À écouter de toute urgence : la poésie rock et sensuelle de Jesse Mac Cormack

Lester Bangs disait : « Je pense que la seule raison pour laquelle on a inventé la pop music était pour exprimer des émotions malsaines sous une forme aussi trompeuse qu’apaisée ». On ne sait pas quelles émotions Jesse Mac Cormack a voulu exprimer mais, elles n’ont rien de malsaines ni de trompeuses, et pas trop apaisées non plus. L’artiste montréalais traîne depuis longtemps ses guitares, sa poésie et sa nonchalance sur les scènes des quatre coins du Canada (avec son groupe feu MAK et déjà deux beaux EPs), mais ce n’est que depuis l’automne 2015 que le jeune homme s’exporte en Europe. Et pour présenter sa musique au vieux continent, Jesse a choisi le titre le plus sexy de son répertoire : « Too Far Into » issu de son deuxième mini-album Crush.

Songwriter aux multiples facettes, Jesse Mac Cormack navigue entre le folk classique, rock plus rugueux et envoûte avec sa voix chaude. L’homme brouille les pistes et emmène l’auditeur vers des rivages différents à chacune de ses chansons. Avec son premier EP, Music For The Soul, il avait opté pour une musique dépouillée de tout arrangement. Une simple guitare porte les textes douloureux qu’on comprend relatifs à quelques moments compliqués. Parfois, quelques notes de piano ou encore une contrebasse s’invitent pour un folk toujours très intime, une ode à la lenteur et à la mélancolie.

Avec Crush, le deuxième EP, Jesse choisit un autre chemin : plus rock, plus dirty, plus brut. Mais toujours aussi intimiste. Il y a évidemment l’omniprésence de la guitare électrique, cette fois, et cette voix langoureuse. Les couches sonores se superposent pour un résultat on ne peut plus sexy, comme en témoigne ce « Too Far Into », volontairement explicite aussi bien dans les paroles que le clip. Avec « No Other », Jesse Mac Cormack prend de nouveau son temps, appliquant le fameux adage « plus c’est long, plus c’est bon » : 7 minutes de bonheur auditif durant lesquelles le rythme d’abord posé s’emballe pour ensuite mourir lentement. Enfin, avec « He Knows », le songwriter renoue avec le folk aérien, qu’un Jason Molina n’aurait pas renié.

À VOIR AUSSI >> Le concert de Jesse Mac Cormack au FME sur Arte Live Concert.

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