On y était : The Dø et Norma au Krakatoa

The Dø
The Dø à Beauregard

Ce mardi soir il pleuvait sur Bordeaux, et on ne peut pas dire que la température était clémente. J’ai failli renoncer à aller voir The Dø. J’avais entendu « On My Shoulders » comme tout le monde, et cette voix si particulière m’avait vraiment intriguée, mais je n’ai pas vraiment écouté les albums A Mouthful et Both Ways Open Jaws. À Noël dernier, on m’a offert Shake Shook Shaken. Depuis, j’écoute l’album au moins une fois par semaine. Au moins.

Dans la queue pour passer la sécurité, quelques blagues comme « j’espère qu’on va survivre à ce soir » sont suivies de rires jaunes. Nous ne sommes pas à Paris, mais cette pensée est dans toutes les têtes.

Norma joue en première partie. Elle arrive, tenue et chapeau de cow-girl. Je m’attends à quelque chose de punchy, souriant. Je suis un peu déçue… La chanteuse est un peu renfermée, la voix est un peu métallique (trop de reverb ?). Peut-être un peu trop de stress ?

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La salle se remplit ensuite vraiment pour accueillir The Dø. Dan est en T-shirt blanc avec un rond rouge sur la poitrine. Olivia porte une robe rouge dans laquelle s’ouvre un rond dans le dos. Il est assis devant un clavier, Olivia se met en face de lui et commence à chanter « A Mess Like This ». Leur complémentarité n’est pas que vestimentaire, je suis déjà scotchée. Ils sont ensuite rejoints par trois musiciens. Les instruments sont placés en arc-de-cercle derrière eux. Tout au long du concert, Dan et les musiciens (qui savent tout jouer, c’est énervant) changeront de poste selon les chansons. Pendant les deux premières chansons tout est blanc, noir et rouge. Les filins pendus au-dessus de la scène paraissent se mouvoir. Et les couleurs arrivent et explosent sur « Miracles« .

Olivia est soit tout devant, elle chante en nous regardant tous dans les yeux, soit fondue dans la lumière en fond de scène. Telle une déesse guerrière elle marque les impulsions musicales avec des gracieux coups de pieds ou poings. « Dust It Off » donne une nouvelle occasion à Dan et Olivia de se placer est la septième chanson du set et la première d’un autre album que Shake Shook Shaken. Et ça me donne envie d’écouter de plus près les albums précédents, même si je trouve que les chansons les plus récentes sont celles qui fonctionnent le mieux. Plus abouties peut-être ?

Quelques mots pour nous dire qu’ils sont heureux d’être là. Nous aussi, ça se sent. Pour nous faire sentir leur émotion de rejouer pour la première fois après. Nous aussi on est émus. Pour nous dire que c’est important pour eux. Nous sommes d’accord. Ce concert est galvanisant, lumineux. Ils sont émus, mais aussi mutins et très complices, entre eux et avec nous. Olivia a décidément une voix sublime, elle nous porte tous dans son souffle.

Le concert et les rappels se terminent sur une chanson « sentimentale, parce qu’on est des sentimentaux » : « Song for lovers ». Délicate, juste un piano, une basse et une voix. La musique des The Dø ne fait que nous rappeler que nous sommes des êtres fait de sentiments et d’émotions.

Et je suis heureuse de ne pas avoir renoncé.

Setlist : A Mess Like This/ Keep Your Lips Sealed / Miracles (Back in time) / Sparks/ Opposite Ways / Anita No ! / Dust It Off/duo / Trustful hands (clip) / The Bridge Is Broken / Aha / Bwoj / Slippery Slope / Going Through Walls / Despair, Hangover & Ecstasy/ Rappel : Too Insistent / Nature Will Remain / Quake, Mountain, Quake / Song for lovers

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Émilie Boujon

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