Vampire en pyjama : la deuxième vie de Monsieur Malzieu (Dionysos)

Un appartement en bordel organisé. Des vinyles, des jouets, des objets plus ou moins identifiés, des cds, et des sièges immenses rouges. Troisième étage d’un élégant immeuble parisien. Mathias Malzieu et Babet sont en face de moi. C’était quelque jours avant la sortie de Vampire en pyjama, l’album de la renaissance. À juste titre. « Tu étais là, le jour fatidique », me dit Mathias. « J’en parle dans le livre ». Ce jour fatidique, c’est le tournage du clip de « Jack et la Mécanique du cœur ». Je m’en rappelle très bien. Mais je ne me souviens pas de l’avoir vu mal, Mathias. « Personne n’avait rien remarqué ». C’est qu’il ne se ménage jamais, l’homme. Il est toujours à fond, débordant d’énergie. Toujours. Dans tout ce qu’il fait. Sauf que ce jour fatidique, il a bien failli y passer. Littéralement, une maladie du sang, détectée à temps. La maladie a failli l’emporter mais heureusement, une greffe de moelle osseuse lui donne une seconde chance. Tu savais que Dionysos voulait dire « né deux fois » ? Peut-être n’est-ce qu’un hasard, mais parfois le hasard fait bien les choses. Vampire en Pyjama raconte ce périple avec poésie, double sens et double niveau de lecture. Et, ce que ne dit pas clairement l’album est à lire dans le journal de bord du chanteur. Un journal écrit à l’hôpital, un témoignage à cœur ouvert.

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Première question primordiale : comment ça va ?
Ça va bien parce que il y a un espèce de retour à la normale…folle. C’est génial de pouvoir être là après avoir traversé des épreuves aussi difficiles. Sortir un livre, sortir un disque, c’est notre quotidien extraordinaire, entre guillemets depuis 22 ans maintenant, et renouer avec ces choses-là, c’est d’autant plus normal et d’autant plus extraordinaire. C’est assez fabuleux…donc on va fabuleusement bien.

Enregistrer ce nouvel album a été une véritable épreuve…
Mathias : J’enregistrais à l’hôpital, un peu avec Babet et Mike… Cet album, c’est à la fois très personnel et en même temps, un album dans lequel la dimension groupe est encore plus forte, parce qu’ils ont travaillé pendant que je n’étais pas là. C’est forcément un enregistrement qui était très chargé émotionnellement avec une joie forte aussi, parce qu’il symbolisait tout un espoir et un retour à la normalité extraordinaire, mais aussi avec une logistique compliquée parce qu’il s’est étalé sur la longueur, donc il fallait tenir le rythme. C’était l’effort d’un an ce disque, il ne fallait pas se décourager, ne pas perdre le fil, et arriver à tenir tout le monde alors qu’on est tous éclatés entre différentes villes. Et puis moi, j’étais dans l’impossibilité de répéter… C’était compliqué mais ça a créé quelque chose de spécial pour ce disque.
Babet : Mathias était très malade et il avait déjà commencé à faire quelques chansons, à écrire son journal et nous de notre côté, il fallait qu’on sache pourquoi on se retrouvait tous pour continuer avec lui ou non cette aventure… On mettait très fort Mathias dans les retours, dans la salle de répet et on jouait autour de lui et autour de son « hologramme ». On finissait et on lui envoyait comme des petits messages d’espoir, comme pour lui dire : « guéris vite, nous on t’attend ». Et pour lui dire aussi merci de continuer à nous faire confiance et de nous laisser ses chansons pour travailler autour. On les lui renvoyait pour lui montrer ce qu’on en avait fait, comme des petits cadeaux de Noël en attendant le grand Noël tous ensemble. C’était une façon, pour le groupe, de suivre son aventure en parallèle et de comprendre aussi ce qu’il était en train de vivre. La musique a été le langage entre nous, pour communiquer, parce que Mathias était enfermé dans une bulle et on n’avait pas accès à lui….

J’étais en risque d’AVC et crise cardiaque maximum.

