On y était : Louis-Jean Cormier à la Maroquinerie

LIVE-REPORT – Retour sur le « spectacle strip-tease de chanson québécoise » de Louis-Jean Cormier à la Maroquinerie. Pure extase.

Un jeudi soir estival au beau milieu du mois de mars. La Maroquinerie est bien remplie, un public hétérogène s’avance au pied de la scène quand les lumières s’éteignent. « J’ai traversé le désert » chante La Féline en première partie de cette soirée, qu’elle partage avec Louis-Jean Cormier. On a clairement traversé ce désert ensemble.

Le Québécois Louis-Jean Cormier prend la suite. C’est la troisième fois qu’on le voit sur scène depuis la sortie française de son album Les Grandes Artères. Les Trois Baudets, le Divan du Monde, et la Maroquinerie. La dernière fois qu’on le voyait, il était en solo sur la grande scène du Divan du Monde avec sa guitare comme unique accompagnement. C’était extrêmement beau, même si lui, confiait, se sentir trop seul sur scène. L’été dernier, Louis-Jean Cormier nous l’expliquait rationnellement, lui, « c’est tout ou rien ».

Formule trio et strip-tease

Cette fois-ci, il est venu en trio guitare-contrebasse-batterie. Comme d’habitude, il fait chaud à la Maroquinerie. Le Québécois, qui ne manque pas d’humour, vient de faire tomber la veste et de déboutonner le haut de sa chemise. Il donne le ton : « Bienvenue dans ce spectacle de strip-tease de chanson québécoise ». Louis-Jean va nous jouer des « versions déshabillées » de son répertoire. Pour mieux « découvrir de nouvelles parties du corps » ajoute-t-il malicieusement.

Au début du set pourtant, il nous avertissait : « J’sais pas trop ce que ça va donner ce spectacle, mais on va vous en mettre plein la gueule » avant d’entamer le set par des chansons punchy tirées de son premier album Le Treizième Étage (enfin disponible en digital en France).

Blues night et chaloupage

Pour une première fois en trio, le résultat est surprenant. La contrebasse, jouée assise, alterne entre pizz pour le côté blues-folk et archet pour renforcer les tenues plus rock et apporter plus d’assises au chant. La batterie est elle plus percussive que métronomique, elle soutient les cordes sans les couvrir, elle les valorise minutieusement.
Les trois musiciens se jettent constamment des regards complices et amusés, ils se connaissent bien. Je suis d’ailleurs prête à parier que la part d’improvisation n’était pas négligeable. Cela dit, ils sont rodés, les tempi et nuances archi soignés, les contrastes prononcés. « On est blues ce soir » lance Louis-Jean Cormier en entamant la géniale « Faire semblant ». Les rythmes sont cadencés, et chaque chanson se termine par un passage instrumental où le trio se déchaîne. L’été dernier, Louis-Jean nous confiait : « Je crois que j’aime la musique pour son amplitude […] j’aime de moins en moins la chanson pop linéaire, ultra compressée, très carrée, compartimentée… » Et en effet, quelle intensité !

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C’est avec « La Fanfare » que le concert se termine aux alentours des 23h. Malgré les applaudissements d’une salle très enthousiaste et réactive (qui n’a pas hésité à chanter et interpeller le chanteur), le trio ne peut revenir pour un encore. Louis-Jean Cormier réapparaît alors, chemise ouverte, et explique qu’ils ont malheureusement trop joué. Mais qu’on se s’inquiète, ils reviendront.

Setlist : J’haïs les happy ends // Bull’s Eye // Si tu reviens // Transistors // Tête première // Faire semblant // Traverser les travaux // St-Michel // Tout le monde en même temps // Le Pyromane (Karkwa) // Moi léger (Karkwa) // Un monstre // La Fanfare

Texte : Emma Shindo | Photos : Sabine Swann Bouchoul

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