On y était : We Love Green 2014

Cette année, j’ai payé mon billet We Love Green avec mes propres deniers. Le prix est un peu élevé mais je tenais absolument à voir Cat Power. Etre venue en festivalière lambda m’autorise à ne pas être indulgente avec le festival. J’avais adoré les éditions précédentes. L’ambiance saine, le festival safe, l’esthétique, le lieu magnifique, pas d’odeur dégueulasse, l’écologie toussa toussa. Des cendriers pour les mégots, des couronnes de fleurs, des enfants qui courent. Bref, un festival pittoresque. C’était l’image que j’avais des éditions précédentes.

Cette année, We Love Green voulait jouer dans la cour des Grands, malheureusement il a oublié qu’il était un mini festival, et que c’était très bien, jusque-là.  En deux ans, la population (sortie d’un Glamour, GQ ou d’un blog mode) a triplé, le site lui, est le même. Résultat : beaucoup trop de monde pour un très petit et très joli site, désorganisation totale, structures inadaptées à la volumétrie des festivaliers. Tout n’est qu’attente et rien n’est pratique : pas suffisamment de toilettes – attendre 1h40 avant de pouvoir se soulager – pas d’eau (à 18h, l’unique point d’eau est vide), pas de nourriture (à 20h les stand n’ont plus rien à vendre), très peu de navettes (une toute les dix minutes… alors que 3500 festivaliers sont attendus). On se sent plus oppressés qu’autre chose par les blogueuses et blogueurs mode et le nombre impressionnant d’invités. Et on a l’impression désagréable de n’être là que pour dépenser beaucoup beaucoup d’argent. Si tu veux à manger ou à boire (pas trop quand même, rappelles-toi, ça rentre, mais c’est 1h40 avant de tout faire sortir), c’est par carte ou par jetons (mais va les trouver, tes jetons)…35 euros l’entrée, 10 euros le burger, 12 euros la couronne avec de vraies fleurs, 2 euros la mini-bouteille d’eau de coco. La CB chauffe, elle crame même, d’autant plus que le cash n’est pas accepté. Grosse déception pour ce festival que certains appellent déjà, à juste titre, We Love Money. Victime de son succès WLG ? Sans doute, ne fallait-il pas distribuer des invitations à tour de bras pour être surs de remplir (voire même d’envahir) le site et s’assurer un festival plus que sold-out.

Côté programmation, on est heureux : Joakim est une belle découverte. Toutefois, il a dû être un peu déconcerté de jouer devant une assemblée très lookée (j’avoue, moi aussi j’ai fait ma connasse de Parisienne « hype », j’ai sorti ma couronne de fleur H&M et ma jupe longue) assis dans l’herbe façon pic-nic du dimanche aux Buttes-Chaumont. Asgeir a beau avoir une voix splendide et sorti un album génial, sur scène, malheureusement, il ne se passe pas grand chose. On passera le fait que la fameuse assemblée pic-nic ne connaît qu’une chanson du jeune homme, « King and Cross » (c’est connu, un artiste n’a qu’une chanson dans son répertoire), on oublie aussi les remarques débiles sur le fait que oui, monsieur chante en islandais. Ça arrive quand on est natif d’Islande.

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On s’est demandé ce que faisait Little Dragon sur la scène principale sachant que de l’autre côté, il y avait une scène éléctro. Une scène qui ne semblait jamais s’arrêter de cracher des sons et qui ont carrément pourri les plus beaux sets de la journée, ceux de Cat Power et London Grammar. La première joue toute seule avec sa guitare et son piano. Elle est redevenue brune et dans sa tête ça à l’air d’aller beaucoup mieux. Pendant une heure, elle va chanter quelques uns de ses plus beaux titres « Great Expectation », « Hate », « I don’t Blame You », « The Greatest » ou encore « Good Woman ». Plusieurs fois, elle s’excusera de « chanter les mêmes chansons avec des mots différents et des chansons différentes avec des mots similaires ». Attachante, troublante, grande, elle a su captiver le public, debout cette fois, pour la chanteuse. Ce public, le samedi, venait plus spécialement pour London Grammar et ils n’ont pas été déçus. Pour leur plus grand concert en France, le trio est venu avec des cordes, apportant une touche plus profonde et magique à leur musique déjà sublime. On est sous le charme de mademoiselle et de ses boys. On aurait voulu que ça dure indéfiniment… Ou pas…Je serai bien restée pour la suite, mais ma vessie allait exploser et mon estomac criait famine.

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