On y était : Cyril Mokaiesh à la Boule Noire

LIVE-REPORT – C’est un Cyril Mokaiesh inspiré qui est venu présenter son nouvel album à un public parisien en grande forme. Retour sur une soirée en demi teinte.

Rocknfool et Cyril Mokaiesh c’est une longue histoire d’amour. C’était une longue histoire d’amour. Hier soir pour son retour à la Boule noire, quelque chose s’est rompu. Le lien invisible qui nous rattachait à cet artiste exalté, ce formidable interprète s’est érodé plus les minutes défilaient, pour atteindre le point de non-retour, une heure plus tard. Pourtant, je me souviens de mes années de lycée où « J’écris » de Mokaiesh (pas encore Cyril) tournait en boucle sur mon mp3. Et cette fierté que je ressentais à écouter un artiste loin de ceux que mes camarades pouvaient alors écouter. Des années définitivement révolues.

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La Boule noire affiche complet pour le retour de Cyril Mokaiesh, et la sortie de son album Clôture dont il interprète les titres pour la première fois en live. C’est à travers un mur de fumée que l’artiste apparaît, rejoignant ses trois musiciens déjà sur scène. Cyril Mokaiesh rayonne et n’hésite pas à prendre longuement la parole entre chaque titre : il raconte des anecdotes personnelles, présente ses excuses pour les absences de Bernard Lavilliers (« La Loi du marché) et d’Elodie Fregé qui ne peuvent se joindre à lui ce soir-là, se remémore son concert à la Boule noire il y a 10 ans… Il ne manque ni de charisme, ni d’humour. Souvent, il se laisse aller à d’ardentes tirades mi-poétiques, mi-pesantes.

Ses musiciens assurent ses arrières. Le duo rythmique basse-batterie dans mon champ de vision est impeccable, audacieux et précis (« Buenos Aires »). L’ambiance sur scène est bonne, on apprécie cette cohésion qui unie le groupe.

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En le regardant s’agiter sur la scène, je me remémore son concert au Nouveau Casino en 2011 où il défendait Du Rouge et des Passions, ou encore l’apaisement que m’avait procuré son concert avec Giovanni Mirabassi pour Les Naufragés au Fnac Live quelques années après. Je ne le sens plus aussi sincèrement habité par la musique qu’il défend. Ses musiciens

J’ai la cruelle impression que cet artiste plein de convictions et d’engagements solidaires n’a pas réussi à sortir de sa formule « Communiste » à succès, de l’artiste engagé/enragé. Tout cela m’est obsolète. Même ses paroles ont perdu de leur véracité et de leur profondeur. « Clôture » me fait penser à du Fauve, « Novembre à Paris » sonne opportuniste. La diction de Cyril me fait trop penser à Etienne Daho. Je ne parviens à rentrer dans l’ambiance, malgré quelques jolis moments : quand il interpète en acoustique un morceau pour sa famille, ou quand le public ravis joint sa voix sur « Des jours inouïs ». Oui mais, ce n’est pas suffisant. Je suis passée complètement à côté et j’en suis réellement navrée.

Setlist : La Loi du marché / Je fais comme si / Houleux / Mon époque / Novembre à Paris / Ostende / Blanc cassé / Du rouge et des passions / Des jours inouis / Communiste / Buenos Aires / Va savoir / Ici en france / Seul / Clôture / Rappel : 32, rue buffaut / Jeu de la vie / La Loi du marché

Texte : Emma Shindo | Photos : Sabine Bouchoul

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