The Revenant, qu’on donne ce putain d’Oscar à Leonardo DiCaprio

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Ce n’est pas un film à mettre devant toutes les paupières. Certaines pourraient rester closes pendant la majeure partie du film. La bande-annonce de The Revenant donnait le ton : c’est un film violent. En vrai, c’est deux fois pire. La minute dévoilée en guise de mise en bouche ne montre pas la douleur, la torture et la violence qui découle de ce nouveau long-métrage signé Alejandro González Iñárritu. Pour ce film, le réalisateur a décidé de raconter la vie de Glass, un trappeur américain (Leonardo DiCaprio) laissé pour mort dans la forêt après s’être fait attaquer par un grizzly.

Avant de l’abandonner à une fin certaine, le salaud (Tom Hardy) en charge de veiller sur ses dernières heures et de lui offrir une tombe décente et digne, prend bien soin de tuer le fils mi-indien mi-américain de Glass. Il a évidemment tout vu. Mais, trop diminué pour bouger ne serait-ce qu’un cheveu, l’homme assiste impuissant à l’assassinat de son garçon. Une seule idée le maintiendra en vie : se venger de Fitzgerald, le tueur. Désormais, sans fils et sans femme, Glass n’a pas peur de la mort. Cela va lui donner des ailes. Il va traverser à pied, et seul – avec une force que seul le désespoir peut nourrir – la forêt en plein hiver pour retrouver le camp des trappeurs.

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Sous la neige, la pluie, diminué au possible, la cheville cassée, les plaies de son attaque encore béantes, sans quasiment rien manger et sans boire. Ou alors du foie de bison. Cru. Pour se réchauffer, c’est nu dans la carcasse de son cheval qu’il se blottit. Dans ses aventures, il soigne ses plaies avec des herbes, tombe d’une dizaine de mètre de son cheval. Bien sûr, le vengeur mutique  au regard fou (un regard hanté à faire froid dans le dos) va croiser quelques spécimens durant son voyage. Des spécimens pas vraiment amicaux et évidemment les combats sont d’une rare violence. La rencontre finale entre les deux ennemis aussi. Le rouge du sang est l’unique contraste avec les paysages grisâtres de ce rude hiver. Et la beauté des paysages naturels offrent un repos pour les rétines et les esprits, beaucoup trop chahutés par la violence qui règne tout au long du film.

« J’ai fini par manger quelque chose de profondément dégoûtant pour qu’on ait ma réaction sur la pellicule et sur l’écran »

Les 12 travaux de Leo

The Revenant, contrairement à beaucoup de films hollywoodiens, a été tourné dans la nature. En plein hiver,  d’abord au Canada puis au beau milieu de l’Argentine. Les acteurs et le réalisateur ont parlé maintes fois des conditions cauchemardesques dans lesquelles ils ont vécu pendant le tournage. Le froid est réel. Les cils quasi-gelés de Leonardo DiCaprio ne sont pas un habile travail du maquilleur. Pour l’acteur, « Alejandro Iñárritu avait créé des plans extrêmement complexes avec Lubezki [le directeur de la photographie]… La caméra partait sur une séquence de bataille puis revenait sur un moment intime avec le personnage. Ils avaient tout coordonné avec beaucoup de précision. Mais quand on est arrivé, les éléments ont pris le dessus… Un jour on essayait de tourner une scène et il faisait moins 40, donc les engrenages de la caméra ne fonctionnaient plus ». Dans le magazine Wired, il raconte qu’il a failli finir en hypothermie à cause des baignades dans les rivières glacées et ajoute : « Vous le constaterez quand vous verrez le film : l’endurance que nous devions tous avoir est visible à l’écran. »

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Pas de triche, pas de trucages, même quand DiCaprio mange du foie de bison. « Nous voulions vraiment être le plus vrai possible, ce qui explique qu’on ait eu à vivre ce genre d’expériences. Cette recherche d’authenticité pour chaque décision, fait que j’ai fini par manger quelque chose de profondément dégoûtant pour qu’on ait ma réaction sur la pellicule et sur l’écran. »

L’attaque spectaculaire du grizzly est aussi plus vraie que nature. Violente, brutale et insoutenable à regarder. C’est la SCÈNE du film. À côté Man vs Wild, c’est du lolcat. Une scène tellement hardcore que certains spectateurs américains ont cru voir une scène de viol. L’acteur a confié à propos de cette scène, qu’il s’agissait de la plus difficile de sa carrière. « C’est absolument ahurissant et choquant, et c’est la chose la plus proche du tournage documentaire, mais tournée d’une façon complètement stylisée ». On se prend à rêver d’un Oscar pour lui qui a tout donné pour ce rôle. Le rôle le plus compliqué et difficile de sa carrière. Lui refuser, ce serait presque manquer de respect au génie de ce garçon.

The Revenant. Le 24 février au cinéma. Un film d’Alejandro González avec Leonardo DiCaprio et Tom Hardy.

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2 pensées sur “The Revenant, qu’on donne ce putain d’Oscar à Leonardo DiCaprio

  • 8 janvier 2016 à 2 h 18 min
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    Raah, j’ai tellement hâte de le voir… Ce post’ ne fait qu’augmenter ma tension artérielle à l’approche de sa date de sortie. J’en peux plus, j’en peux plus, j’en peux plus, j’en peux pluuuuuuuus.

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