C’est l’histoire d’un genre : le stoner, Kyuss et Queens of The Stone Age

Pour notre leçon d’histoire, cette fois Gab s’est penché sur la genèse d’un des plus grands groupes de rock contemporain que chez Rocknfool nous chérissons au-delà de l’entendement : les Queens of The Stone Age. Et plus précisément sur le parcours de leur leader devenu plus qu’emblématique, Josh Homme, et surtout sur ce « son » Stoner qui est au début de toute l’histoire. Retour à l’âge de pierre, ou plutôt à l’époque qui vu naître Kyuss…

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Quand je pense aux QOTSA, je pense évidemment à Josh Homme (certainement pas dans les mêmes termes que toi lectrice, encore que, vu le charisme du bonhomme, je pourrais presque te comprendre). Mais le Josh Homme qui vient de loin, il y a plus de 20 ans, lorsqu’il officiait encore au sein du culte Kyuss et donnait ses lettres de noblesse à un genre nouveau : le Stoner (ou Desert rock).

Et oui Josh Homme a plus de 20 ans de carrière. Et autant vous prévenir de suite, les références et adjectifs qui vont suivre sont très loin, mais alors trèèèèès loin de ce qu’on peut lire habituellement sur ce blog…. Ouverture d’esprit et facultés d’headbanging sont de mise pour la suite…

Nous sommes en 1990, et quand toi, à 17 ans tu révises ton bac sur tes fiches Bristol, ben Josh Homme, lui, joue de la guitare et enregistre un disque avec ses potes californiens. Si à l’époque, les ventes commencent timidement (d’où le statut de groupe culte = groupé vénéré mais n’ayant jamais été énorme vendeur), Kyuss va acquérir au fil du temps, un statut hors norme, presque dépositaire du son « stoner ».

Alors, le stoner, c’est quoi ? Qui sont ces Kyuss?

Pour être tout à fait exact, les puristes datent la naissance du stoner plutôt du côté des Monster Magnet, (leur premier album précédant de peu le premier Kyuss) mais de mon côté, j’associe plutôt Monster Magnet (que personnellement j’adore) à un gros rock US sous acide teinté de psychédélisme (pléonasme ?) A vous de juger !

Kyuss, ce sont donc 3 potes originaires de Palm Desert : John Garcia (chant), Josh Homme (guitare) et Brant Bjork (batterie) qui commencent à se forger une solide réputation dès la fin des années 80.

Leur son est très caractéristique et assez novateur à l’époque : Josh Homme par exemple n’hésite pas à brancher sa guitare sur un ampli de basse pour donner encore plus de profondeur à des riffs ultra lourds tout droit sortis des meilleurs Black Sabbath, Hawkind et autres. La batterie est sèche, lourde et remplit son rôle de base rythmique à merveille. La basse, (qui change de main sur quasi chaque album) continue de nous taper sur le crâne à grands coups de grooves vrombissants et hypnotiques. Quant à John Garcia, sa voix de coyotte asséché finit littéralement de nous plonger au fin fond du désert de Mojave. Parce que c’est de cela dont il est question : le désert ! Leur musique sent le sable brûlant, la chaleur étouffante, l’huile de vidange, on entendrait presque les vautours rôder autour des carcasses d’animaux… Blues for the Red Sun , Welcome to the Sky Valley , rien que leurs noms d’albums sentent la transpiration.

Pour étayer un peu plus ma thèse, les gars prennent un malin plaisir à organiser des « generator parties » : ils font des concerts, ou des jams plus ou moins improvisées, dans le désert avec des groupes électrogènes pour alimenter leurs instruments. Concept qui sera décliné sur disque avec les fameuses Desert Sessions de Homme et toute une tripotée d’invités (quasi une chanson sur chaque album des QOTSA découle de ces jams).

Bien aidés par Dave Grohl, alors batteur de Nirvana, les Kyuss vont commencer à avoir un vrai succès aux US, mais également en Europe, puisqu’ils intègreront en 93 la tournée de Metallica, et vont donc sortir 5 excellents albums entre 90 et 95, tous plus recommandables, même si pour vous donner une vraie « expérience » du son stoner, je vous engage à vous ruer sur Welcome to the Sky Valley . Les tensions internes auront raison de l’unité du groupe au fil du temps et tout ce joli petit monde finira par donner naissance à de multiples formations: Unida, Fu Manchu, Hermano, Mondo Generator et donc les Queens of the Stone Age.

Alors oui bien sûr, on est loin du stoner avec les QOTSA d’aujourd’hui mais certains titres, certains passages viennent assurément tout droit de ce désert cher à Homme : « The Sky is Fallin’ », « Feel Good Hit of the Summer », « Burn the Witch » ou même « My God is the Sun » ont de vrais bons relents Stoner. Si j’ai réussi à attiser votre curiosité, voici quelques illustrations et références bien senties dans les liens à suivre :

Kyuss “Supa Scoopa and Mighty Scoop”, en live (désolé pour le son mais juste pour voir Josh Homme à 20 piges les cheveux mi-longs vaut le détour) :

Et pour finir, le groupe de Stoner qui mets tout le monde d’accord ces dernières années, avec les petites touches bluesy 70ies qui vont bien :

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2 pensées sur “C’est l’histoire d’un genre : le stoner, Kyuss et Queens of The Stone Age

  • 3 juillet 2016 à 20 h 20 min
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    Un morceau incontournable: el rodéo, sur l’album and the Circus leaves town…

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