On y était : Dantone + Gabriel Auguste + 20:01 aux Trois Baudets

LIVE REPORT – Dantone, notre crooner français préféré était aux Trois Baudets hier soir. Sa voix grave a été rapidement suivie par les surprenants Gabriel Auguste et 20:01.

Comme lors de sa participation aux Inouïs du Printemps de Bourges en janvier dernier, Dantone entame son set avec un sample de « La mer » de Charles Trenet. Les lumières sont encore presque éteintes, on distingue à peine sur scène la longue silhouette du chanteur et le haut tabouret en bois qui accueille la boîte à musique.
Lorsqu’il prend le micro pour entamer ses premières notes, un faible faisceau orangé le surplombe. On distingue sa chemise fluide et ses cheveux gominés peignés en arrière. Tout est doux, tout est ample.
Sa voix, grave et profonde, nous entraînent dans des abysses féeriques, sur des plages abandonnées, dans des souvenirs oubliés et des rêves fantasmés. Dantone chante avec langueur le soleil et les désirs, les doigts effleurés et le sable chaud de l’été.

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Il accueille pour deux titres un pianiste délicat. Ensemble ils jouent notamment « Rosemarine », qui donne son nom au premier EP du garçon. Avec la bande sonore comme avec le piano, on retrouve chez Dantone cette générosité et cette simplicité des grands chanteurs d’antan.
Peu bavard, il danse doucement avec le micro, ne regardant qu’à peine son public. Dantone c’est une parenthèse d’une douceur et d’une profondeur fascinantes.

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C’est Gabriel Auguste qui prend la suite de la soirée en main. Dans un tout autre registre et accompagné de trois musiciens il chante l’euphorie, les corps nus et le désir assouvi. Avec un peu de kitsch dans la musique et un peu de Bernard Lavilliers dans la voix, Gabriel Auguste surprend et intrigue. La musique est festive, les paroles crues et parfois engagées (avec notamment « Vieux mec »). Il y a quelque chose d’à la fois dépassé chez Gabriel Auguste mais aussi et surtout quelque chose de complètement déjanté qui nous subjugue facilement.

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Pour clore la soirée c’est 20:01, le projet tout neuf de Juliette Nicolas, Juliette Epin et Jason Bancilhon, qui fait le show. Et faire le show ce n’est pas peu dire. Les rideaux sont tirés lors de l’installation de scène. Et quand ils s’ouvrent c’est une scène tout emmaillotée qui s’offre à nous. Une batterie, un clavier, une basse et deux chanteuses, le groupe entier est incroyable de talent technique. La basse groove, la batterie est subtile et incisive, le clavier est précis et captivant et les deux chanteuses sont enivrantes de puissance vocale et de jeu de scène.


Construits comme des tableaux, les titres racontent des histoires en plusieurs volets, il ouvrent des portes puis les referment pour en ouvrir d’autres. Sans cesse surpris par la mesure suivante, le public est endiablé. Venu en masse pour acclamer la première scène de ce projet explosif.
Le Be Bop laisse parfois la place au funk, ou même au jazz. Le groupe accueille Florian Berthonnier (aka Refuge), pour deux titres qu’il a écrits pour le groupe et Ckleris au violon électrique. Le déploiement de voix impressionne et le trio de chanteurs joue la théâtralité à son maximum. C’est ensuite Benoît Charron qui vient partager la scène un instant. Le groupe s’éclate et le public aussi.

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