« Un léger passage à vide » de Nicolas Rey

« Pourquoi je refuse de rechuter ? À cause des Indiens. Au début, si ça n’avait tenu qu’à ma santé, mon Dieu, j’aurais rechuté de douze mètres en une seule prise et dans les grandes largeurs. J’avais trente-quatre ans. J’étais vivant. J’étais une insulte à Kurt Cobain. »

Le printemps arrive, le soleil se couche de plus en plus tard, les températures augmentent peu à peu, les pulls rentrent au placard et les bibliothèques font peau neuve.

Les bandes dessinées passent au deuxième rang en compagnie de Rimbaud, Proust, Baudelaire, Garcia Marquez, Tranströmer. À l’inverse, Bukowski, Easton Ellis, Kerouac repassent au premier rang pour se retrouver à côté des intouchables. Les intouchables, ce sont ces romans qui restent à l’affût des regards fatigués, dans l’espoir d’être lu et lu des dizaines de fois avec le café matinal.

Parmi eux, on retrouve la quasi-intégralité de la bibliographie de Nicolas Rey.

Nicolas, ce mec que l’on aimerait avoir en tant qu’ami, mais que l’on détesterait en tant que meilleur ami. Écorché vif, sensible, drogué, dépressif, mais si touchant et sincère dans ses textes. Il est un génie de la littérature française, qu’on se le dise !

Parmi ses œuvres qui resteront dans la postérité, il y aura « Un léger passage à vide ». Roman court et parfait pour fêter le retour des beaux jours. En une cinquantaine de chapitres, on plonge dans la dépression de l’auteur, ses cures de désintoxication, sa paternité, ses amours et ses désamours. Rien ne nous est laissé de côté. A chaque page, on pleure avec Nicolas, on tremble avec Nicolas, on chute avec Nicolas sans pouvoir le sauver.

« Depuis la nuit des temps, une information me parvient de façon assez régulière. Certaines personnes auraient des amis. Drôles d’idée. Je demande à comprendre. […] La bonne blague, les amis. Je ne crois pas une seconde à cette invention. L’inquiétude, j’y crois. La dépression aussi. Pour le reste, je rigole. »

Vous me direz alors : Pourquoi lire un livre, qui nous met dans un tel état ? « Un léger passage à vide » est une ode à la beauté et pourvu que nous soyons accompagnés d’une playlist digne de ce roman, nous sortirons de ces 2 heures de lecture avec un orgasme littéraire.

Allumez donc votre chaîne hi-fi, lancez du Chan Marshall, Natasha Khan, Anja Plaschg… Ne choisissez que des voix féminines. Nicolas Rey aime les femmes et revendique, parfois, en être une. Laissez vous envoûter par ces voix anglophones, allongez vous dans votre lit, cachez-vous des fantômes qui pourraient arriver en cours de route et parcourez lentement les premières pages. Et si tout ce passe bien, vos premières larmes devraient arriver sur le deuxième couplet du Greatest de Cat Power.

La playlist comme le roman s’écoule à une vitesse grand V. Et, dans deux heures, une fois remis de vos émotions, vous reviendrez sur votre ordinateur. Avec les doigts tremblants, vous vous empresserez de commander ses autres romans et de réserver une place pour « Et vivre était sublime ».

« Je suis une femme parce que je ne mange pas assez, parce que je mange trop, parce que j’ai peur de m’engager mais aussi de rester seule […] Je suis une femme parce que lorsque c’est terminé, je tourne la page, définitivement ».

Nicolas Rey en avril, à La Maison de La Poésie (Paris), en Lecture Musicale dans « Et vivre était sublime ». ( 2 Avril : à l’Européen de Paris, 10 Avril à Rennes, 13 Avril à Lille …)

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