On a écouté « Bossa Nova » de Paulina da Cruzeiro (Pauline Croze)

On a écouté Bossa Nova de Pauline Croze, et on est emballé. Bon au départ, pour être honnête, quand on nous a parlé de cet album, le doute et la méfiance ont été les premiers sentiments à poindre. Pauline Croze on aime, le problème n’est pas là. Par contre bossa nova et reprise, on a peur.

Dans les années 1960 et 1970, nombre d’artistes français avaient repris ces chansons brésiliennes avec plus (Nougaro, Moustaki) ou moins (Carlos) de réussite. En revanche des reprises de bossa nova, on en a subi ces derniers temps, un peu trop pour que l’enthousiasme ou la curiosité puissent nous pousser à l’écoute. De plus, bien trop souvent les albums de reprises ne sont qu’un bon moyen pour des artistes en mal d’inspiration de relancer une carrière en mal de tout. Ils sont faits sans souffle, sans nouveauté, sans réinterprétation véritable, quand ils ne desservent pas en plus les chansons à qui ils auraient tant aimé rendre hommage (qui a parlé de Bruel dans le fond ?). Donc oui, un album de reprises de chansons bossa nova, voire de reprises de reprises de chansons bossa nova, on avait dit pourquoi pas, mais on n’avait pas vraiment écouté, et on avait laissé tomber… Et puis cette semaine, alors que la musique tournait de manière aléatoire sur la plateforme streaming (dix heures, oui c’est pas lourd comme blague), Pauline est apparue, et a commencé à jouer. Peut-être l’esprit était plus léger, les conditions plus propices à l’écoute, ou alors la surprise faisant, aucun préjugé pour voiler ou violer le jugement, et on a plongé dans la chanson, puis dans l’album, et on n’en est pas encore ressortis.

En effet, Pauline Croze nous livre ici  un vrai bel album de reprises, qui est un vrai plaisir à l’écoute. Elle s’amuse avec les mélodies souvent connues, distillant des variations toujours bienvenues, sans jamais en abuser, et sans jamais tomber dans la facilité de celles qui s’écoutent chanter. Sa voix légèrement suave, au grain doux, colle parfaitement aux chansons qu’elle a choisies, leur donnant des accents de mélancolie, mais de cette mélancolie tendre et triste que l’on retrouve dans les chansons rive gauche des années 1960, ou dans le cinéma de la nouvelle vague. Par sa seule voix, elle parvient donc à en faire un album franco-brésilien. Cette voix est souvent accompagnée par des chœurs de femmes soit pour soutenir la mélodie, soit pour la rythmer. Ensuite, les arrangements de l’album sont parfaitement pensés, mélangeant modernité et bossa nova classique, mais dans des proportions particulières.

Si l’on veut résumer un peu, on peut dire que pour les morceaux peut être les moins connus en France, c’est la part de bossa nova qui vient en premier à l’écoute comme dans « Samba Saravah », « La chanson d’Orphée » (juste magnifique de simplicité), « Felicidad » en duo et en portugais… Pour les chansons qui sont de vrais standards des deux côtés de l’Atlantique, c’est la part de modernité qui passe devant. Ainsi « Jardin d’Hiver » devient un reggae à la Patrice. On entend des arrangements presque électro et ska dans « Essa Moca ta diferente ». Enfin,  « Tu verras », ou « Les Eaux de Mars » commencent de manière très classique, puis très vite les arrangements et le beat les font entrer dans une modernité qui fait hocher la tête comme sur un bon morceau de R&B, avec même un petit côté boite à rythme complètement assumé.

Très grosse mention pour « Voca Abuso » (« Fais comme l’oiseau ») peut être le meilleur exemple de ce qu’est l’album, à la fois moderne et classique, brésilien et français, et qu’on s’est passé en boucle… On vous a dit qu’on avait adoré ?

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