On a vu : « Paterson » de Jim Jarmusch

CINÉMA – On attendait beaucoup du nouveau film de Jim Jarmusch. On en attendait encore plus quand on a su qu’Adam Driver et Golshifteh Farahani s’y partageaient l’affiche. Peut-être que l’erreur, c’était justement d’en attendre trop.

Paterson, c’est un homme, conducteur de bus, qui écrit des poèmes à ses heures perdues. Il est fou amoureux de sa femme, Laura, une artiste aux passions multiples et éphémères, et promène tous les soirs leur bouledogue, Marvin. Ils vivent tous ensemble dans une petite maison de la ville de… Paterson. Voilà le début du film. En voici aussi la fin. Tu l’as compris, c’est un film dans lequel « il ne se passe rien ».

Ces films-là, en général, sont mes préférés. Avec l’humble étrangeté d’Adam Driver que je suis depuis Girls, la beauté irradiante de Golshifteh Farahani que j’admire depuis Les Deux Amis et l’ironie poétique de Jim Jarmusch depuis Broken Flowers, toutes les conditions étaient donc réunies pour faire de Paterson un film coup de cœur. Mais force est de constater que je suis restée de marbre.

Les critiques, pourtant, l’encensent. Film poétique, épuré, esthétique, délicat, merveilleux, Jarmusch semble avoir fait mouche. Sauf à Cannes, peut-être, où le film est reparti bredouille. De quoi vient alors mon insensibilité ? Du thème principal, peut-être, qu’est la poésie. Là où Only Lovers Left Alive en débordait, Paterson, paradoxalement, ne fait que l’aborder. Des séquences de vie du personnage aux moments d’écriture et de lecture de poésie qui en sont inspirés, tout est bien trop lisible dans ce film sans aucune surprise et aux personnages presque irritants.

paterson adam driver
PATERSON – Adam Driver

Se pose alors la question de la vision du réalisateur. Qu’a vraiment voulu montrer Jim Jarmusch ? Là où je n’ai vu que vacuité et inutilité, que fallait-il vraiment voir ? Y avait-il un message particulier, dans la passion pour les motifs noirs et blancs de Laura ? Ou un message dans le comportement du bouledogue ? J’ai beau creuser, rien d’autre ne me vient que cette simple constatation : il y a de la poésie dans le quotidien, et l’amour est une source d’inspiration inépuisable. Merci Jim. Mais on ne t’a pas vraiment attendu pour le comprendre.

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