On y était : Passenger + Gregory Alan Isakov au Trianon

LIVE REPORT – Le Trianon affichait complet ce mardi soir. L’affiche y était particulièrement alléchante : Passenger revenait à Paris, pour la 1re fois avec son groupe, tandis que Gregory Alan Isakov ouvrait la soirée de la plus belle des manières. Une soirée folk parfaite.

Gregory Alan Isakov, on avait grand hâte de le voir sur scène. Il a fallu attendre l’invitation de Passenger pour le voir se produire en solo sur la scène du Trianon. Enfin en trio : son chapeau, sa guitare et lui. On ne va pas y aller par quatre chemins, ce songwriter est fantastique. Une écriture poétique et des mélodies mélancoliques qui résonnent jusqu’au plus profond de nos entrailles.
L’originaire du Colorado (né en Afrique du Sud) n’est pas un grand bavard, toutes les émotions qu’il transmet passent dans son timbre de voix, et son folk teinté de Dylan, Springsteen, Cohen et autres illustres collègues. Un kick et une guitare suffisent pour nous faire dresser les poils des bras, et encore plus quand tout le public reprend avec douceur, en chœur, les paroles de « Caves » : let’s put all these words away… Frissons. Sa dernière chanson « Master & A Hound », il la dédie à tout ceux qui vivent encore chez leurs parents, un sourire chaleureux aux lèvres. Il est 20h, Gregory Alan Isakov soulève son chapeau et salue le public. Qu’on se rassure, il promet de revenir en mars à Paris, avec son groupe cette fois-là.

À LIRE AUSSI >> La (belle) session acoustique du samedi #85 : Gregory Alan Isakov

Gregory Alan Isakov

Les premiers rangs se font plus compacts alors que la lumière s’éteint dans la salle. C’est l’heure de Passenger. De Mike Rosenberg et son groupe.
Passenger n’est en effet plus seul sur scène. Désormais, il est accompagné de quatre musiciens, clavier, batterie, guitare électrique et basse, qui viennent soutenir celui qui a joué pendant cinq ans dans la rue, avant que son titre « Let Her Go » le propulse des premières parties d’Ed Sheeran à Wembley aux plus belles salles à travers le globe. L’artiste est d’ailleurs très humble à ce sujet. Pour une chanson écrite en 45 minutes, il se dit « très chanceux, car c’est la chanson qui a changé ma vie ». Et l’Anglais ne manque pas d’humour : il nous précise qu’il ne faut pas confondre « Let Her Go » avec « Let It Go » la chanson titre de La Reine des Neiges, qu’il lui a littéralement « ruiné sa carrière »… « peut-être parce que je ressemble à une princesse » ajoute-t-il, pince-sans rire.

Passenger

Cependant, Passenger est là pour promouvoir Young As The Morning, Old As The Sea son dernier album, très orchestré. « Il va y avoir beaucoup de chansons de mon dernier album » tient-il à préciser avant de commencer son set, « … mais aussi quelques anciennes chansons » rassure-t-il. La salle acquiese. « Somebody’s Love », « Young As The Morning, Old As The Sea », « Beautiful Birds », en passant par une parenthèse acoustique : « Everything », « Traveling Alone » et une « toute nouvelle chanson » commente-t-il en entamant les premières notes de « The Sound Of Silence » de Simon & Garfunkel. Il est drôle. Bien sûr, il fait chanter le public parisien sur « I Hate », et lui demande de faire du bruit sur le refrain (« thank you for hating stuff Paris »). Il tient même à préciser que le public peut danser, chanter, crier et même éternuer, « vous pouvez faire du bruit !« .

Passenger

1h30 de concert ponctué de franches rigolades et de surprises, comme cette reprise assumée de « Can You Feel The Love Tonight » d’Elton John, qui vient s’accoler aux « Let Her Go », « Whispers », et « Scare Away The Dark » qui nous remplissent d’un puissant sentiment de béatitude. Bien que je sois plus partisane des titres épurés de Passenger, il faut reconnaître que l’artiste n’est pas un bleu de la scène : il semble même tout particulièrement à son aise, vagabondant entre ses musiciens et le public, interagissant avec un public taquin, racontant des anecdotes pendant parfois plus de 5 minutes dans le plus grand silence. Et surtout, Passenger est un conteur né, il fait partie de cette famille de fokleux qui nous emportent dès qu’ils commencent à gratter leur guitare, y apposant leur voix dans une fusionnelle harmonie. Une merveilleuse soirée…

Passenger

Photos : Emma Shindo

Advertisements

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.