On a écouté : « Marks To Prove It » de The Maccabees

maccabeesJe commençais à désespérer. Je pensais qu’il n’y aurait jamais de quatrième album de Maccabees. Eux aussi d’ailleurs. Après le succès du troisième bébé, retrouver l’inspiration a été compliquée. Les Londoniens ont dû s’octroyer une discipline quasi-militaire pour écrire et composer Marks To Prove It. Douze heures de travail par jour et seulement les week-ends pour se reposer. Cela ne laissait rien augurer de bon. Quand on force les choses, ça ne donne jamais de belles choses. C’est souvent poussif et douloureux à l’écoute. Pourtant, les premiers extraits de l’album étaient tout le contraire. Lumineux, joyeux, aériens. En vrai, ça s’annonçait vraiment très bien ce Mark to Prove It. Comme l’album qui allait ENFIN les sortir de cette ombre épaisse dont ils ne parviennent pas à se débarrasser et qui fait donc d’eux un groupe sous-estimé. 31 juillet. L’album sort enfin. Et…

Il est bien.

Très bien. J’aime toujours cette voix plaintive d’Orlando, les lignes de basses si sexy, cette batterie qui explose par moment, les guitares qui savent être aussi bien être douces qu’électriques et ce synthé présent mais qui sait se faire oublier. L’album s’ouvre sur le titre qui a donné son nom à l’album : Marks To Prove It. Furieux, énervé, avec une énergie flirtant avec le punk, une mélodie en totale contradiction avec la voix nasillarde mais si particulière du chanteur. Après l’urgence de l’ouverture, Kamakura vient calmer les ardeurs. Un titre à la mélancolie certaine, sombre, presque austère. On pense par moment aux meilleurs moments d’Arcade Fire, sur les refrains notamment, qui nous emballent dans un tourbillon de guitares et de chœurs. Ribbon Road est dans la même lignée. Spit It Out offre la première accalmie de l’album. La chanson qui a donné le déclic au groupe est celle qui apporte le calme (fragile) après la tempête de guitares furieuses. Ça débute comme une ballade au piano avant d’exploser dans un nouveau tourbillon énergique avec ce piano toujours en fil rouge. Sur Silence, tout disparaît. Il ne reste que les voix et ce piano délicat, le plus beau morceau de l’album sans doute. L’autre coup de cœur de l’album est sans aucun doute pour Something Like Happiness très grizzlybearesque.

Marks To Prove It est un bel album. Doux, bouillant, lumineux et sombre et furieux à la fois. L’album complet et sans doute le plus abouti de la carrière du groupe mais Given To The Wild était un si bel album, le plus parfait sans doute, qu’il reste encore l’album numéro 1 de la discographie de Maccabees.

Pour rappel, le groupe sera en concert à Rock en Seine ! Un concert à ne pas manquer.

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