On y était : William Z Villain, Karl Blau et Bror Gunnar Jansson (Nuits de L’Alligator)

LIVE REPORT – Rocknfool était à la Maroquinerie pour les Nuits de L’Alligator. Au programme : William Z Villain, Karl Blau et Bror Gunnar Jansson.

Nuits de l'alligator 2017 - La Maroquinerie
Nuits de l’alligator 2017 – La Maroquinerie

Le dimanche soir, ce n’est pas l’idéal pour un concert. Dimanche soir, c’est le moment où on se dit « mieux vaut être sage, demain c’est lundi et on n’a pas envie de l’attaquer fatigué ». Too bad. Ce dimanche 12 février, c’était les Nuits de l’Alligator à la Maroquinerie. Et le festival itinérant a le chic pour proposer de jolies affiches. Au diable le dimanche cocooning, le rattrapage des deux derniers épisodes de Walking Dead dans le canapé et dodo à 22h30. On se motive et on va voir William Z Villain, Karl Blau et Bror Gunnar Jansson. Trois styles aux antipodes l’un de l’autre, trois genres qui te font voyager d’un côté à l’autre du globe.

Folie douce et tresses indiennes

Commençons par William Z. Villain, puisque c’est lui qui ouvre le bal. Un ovni venu du Wisconsin. « C’est pas loin de Chicago », explique-t-il pour les bouses en géographie. Un faux air de Christian Bale jeune, et une tête peuplée par quatre ou cinq personnes. William Z. Villain est habité d’une douce folie. Ses chansons sont bizarres, bricolées en direct avec sa pédale et ses étranges instruments.

Si au premier abord, on est déroutées, on est vite embarquées dans le petit monde du chanteur, bercées par cette voix et ses mélodies qui ne ressemblent à personne d’autre. Après un tel choc auditif, difficile de garder les écoutilles ouvertes et l’attention focalisée sur Karl Blau. Un groupe de cow-boys, chapeau sur la tête et tresse indienne pour le chanteur. Pourtant, c’est du folk tendance country, parfois bluegrass. Cela devait fonctionner. Cela devait nous emporter, nous faire chavirer. Sur trois chansons, ça fonctionne. Le hic, c’est que c’est très répétitif, sans énormément de variations. C’est joli oui (la reprise de « If I Needed You » est un bijou), mais à la longue, ça devient lassant. Dommage.

En Suède, on chante le blues

Le clou du spectacle reste tout de même Bror Gunnar Jansson, sans chaussures et en chaussettes à carreaux. L’homme est seul sur scène, au milieu de sa caisse claire, et entouré de ses guitares. Qui a dit que pour envoyer du lourd, il fallait avoir un band ? Le Suédois est tout seul et il prouve bien, qu’avec du talent, on peut faire le boulot en solitaire.À la fois blues et rock, à la fois tendre et rugueux, le chanteur – à la dégaine de parrain de la mafia américaine – nous montre ses multiples facettes. Il jouera une heure. Il nous fera bondir le cœur dans la poitrine à plusieurs reprises. On regrette une chose : que le public ne se soit pas plus lâché. Mais oui, c’est vrai, nous sommes à Paris, un dimanche soir.

Texte : Sabine Swann Bouchoul | Photos : Morgane Milesi

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