On a écouté : « Red Earth & Pouring Rain » de Bear’s Den

Je ne mentirai pas, j’écoute Red Earth & Pouring Rain tous les jours depuis plusieurs semaines maintenant. Mais comme d’habitude, je retarde le moment où je vais devoir en parler. Car j’ai d’abord été très déconcertée par ce nouvel album de Bear’s Den. Il faut dire qu’ils nous avaient laissés en trio avec Islands leur premier album folkish à souhait. On a encore en tête les « Above The Clouds of Pompeii » ou « Isaac ». C’est désormais du passé. Le trio s’est affiné, avec le départ au début de l’année de Joey qui officiait à la guitare-et au banjo. Le duo s’est reconstitué avec ses musiciens de tournée, et les instruments acoustiques de leur premier album ont par la même occasion été relégués au fond des placards.

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La pochette et le premier extrait de Red Earth & Pouring Rain à peine diffusés, on comprenait rapidement ce qui nous attendait. « Nous avons passé beaucoup de temps sur la route, et cette musique collait vraiment à ce que nous avions dans la tête (…) Ça nous semblait une progression musicale naturelle » explique Davie, le chanteur-compositeur-guitariste du groupe. Par « progression musicale naturelle » il faut comprendre que comme leurs amis Mumford & Sons, les Londoniens se sont défaits des sons secs, rythmiques et organiques de l’acoustique pour composer ce nouvel album avec des instruments électriques, avec plus de punch. Pour Davie, c’est bien simple « les instruments électriques permettent de créer une atmosphère plus élaborée et d’y rester ». Enterrons l’acoustique, et souhaitons la bienvenue aux séquences et accompagnements de notes tenues qui jonchent la plupart des 12 chansons de Red Earth & Pouring Rain. 

Les synthés et les plages de sons planants de guitares électriques offrent à Bear’s Den une toute nouvelle palette sonore et un répertoire résolument renouvelé : la rétro-dansante « Emeralds », la mélancolique-langoureuse « Love Can’t Stand Alone », la Benhowardienne « Fortress » ou la Springsteen « Red Earth & Pouring Rain » nous séduisent. Pourtant, il n’y a rien d’insolite, les Anglais utilisent les vieilles formules efficaces du pop-rock des années 1980. Et ça marche, car les mélodies et les harmonies sont toujours aussi belles qu’avant, les textes toujours aussi bruts et spontanés. Il a fallu une semaine de résidence à Davie pour finir cinq chansons, puis 18 autres avec deux semaines supplémentaires. En trois ans de tournée, en journées et en nuits passées dans le tour bus, l’inspiration n’a pas manqué. L’ambiance nuit + route ne manque pas de charme. Comment ne pas s’imaginer au volant de nuit, fenêtres ouvertes, en pleine pampa, les étoiles scintillant dans un ciel dégagé, alors que l’auto-radio passe « Broken Parable » ou « Dew on the Vine » ?! Red Earth & Pouring Rain conserve tout de même quelques bases folk, « New Jerusalem », « Greenwoods Bethlehem » ou les percées de banjo de « Gabriel », pour les fans de la première heure. Ce n’est pas l’album du siècle, mais c’est en définitive un album cohérent, ultra plaisant et très engageant.

► Red Earth & Pouring Rain, sortie le 22 juillet 2016 (Communion Records/Caroline International)
► En concert le 30 octobre au Café de la Danse (avec Matthew & The Atlas)

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