Ça vous a plus soudés du coup…
Babet : On s’est retrouvés pour les bonnes raisons.
Mathias : Sur chaque album, on a toujours cherché une vraie raison de le faire. On ne fait pas de disques en automatique. Souvent pour les bouquins et pour les chansons, ce sont des résultantes d’expériences joyeuses et d’autres de moments difficiles mais il y a toujours la volonté de casser les codes : faire des concerts symphoniques avec des enfants, avoir des invités spéciaux sur les spectacles, continuer les carrières solos, pour le clip de « Jack et la mécanique du cœur », on s’est tous retrouvés pour faire la bande-originale et créer une chanson en plus et au fait… tu as eu le livre ?

Non, je l’attends toujours…
Mathias : Je te dis ça, parce que j’ai fait les analyses le lendemain du tournage du clip de « Jack et la mécanique du cœur ». Je me rappelle que tu étais là. Personne ne s’était rendu compte mais je n’arrivais pas à respirer entre les prises. En fait, c’est après ce clip qu’on m’a dit qu’il fallait que je me fasse transfuser d’urgence et qu’il ne fallait surtout pas que je fasse le moindre effort parce que j’étais en risque d’AVC-crise cardiaque maximum… J’aurais vraiment pu y rester le jour du clip, j’étais vraiment en danger de mort. Alerte rouge, mais je ne le savais pas…

Et… je n’avais rien remarqué…
Mathias : Personne. Mais tu étais présente dans un moment qui était crucial… C’est ce soir-là que je me suis dit qu’il fallait absolument que j’aille voir un médecin parce qu’entre les prises je n’arrivais pas à respirer, c’était assez violent. Je n’avais plus de globules rouges, plus d’oxygène dans le sang… Et tout ça a drainé la suite…

Comment on fait pour se remettre à écrire, après ça ?
Mathias : Je n’avais pas le choix. Parler de ce qui m’est arrivé était évident. Après, ce qui est bien c’est que tu peux mettre plusieurs niveaux de lectures dans les chansons. Avec le livre, tu apprends tout ce qu’il se passe, et tu as la langue pour poétiser, mais ça reste un journal. Avec le disque, les chansons c’est différent. Parce que quand tu connais l’histoire, elle ne résonne pas de la même manière… « Vampire de l’amour », tu peux te dire que c’est une chanson sur un amoureux un peu coureur… et quand tu connais le contexte, tu sais que j’ai besoin de sang, littéralement. C’est pour ça que je suis devenu un vampire, mais j’avais aussi besoin d’amour, amoureux mais pas que. J’aime bien l’idée que le livre et les chansons ne disent pas exactement la même chose. Et j’aime aussi que les gens chantent « vampire, vampire de l’amour » sur un air léger alors que pour c’était quelque chose de gravissime. Ça fait partie de l’idée du disque… Après il y a des chansons plus sombres, parce qu’il fallait que je me confronte à ce danger, il fallait qu’il y ait une dimension épique et en même temps un souffle d’espoir, de la fantaisie et de l’humour parce que c’était important pour moi. Pour me bagarrer.

C’est pas difficile d’écrire sur soi, sur ce moment là en particulier…
Mathias : En fait, je l’ai toujours fait. J’ai juste changer le degré des filtres. C’est comme sur Instagram, tu peux mettre à fond le filtre, ou pas du tout. D’habitude, c’est toujours des moments personnels, même si parfois c’était très fantasmé… la métamorphose de Mister Chat, la sorcière… c’était quand même sur une rencontre amoureuse… Sur une nana à qu’il fallait pas la faire et que t’as beau draguer… Après c’est très métaphorique mais ça part d’une histoire vraie, le filtre Instagram il est poussé à fond : tu as les ombres, tu as des machins rigolos. Là, sur cette histoire-là, comme ce qu’il m’arrivait était déjà extraordinaire, dans le bon comme dans le mauvais, la greffe qui m’a été faite… c’était suffisamment fou pour ne pas avoir besoin de mettre de filtre. J’ai juste raconté ça, en chanson et dans le livre, et je me suis débrouillé avec cette matière première, mais j’ai pas eu besoin d’inventer des personnages. Le seul c’est dans la chanson « Damoclès », il a une fonction narrative parce que j’avais la sensation, pas une vue de l’esprit, d’être toujours en danger, tout le temps. Et je ne savais pas s’il y avait une issue. Parce qu’il fallait attendre au niveau de la greffe. Celui-là, je l’ai inventé. Au début du livre, j’avais fait revenir le personnage de Giant Jack, parce qu’il m’avait aidé quand j’ai perdu ma mère, et ça m’avait semblé logique de le faire revenir mais finalement, je l’ai enlevé parce que c’était mettre un filtre supplémentaire, et il ne fallait pas en mettre beaucoup… ne pas avoir peur de l’émotion et de l’enjeu qui était ce livre et ce disque. C’est aussi pour ça que dans le disque il y a moins de up-tempo et moins de chansons avec une basse plus rock qui joue sur l’énergie… C’est ce qui est bien avec la musique, tu peux te servir de la mélodie, des sons, de l’impact des contrastes avec le groupe. Et dans les chansons que j’ai composées et qui ont été arrangées par le groupe, on avait vraiment envie de se rapprocher des textes et des chansons. On voulait vraiment que ce soit plus minimaliste, plus près de ce qu’elles racontent…

