On y était : Hayden Calnin + Haux au Pop-Up du Label

LIVE-REPORT – Un Australien, un Américain, réunis pour une soirée intime au Pop-Up du Label. Miroirs de fumée, et chansons mélancoliques et nébuleuses à la guitare électrique, ce vendredi avec Hayden Calnin et Haux était simplement magique.

Haux

C’est discrètement, à la dérobée, dans un épais voile de fumée que Haux monte sur la petite scène du Pop-Up du Label. Bonnet de marin vissé sur la tête et bomber noir, l’Américain vient chanter les titres de All We’ve Known, son deuxième EP (sorti début juillet), accompagné de sa seule guitare électrique. Une guitare électrique avec un jeu de guitare d’acoustique, pour soutenir chastement ses ballades. Haux nous touche dès les premières secondes avec « Seaside », et malgré son stress apparent, il essaye, il fait des efforts pour nous dire à plusieurs reprises qu’il est plus que ravi d’ouvrir pour Hayden Calnin. Il se trompe de tonalité sur une chanson, on le sent défaillir, mais il enchaîne, il se reprend, comme luttant contre une angoisse qui semble le paralyser dès qu’il s’arrête de jouer. Il ne regarde personne dans les yeux, mais il prend à chaque fois quelques secondes pour nous parler de ses courtes chansons, de ses secrets qu’il couche sur le papier avec pudeur. On le sent gêné quand il nous raconte l’histoire finalement ordinaire de son départ de la maison familiale, mais nous explique-t-il, il s’agit quand même d’une étape dans la vie de chacun, et c’est quelque chose de significatif. On est aussi bluffés par la superbe « Sister » et ses 4 accords qui enlacent des silences bien mesurés. Haux s’échappe furtivement de la scène comme il en est venu. Le sourire craintif est dorénavant rassuré, apaisé.

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Hayden Calnin

Celui qui vient se préparer ensuite est officiellement un inconnu en France. Officieusement, Hayden Calnin est un artiste Australien, talentueux en maudit. Cheveux mi-long et regard doux, le voilà pour son premier concert à Paris, car précise-t-il, il est déjà venu en tant que touriste. Sans groupe, il s’accompagne succinctement d’une belle Fender, d’un clavier et du piano qui trône sur un bord de scène. Je dois vous l’avouer, j’avais peur du rendu live de son univers folk-indie électro. Mais le résultat sur scène, pour cette fois-ci, est beaucoup moins expérimental que sur ses derniers albums. Juste une pédale loop sur « Winter », et sa voix de Kanye West sur « Cut Love », une chanson qu’il adore chanter, nous confie-t-il. Il présente ses excuses d’ailleurs, car il a conscience de l’étrangeté de cette voix-robot au milieu du set. Al, sa petite-amie vient le rejoindre le temps de quelques chansons. Elle nous parle des bonnes choses qu’ils mangent depuis leur arrivée à Paris, mais elle pose aussi sa voix mutine sur celle (magnifique) de Hayden, nourrissant joliment les harmonies.

Le timbre de Voix de Hayden parlons-en. Il nous fait terriblement penser à un mix entre James Vincent McMorrow et Matt Corby. Cette voix qui vibre, ultra maîtrisée, cette voix intense qui sait se faire puissante et fragile à la fois. Le public n’en revient pas. L’attention est à son comble. Hayden le remarque et après avoir remercié la salle pour son silence religieux, avoue s’inquiéter d’une telle sollicitude. Il profite cet état contemplatif dans lequel il nous a tous plongés, pour nous demander de tous s’asseoir à la fin du concert, et ainsi mieux le voir interpréter « Summer » au piano dans le coin de la scène, et chanter le refrain avec lui. Enfin, alors que sonne l’heure du rappel, il demande directement au public (de fins connaisseurs) les chansons qu’il souhaite entendre, « Coward », puis « Winter » résonnent encore dans nos esprits tandis qu’on ramasse nos affaires et que l’on rejoint la sortie, encore enveloppés dans un nuage de quiétude absolue.

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Photos : Emma Shindo

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