On a vu : « La Belle Saison » de Catherine Corsini

Le mois d’août s’est achevé, les week-ends à la campagne vont redevenir boueux et les pavés des villes mouillés et glissants ; mais heureusement, la belle saison continue grâce au sublime film de Catherine Corsini en salle depuis le 19 août.

La Belle Saison

L’intrigue est simple : dans les années 1970, en plein cœur de la lutte pour les droits des femmes (droit à la parole, à l’indépendance, de disposer de son corps : avortement, pilule et compagnie), deux femmes se rencontrent et tombent amoureuses. L’une, Carole (Cécile de France), est parisienne, blonde, prof’ d’espagnol et très au fait du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) ; l’autre, Delphine (Izïa Higelin), plutôt habituée aux travaux des champs, fait ses premiers pas en dehors de la société patriarcale qui lui était jusqu’alors imposée.

Malgré l’implication politique qui soude les deux femmes, les actions du MLF n’apparaissent vraiment que dans la première partie du film (on aurait peut-être aimé avoir plus d’infos sur le fameux Manifeste des 343 qu’on évoque très rapidement). Passés la rencontre, les débats tumultueux dans les amphis et quelques sorties de terrain, le film nous emmène en pleine campagne limousine. C’est ici que l’intime se joue. Delphine doit assumer son homosexualité et s’émanciper du regard des autres (agriculteurs, pour la plupart, surpris de devoir inviter une femme à leurs réunions). Ce film propose (enfin) un regard dénué de tout voyeurisme, sur l’homosexualité féminine notamment, et de toute stigmatisation du féminisme naissant. Les femmes sont ici justes, enthousiastes, fortes ; les hommes sont touchants, souvent bienveillants et même encourageants devant les luttes que mène le « sexe faible ». Et c’est ça qui nous plaît dans La Belle Saison, on y montre bien que ces femmes ne se battent pas contre les hommes, mais bien pour les femmes.

BelleSaison_yeah

En somme, c’est un film sans prétention mais délicat et intelligent, avec un magnifique casting (on notera les très touchantes performances de Noémie Lvovsky dans le rôle de la mère homophobe et de Kévin Azaïs dans celui du discret amoureux transi), duquel on ressort plein d’espoir et d’amour pour l’humanité. À mettre devant tous les yeux !

Advertisements

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.