Plus épuré ?
Mathias : Plus épuré oui, même si c’est riche aussi par moment comme pour donner un climat plus cinématographique. Les chansons représentent ce côté western avec moi-même, ce combat… C’est pour donner de l’amplitude. Il y avait un besoin intime et intense d’être plus près des chansons. Et puis, l’intensité est aussi passée par la volonté d’ouvrir la porte à d’autres personnes. Il y a des personnes qui ont fait des programmations électroniques sur certains titres. On a donné beaucoup plus de places à notre arrangeur, Olivier Daviaud. Ça donne un côté éclaté et fou dans ce disque…

Vampire

PAUSE.
Un grand boum, la porte d’entrée s’ouvre, une femme tombe. Cheveux en bataille, les yeux dans le vague. « Désolé, je vais chez le médecin ». Elle a l’air de ne pas avoir toute sa tête et parle d’une voix pâteuse. Ses phrases sont hachées. « C’est mon copain qui… sorry ». Babet lui demande si elle va bien. « Si si si, je vais bien, Sorry. Je vais chez… le médecin ». Mathias : « C’est ok pour vous, c’est sûr? », « c’est okay pour moi ». Elle s’en va. On ferme la porte.

– Elle est bourrée non ?
– Pas que bourrée, je crois.
– Quelle entrée en scène… Impossible à prévoir ce genre de trucs…
– Je ne sais pas si le médecin va lui ouvrir…
– On en était où ?
ON REPREND

On parlait de programmation électronique…
Mathias : Ah oui… La moitié des arrangements qui ont été faits, l’ont été sans moi, parce que j’étais absent des répétitions. C’est un rapport particulier à la confiance. Et il nous fallait aussi quelqu’un qui ait une autre vision artistique. Une personne extérieure pour nous apporter autre chose. Finalement, c’est le disque le plus groupe mais aussi plus explorateur. On a un ADN très groupe, on a un univers mais notre but ce n’est pas de rester enfermés dedans mais de l’ouvrir, inviter des personnes pour essayer de le faire évoluer.
Babet : Ça a donné des surprises assez géniales d’ailleurs…
Mathias : …comme sur « Hospital Blues »

