et on m’appelle discrètement, je file retrouver ceux qui l’année dernière m’avaient donné 4 précieux oui.

maeva

Ils me reconnaissent tous (à vrai dire, depuis la première émission je parlais avec Olivier Bas, il me donnait des conseils pour mes projets, je lui montrais ce que je faisais, mais il ne savait pas du tout que je retentais cette année). Il me demande si j’ai progressé, je répond que oui et c’est parti. Super à l’aise je fais donc « Rehab », « La Javanaise » à capela puis à la guitare « No Surprises » de Radiohead. Contrairement à l’année dernière, où Maurane m’avait critiqué, cette année c’est une déferlante de compliments, sauf Manoukian, qui me reproche d’être trop heureuse, et de chanter « Rehab » en souriant. Je pars quand même avec mes 3 oui, heureuse et fière d’avoir fait l’infaisable, je suis la SURVIVANTE de la cuvée NS2013, et plus motivée que jamais.

Une aventure humaine incomparable

Au théâtre, j’ai choisis « Fly Me To The Moon » que j’avais décidé de faire groover un max et que je maîtrisais parfaitement. J’étais confiante contrairement à l’année dernière. Pour moi tout était propre et mon seul but était d’aller plus loin que les lignes. Les 12 lignes passent. On attend que tout le monde passe (car oui, en vérité, le jury ne débat pas de notre sort devant nos yeux, mais après avoir vu toute les prestations pendant une heure dans une salle à part).

Je repars une nouvelle fois à cette épreuve et me dis qu’en fait j’ai été naïve de croire que je pouvais aller plus loin. La prod n’avait pas eu le pouvoir de me virer au pré-casting et au casting, bien entendu qu’elle le ferait aux lignes.

Mais je ne regrette rien, car au final la Nouvelle Star c’est pas qu’une émission télé-crochet qui sert à se faire connaitre et à avoir un minimum de reconnaissance de la part des gens de ce milieu. Nouvelle Star c’est avant tout une aventure humaine incomparable. On ne peut pas comprendre tant qu’on ne l’a pas vécu, et même si ce fut bref pour moi, c’était au moins intense.

Advertisements

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.