On a écouté : « Post Pop Depression » d’Iggy Pop

Comment s’attaquer à la chronique d’un des albums les plus attendus de l’année ? Album d’un des pères respectés du rock, le maintenant bien seul mais toujours debout Iggy Pop. Album produit par l’un de nos dieux personnels, le grand, très grand, dans tous les sens du terme Josh Homme. Et bien de manière assez simple : en remerciant le destin, la dureté de la vie et de l’actualité, d’avoir jeté dans les bras l’un de l’autre ces deux monstres sacrés pour qu’ils nous livrent l’album pansement et salvateur que nous attendions tous…

Iggy avait prévenu Josh qu’il voulait chanter, pour de vrai, avec sa voix de baryton et pas hurler, le jeune iguane est devenu un vieux dragon. Ok pour Josh, et les voilà montés à bord de la « Homme’s mobile », direction le studio de Joshua’s tree à l’univers désertique, crasseux et sexuel. Cet album est le plus bel écrin que Josh pouvait offrir au diamant qu’est devenue la voix de notre vieux punk Iggy. Flanqués du meilleur et plus brillant batteur de sa génération aka Matt Elders (Arctic Monkeys, s’il était nécessaire de le préciser) et de Dean Fertita (acolyte de Josh au sein des Queens of The Stone Age) à la guitare et aux claviers, Josh sublime la voix d’Iggy.

iggyband

Qui est la muse de l’autre dans cette histoire ? Difficile à dire. Josh entraine Iggy dans son rock stoner mais pourtant la tonalité de cet album est vintage, authentique, comme son personnage principal. Les chœurs de Josh sonnent plus amoureux que ceux que n’importe quelle femelle en chaleur aurait pu poser sur ces titres. Ils semblent cajoler le chant d’Iggy, le soutenir, l’encourager mais c’est pourtant bien l’écorché nostalgique qui mène la danse, imprime le rythme. Ce couple fonctionne à merveille, point de bataille d’egos. L’équilibre et la précision perfectionniste d’Homme font de cet album un putain de succès.

Lorsque le premier titre « Gardenia » est sorti nous étions tous en plein deuil de Bowie, les oreilles bercées en permanence dans sa discographie, et je dois avouer avoir Shazamer le titre en me disant, « bizarre, c’est quoi ce titre de Bowie, je ne reconnais pas ? » Le titre est très bon, tubesque, mais Iggy qui fait du Bowie, où est l’intérêt pouvait-on s’interroger ? Finalement, une fois l’album complet dévoilé, ce titre peut être vu comme un joli clin d’œil à son complice Bowie, leurs souvenirs communs ayant été le terreau fondateur de l’album, la source d’inspiration.

Inutile d’insister sur l’aspect hautement sexuel de l’album, dans une interview pour Rock’n Folk Iggy résume le talent en la matière d’Homme, « Josh écrit des mélodies qui ont du cul, des trucs charnels ». Oui, Post Pop Depression pue le sexe et pas du tout la dépression… Donc retenons plutôt les titres singuliers comme « Sundays » qui commence comme du Strokes, donne envie de dandiner pour se finir théâtralement dans les violons symphoniques. Un bel ovni parmi les autres titres plus garage. On s’attarde aussi sur le mélancolique « Chocolate Drops » qui ne serait pas renié par AM le dernier opus des Arctic Monkeys. Quel bonheur de voir s’entrelacer avec autant de succès les influences de tous ces artistes aux générations et univers musicaux tellement différents !

Cet album a été terminé dans l’après Bataclan, né dans un monde sans Bowie, un monde totalement transformé depuis le début de son écriture. Ces deux compères nous l’offrent comme un remède à la tristesse et une ode à l’amour, au rock, à la vie tout simplement. Donc assez disserté : éteignez la télé du dimanche, laissez les gosses seuls au parc, and let classy Iggy crawl under your skin…

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