Justement, je voulais qu’on parle de cette chanson
Babet : Elle nous a vachement surprise, parce qu’elle ne ressemblait pas du tout à ça au départ.
Mathias : Au départ, c’est un vrai blues, je l’avais écrite un peu comme ça, dans ma chambre. Je la chantais en voix de tête. C’était un blues âpre et il fallait vraiment lui péter la gueule, parce qu’elle était très sombre, elle parle d’un truc très dur. Je me réveille la nuit et je me bats pour continuer à être un auteur, à écrire, c’est ce que je raconte. Il fallait qu’elle devienne une chanson méga dansante. Aller à l’envers mais ça ne veut pas dire ignorer l’émotion. Elle commence comme un blues, puis il y a les cordes très James Bond, et un beat électro. Ce contraste m’excite à fond. Pour moi, c’est une chanson emblématique du disque.
Babet : Il y a cette métamorphose… Et quel moment de grâce quand tu rentres dans le studio et que tu découvres cette chanson, alors que tu la connais par cœur. Tu deviens spectateurs de ton propre projet. C’est une belle mise en lumière. C’est précieux et c’est l’un des petits bonheurs qui font partie de la fabrication d’un disque.
Mathias : Après 20 ans de groupe, et plein d’expériences, tu as des moments de retours. Avec Bird’n’roll, on avait besoin de faire du rock. C’est une idiotie totale de se définir comme « groupe de rock », mais on avait besoin de se rassurer. Se dire, on sait le faire. Finalement on a fait exploser le truc. Sur le dernier album, être chanteur de rockeur, écrivain ou vampire,ou malade, tout ça m’emmerdait éperdument, je voulais juste parler d’un truc et le partager, qu’on l’appelle de la noisy pop ou autre chose, je m’en foutais aussi, voire même reconnaître Dionysos… Mais tout ce qu’on a gagné ces années-là, c’est la liberté, pas de refaire le son qu’on faisait il y a dix ans, ou le même riff de guitare. On veut continuer à faire un truc nouveau, en faisant entrer de nouvelles choses, de nouveaux sons. Pour moi, ce disque, c’est celui qui ressemble le plus à Dionysos. À l’idée que je me fais du groupe, dans sa démarche : des chansons personnelles que je donne au groupe et j’ai suffisamment confiance en eux pour qu’ils travaillent sans moi et qu’ils puissent faire venir d’autres personnes pour faire des arrangements, rajouter de l’électronique. On était tous au bord d’une fusée et on changeait constamment les réglages.

Est-ce que c’est une renaissance cet album ?
Les deux : Complètement.
Mathias : Il y a eu plein de reset. On passe tous la quarantaine, il y en a qui ont eu des bébés, un membre est parti, moi j’ai eu ce problème, ce sont les choses de la vie, belles ou difficiles. Si tu repars, la condition était : un désir absolu de le faire. Et le désir il aurait pu se manifester avec un truc qui n’a rien à voir avec ma maladie, je sais qu’il y a des personnes qui ont un besoin d’oublier. Ça aurait pu être ça, mais j’avais besoin de ne pas oublier. Et la question s’est posée avec le groupe de savoir si ça allait, le nouveau disque de Dionysos…
Babet : On s’est demandés si ça pouvait être nos chansons ou que les chansons de Mathias parce qu’elles étaient trop personnelles. Est-ce qu’on était capable de les faire devenir notre ? Finalement, Mathias a donné ses chansons tellement généreusement, que c’est devenu quelque chose de commun. Il a cette façon d’insuffler tellement d’énergie qu’il y a des gens qui prennent la vague avec lui… (à Mathias) : Mais t’as toujours mis ta vie dans les chansons, de toute manière…
Mathias : Oui…
Babet : Et c’est qui est joli dans le bouquin c’est que c’est une ode à la vie, c’est vraiment : je veux vivre mais comment je fais ? Et nous, on a espéré que Mathias revienne vite pendant tout le long du processus, quand il est revenu, il était tout fragile, quand on prenait le train tout les deux, il mettait un masque pour ne pas attraper de maladie, quand il y en avait un qui était un peu trop malade, avec un rhume, on le prévenait tout de suite… Il fallait jongler avec toutes ses nouvelles choses…

Arriver à écrire des chansons dans un hôpital, c’était ma façon de me battre.

On dit souvent que la musique est thérapeutique… là encore plus ?
Mathias : Je dis souvent que c’est une ouverture d’esprit. Il n’y a pas de baguette magique mais il y a de la magie par contre, ça peut apporter du bien. C’est quand on te dit : prends ton traitement, mais tu peux aussi essayer les plantes. Ça peut cohabiter. Oui ça m’a aidé. J’espère, que ça peut toucher. Ce n’est pas un disque qui aide les gens, ce serait prétentieux de dire ça. C’est pour ça que j’aime les différents niveaux de lecture, tu peux prendre ça comme des chansons joyeuses, un truc épique, plonger dans le texte puis aller dans le livre. C’est pas un livre sur une maladie c’est la renaissance comme tu disais, et comment tu te bats. C’est un livre de résistance, de résilience aussi. Arriver à écrire des chansons dans un hôpital, c’était ma façon de me battre. Mais c’est pas parce que moi je l’ai fait comme ça, qu’il faut le faire aussi de la même manière. Peut-être que pour d’autres musiciens, le truc aurait été de ne rien faire et d’attendre que ça aille mieux. Il n’y a pas de règles… c’est un reportage émotionnel de choses qui me sont arrivées, j’ai vu des choses difficiles mais j’ai rencontré des gens exceptionnels… étonnants d’humanité. Tous les jours. Et les nuits aussi. Les aides-soignantes arrivent à donner du lien. T’es enfermé, t’as peur, elles te connaissent pas mais elles te rassurent. C’est un rapport tout simple à l’empathie. Personne n’est en automatique, elles sont impressionnantes…
Babet : La reprise de Lykke Li, d’ailleurs, c’est pour une infirmière… elle aimait bien la chanson qu’il jouait à la guitare et c’est un peu pour elle qu’il l’a mise sur le disque. Sa présence a du sens puisqu’elle fait partie de l’aventure de Mathias.
Mathias : Je trouve ça joli, que quand elle écoutera le disque, elle entende cette petite bouteille à la mer.

