RY X : Avec « Dawn », tu vas pleurer, mais ça ira mieux

« Berlin ». C’était il y a trois ans qu’on découvrait ce titre. Une poignante ballade à la mélancolie plus qu’exacerbée.  Son auteur : Ry X. Ca sonne comme un nom de code qu’on ne sait pas trop prononcer. La barbe foisonnante, le regard triste, le look savamment négligé. On pourrait l’appeler un hipster mais en réalité on s’en fout. Ce qui nous intéresse, avec ce jeune homme, c’est sa musique. Un mélange de folk et de pop saupoudrée de musique électronique. Mais pas celle qui tabasse, celle qui apaise. Douce, paisible. On a longtemps attendu ce premier album, Dawn. très longtemps. L’homme prend son temps, propose des chansons au compte-gouttes, cultive le mystère. L’année précédente, il nous avait enfin offert un EP. Un cadeau venu du ciel, tant la voix de Ry X est celle d’un ange. Bien sûr, quand on l’écoute, on pense aussi à Bon Iver. On se dit que Justin Vernon peut rester dans sa cabane, fumer de la weed avec Kanye West. On a trouvé un mec qui était capable avec pas grand chose, de nous faire monter les larmes et nous plonger dans une profonde léthargie mélancolique. Un falsetto serré, quelques accords de guitare, des beats intelligents. Une harmonie parfaite dans les instrumentations qui entourent la voix cristalline du garçon. Less is more.

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Dawn, c’est l’album d’un explorateur. Un explorateur des sons. Des ambiances feutrées. C’est sur une piste instrumentale que l’album s’ouvre, histoire d’entrer progressivement dans l’univers particulier de Ry X. Un violon qui s’étire puis on rentre dans le vif du sujet. « Shortline » qui se joue sur quelques notes de piano et des nappes électroniques, l’hypnotique « Salt » et ces paroles obsédantes qu’on se répète à l’infini (We let love be the higher design/We let love be a call in the night/We let love be the fire divine…). On retrouve sur cet album des titres bien connus, déjà présents sur l’EP, mais aussi d’autres titres qu’il avait déjà dévoilés comme « Howling » avec cette ligne de guitare discrète mais bien présente, et cette boîte à rythme métronomique. « Only » pourrait être très bien issu d’un album de Bon Iver. Il aurait eu sa place dans le deuxième effort de l’Américain. Ambiance dense, intense, émotionnellement très chargée. La gorge se serre, le cœur gonfle, les yeux commencent à s’embuer.  Il faudra attendre la fin de l’album pour changer radicalement d’atmosphère, avec « Haste », on glisse sur le terrain plus dansant, plus dancefloor aussi. À des années lumières de « Deliverance ». Le passage est un peu violent mais sans doute était-il nécessaire. Histoire de ne pas se passer la corde au coup après huit chansons. Était-ce la petite lumière avant de retourner dans l’obscurité ? Tout à fait, puisque « Hold Me Love » (très James Blake) nous replonge dans les eaux troublées et tourmentées de l’Australien.

La voix chamanique de Ry X nous avait déjà complètement hypnotisées, on savait qu’on allait aimer Dawn. On savait qu’on n’allait pas sortir indemne de son écoute. On se sent mal et bien à la fois. Triste mais pas abattu. Juste assez pour savoir qu’on va se remettre à rire. Dawn, c’est le massage du cœur. L’album que tu écouteras après une mauvaise journée. Pendant une nuit de pluie. Dans le taxi quand tu rentres de vacances et que tu retrouves ta vie ordinaire. Peut-être après t’être fait larguer. C’est ta parenthèse attendue. C’est ta séance de psy. Ta thérapie. Tu vas pleurer, oui, mais après tu iras mieux.

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