On a écouté : Fink et son « Sunday Night Blues Club Vol. 1 »

EXPÉRIENCE MYSTIQUE – Sunday Night Blues Club Vol. 1 (ce qui sous entend plein de petits frères et c’est une excellente nouvelle !) est le nouveau voyage proposé par Fink. Une véritable expérience musicale, un retour à son premier amour, le blues, mais version Fink donc résolument moderne.

Ce nouvel album par Fink s’écoute d’une traite. L’ordre des titres a une cohérence, ils sont imbibés d’un seul et unique genre, le Blues, et mérite une écoute totale et sans distraction. L’atmosphère est troublante, et comme souvent chez cet artiste incroyable, très hypnotique, presque chamanique.

Fink c’est avant tout la maîtrise de la guitare à l’extrême, acoustique et électrique, un véritable dieu en la matière, au gratté singulier, doux à écouter mais laid à voir tant la main est en tension. C’est aussi par le passé des expérimentations électro, des albums revisités avec un orchestre symphonique, des chœurs gospels… Bref, des digressions autour de  la guitare et de sa sublimation, avec toujours à un moment ou un autre, un titre bien bluesy, aux racines Mississippiennes. Ici c’est tout un album consacré aux blues dans ce qu’il a de plus brut, de plus charnel, mais avec la griffe « finkienne » reconnaissable en 20 secondes chrono.

Il y a de l’expérimentation comme toujours, pour preuve le second titre « She Was Right » aux accents Floydiens. Le ressenti qui s’en dégage est très cinématographique. La musique de Fink a d’ailleurs déjà été utilisée dans des épisodes de séries télévisées, Les Experts, Dr House et récemment dans The Walking Dead, toujours utilisée dans les moments de tension, de noirceur, ou nostalgie. Et ici aussi, on ne peut s’empêcher de se dire que ce Sunday Night Blues Club est la bande originale d’un film sombre, au scénario sulfureux et dont l’action se déroulerait en zone chaude et humide. La voix de Fin Greenall, ce charmeur de serpent, nous contant l’histoire, jouant de son timbre pour intensifier les détails et rebondissements de la narration.

Vous comprendrez donc que l’atmosphère de cet album est extrêmement lourde de sensualité. Enfermez deux personnes dans une chambre, mettez leur l’album en fond sonore et je ne leur donne pas 5 minutes avant de se jeter l’un sur l’autre ! La langueur est le fil d’Ariane, nous promenant de titre en titre.
Le seul regret étant justement que cette homogénéité dans les titres ne permet pas  un tube de sortir du lot. On est séduit et envoûté pendant la durée des huit titres, mais on n’est incapable d’en fredonner un seul au bout de la quinzième écoute. Normalement, chaque album de Fink à sa « master piece », « Yesterday was hard on all of us » pour Perfect Darkness, « Sort of Revolution » pour l’album éponyme, « This is the Thing » pour Distance and Time, ou encore « Pretty Little Thing » pour Biscuits for Breakfast. Ici pas de grand gagnant, et il faut être honnête on le regrette un peu. Beaucoup même.  Donc bien sûr que l’on ira découvrir en live cet album, chaque concert de Fink étant une véritable messe, un moment de partage insensé, mais il ne deviendra pas le nouveau préféré… À quand le Volume 2 ?

Fink’s Sunday Night Blues Club, Vol. 1 sorti le 10 mars 2017 ( Ninja Tune). En concert le 3 mai au Café de la Danse.

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