Et puis, la reprise est tellement bien faite qu’on pourrait presque la prendre pour un titre original de Dionysos.
Babet : Oui, c’est qu’au refrain qu’on se dit « mais oui, c’est cette chanson ! » (rires)
Mathias : J’aime bien l’idée que cette chanson très connue soit une version très folk, bayou alors qu’elle est connue pour sa version techno.

Il y a aussi une dimension très western, très cinématographique sur cet album, c’était une volonté ?
Mathias : Oui, parce que ça fait partie de nous, de ce qu’on aime
Babet : Et puis, quand on veut raconter quelque chose d’épique, le western est un bon véhicule…
Mathias : La musique de film fait partie de notre background, John Barry, Morricone et Elfman… Ça se voit moins sur les albums précédents, plus rock, mais là, en diminuant les tempos et en étant plus posé, le côté cinématographique a plus de place.

Oui, et un morceau comme « Damoclès » aurait pu être le titre d’une bande-originale d’un film de Tim Burton…

PAUSE
On frappe à la porte. La tarée est de retour. « Ta pote, elle t’attend… mon mec était là. J’ai vu le médecin ». Elle nous traite de tarés, nous insulte… Ses propos sont incohérents. Cette fois, on ne s’attarde pas, hallucinés par la scène qui vient de se dérouler. Un mauvais film.
PLAY

Oui, donc, bande-originale… On est touchés par ces atmosphères, ça fait partie du pot commun du groupe, il y a aussi le côté western, bagarre. C’était plus fort pour nous que de faire des morceaux plus pop-rock. C’était pas l’heure.

Est-ce que quand, vous regardez dans le rétro, vous éprouvez quelques regrets ?
Mathias : Non, je n’ai pas de regrets parce que même les trucs qu’on a ratés, nous ont appris des trucs.
Babet : Moi, j’aime tellement tous les moments présents que malgré tout, si j’ai fait des erreurs, elles nourrissent mon présent, et j’aime mon présent donc j’aime aussi mes erreurs, je ne peux pas dire que j’ai des regrets.
Mathias : Après, il y a des angoisses c’est vrai, mais ce n’est pas un truc bisounours de dire « je n’ai pas regret ». Ça ne veut pas dire qu’on a tous bien fait, ça fait partie du chemin. Si c’était à refaire, je ferais la même chose, avec les choses réussies, ratées, frustrantes… C’est vecteur de suite. Ça dépend ce que t’en fais. Comme quand t’as un problème de santé, c’est comment tu essaies de transcender ça. Comment réagir. L’album Haiku, on l’a enregistré à San Francisco, on a passé un mois et demi là-bas et en rentrant on l’a trouvé beaucoup trop lisse. Mais jamais je ne regretterai ça, parce qu’on était à San Francisco, on a appris des trucs là-bas, on a partagé une vraie expérience, dans un vraie studio.
Babet : Tu peux vouloir tendre vers la perfection mais ce n’est pas la vie. La vie je la vois comme une succession de belles choses et d’autres petites choses cassées. C’est ça que j’aime.
Mathias : On a même tendance à traquer ça, les accidents artistiques…. C’est à ces moments-là que l’excitation est plus forte. Mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas toujours improvisé. Il y a de l’instinct, de l’instantané et c’est des petites flammes créatives qu’il faut protéger.

Propos recueillis par Sabine Swann Bouchoul

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