On a écouté : Let’s Go Extinct de Fanfarlo

Chronique tardive, mais chronique quand même ! Il est vrai que cet album est sorti le 10 Février. Et que comme d’habitude, j’ai repoussé le boulot. Jusqu’à l’extrême limite. Mais c’est que je suis trop gentille, et que je ne voulais pas dire du mal de cet album, et surtout de ce groupe.

Parce que oui, Fanfarlo, je les adore. Pour être plus précise, je suis follement, dinguement amoureuse de leur premier album, Reservoir. Des nuits entières à écouter ces petites choses que sont «Good Morning Midnight», «I’m A Pilot» ou encore «Harold T. Wilkins Or How To Wait For A Very Long Time». Très peu d’artistes peuvent se targuer de faire des chansons toutes mignonnes sans tomber dans le niais. Eux le peuvent, et plutôt mille fois qu’une. De la beauté pure. Depuis, un album relativement correct sans être marquant a fait son apparition il y a deux ans, et arrive en ce 10 Février Let’s Go Extinct, troisième de leurs longs formats.

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Et cet album commence bien. Très bien même. Cette première chanson, «Life In The Sky», rassure. Toujours ces petits airs d’Arcade Fire, que l’on retrouve cette fois-ci dans les choeurs et les cuivres. Toujours en moins brut, plus raffiné d’apparence. De la pop comme on l’aime, un bonne rythmique, une jolie mélodie, et la sauce prend immédiatement. On se prend même à espérer retrouver la même magie que dans le premier opus. Petits fous que l’on est.

Puis, peu à peu, on déchante. « Ce qui devait arriver, arriva ». Fanfarlo, jusqu’à preuve du contraire, reste et restera le groupe d’un seul album.

Dans cet album, on alterne entre les bonnes surprises et les désillusions. Les bonnes surprises sont au nombre de quatre, et se nomment : «Life In The Sky», «We’re The Future», «Landlocked» et «The Beggining And The End». Tantôt oniriques, tantôt enchanteurs, tout en légèreté, c’est tout ce que l’on attend de ce groupe. D’ailleurs, «Landlocked» aurait du être un single. Son refrain, même s’il n’est pas d’une originalité folle, est redoutablement efficace.

Les désillusions, il vaut mieux ne pas en parler. Alors n’en parlons pas.

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on a là un ersatz de Reservoir, leur premier album. Non. On a là un ersatz de Reservoir, la surprise en moins.

Et c’est d’ailleurs le gros point noir de cet album. Des groupes d’indie pop, on en trouve des milliers. Des groupes qui ont un aussi fort potentiel, beaucoup moins. Et ils ne savent toujours pas dépasser ce fameux premier album. Ils n’ont toujours pas transformé l’essai. Et ce ne seront pas des ajouts de synthétiseurs ou de bongos qui changeront la donne. C’est joliment produit, joliment composé, joliment exécuté, certes. Ça chatouille l’oreille, sans vraiment s’y imposer. Il manque l’étincelle qui fait briller le tout.

Malheureusement pour eux, leur ascension a suivi celle de mes Canadiens adorés, même si beaucoup plus tardive et moins fulgurante. On ne peut pas ne pas les comparer à eux. Ne serait-ce qu’au regard de leurs sonorités. Là où les uns ont su évoluer, puiser dans tous les genres, même les plus éloignés, les autres pédalent toujours dans la même choucroute. Et c’est bien dommage.

Cet album, c’est comme si tu te disais que tu avais foiré quelque chose. Tu ne sais pas où, mais tu sais que c’est pas bon. Tu le sens. Alors tu fais quand même, parce qu’on te l’a demandé, mais ça n’a pas d’âme. Tu as beau rajouter tout ce que tu veux, ce n’est plus spontané. En l’écoutant, on ne ressent pas l’euphorie et la joie qu’aurait pu provoquer sa composition. Peut-être parce qu’il n’y en a pas eu. Et on se dit que le groupe est resté dans le superficiel. On garde l’esthétique des précédents morceaux, on y rajoute deux ou trois instruments pour pouvoir dire « ce n’est pas comme avant », mais le fond n’y est pas. La profondeur est la grande absente de ces compositions. Autant, elles ont pu ravir en 2009, autant maintenant, non. On tourne en rond. Pour apprécier cet album, il ne faut pas avoir connu les précédents.

L’amer constat est là : ces chansons ne me touchent plus. Elles n’ont plus la fraîcheur d’antan, et ils n’ont rien fait pour la retrouver. Les mélodies sont là, mais elles ne surprennent plus, elles ne font que passer dans nos oreilles, quand elles ne voulaient plus en décoller quelques années auparavant.

Pour l’écouter, c’est ICI

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Une pensée sur “On a écouté : Let’s Go Extinct de Fanfarlo

  • 1 mars 2014 à 13 h 51 min
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    J’ai pas le temps de tout lire, c’est qu’elle est bavarde la Justine, mais vaut mieux investir dans le premier album si on est débutant. C’est ça ?

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