On a vu : « La Belle et la Bête » de Bill Condon

CRITIQUE CINÉ – Plus de lourdeurs que de bonnes choses dans cette nouvelle adaptation de La Belle et la Bête par Bill Condon qui nous a vraiment fait penser à du Hunger Games version conte de fée. Même la caution Emma Watson n’a pas suffit à rendre intéressant ce (long) long-métrage.

Un Hunger Games version Disney

Pour ne pas faire criser les puristes, Bill Condon (Twilight 4 et 5) a choisi de suivre à la lettre tous les codes déjà établis par Disney. Intro, chansons, costumes, décors, coiffures, couleurs édulcorées, morale, personnages… tout est fidèlement restitué. On relève tout de même quelques digressions autour du décès de la mère, quelques blagues amusantes en supplément (merci LeFou, fidèle bras droit de Gaston), quelques personnages noirs ou homosexuels, pour montrer qu’il ne s’agit plus des années 1990 et que les studios Walt Disney ont évolué avec le temps. Parfois, jaillissent quelques critiques de la société de classes, quelques répliques féministes et anticléricales. Tout ça reste un peu léger.

Emma Watson sauve les meubles (et le mobilier)

L’image est belle, le cadrage propre, mais tout est très classique. Trop lisse. Les images de synthèse sont franchement voyantes, et à trop vouloir jouer d’effets spéciaux, on se lasse.
Certes la fraîche et courageuse Emma Watson porte ce film à bout de bras, mais péniblement. Dans sa robe bleue et son tablier blanc, la belle Anglaise semble être faite pour ce rôle de jeune romantique érudite et incomprise. Celui d’une jeune femme née à la mauvaise époque, qui refuse catégoriquement de céder et de se marier avec le beau soldat idiot et rustre du village. Elle a le regard franc, vif et expressif et parvient à sauver les meubles.

Un crétin réussi et une Bête trop artificielle

Si j’étais honnête, je pourrais éventuellement admettre que le casting est réussi. Luke Evans (Le Hobbit, La Fille du train) est un bon Gaston, arrogant et crétin, bien comme il faut. Josh Gad comme LeFou, est un malin bras droit de Gaston, et le bout-en-train du film. J’ai eu plus de mal avec la Bête, interprétée par Dan Stevens (Matthew de Downton Abbey) qui peine à se sortir des artifices de son personnage animal : déguisement, échasses, et images de synthèse qui lui font perdre tout réalisme. Qu’est-ce qu’on son visage fait faux… Même en tant que prince charmant égoïste, colérique et dépressif, on a du mal à l’y projeter.
Quant au personnel du château, très attachants dans la version Disney, Zip, Mme Samovar (Emma Thompson), Lumière (Ewan Mc Gregor), Big Ben (Ian McKellen) et compagnie, ils font beaucoup trop jeu vidéo. Ils n’ont pour moi aucun charme si ce n’est celui de leur timbre de voix si caractéristique.

Si tu es un féru du Disney, tu retrouveras tout ce que tu as déjà apprécié dans le dessin animé : les chansons toujours aussi efficaces (avec le beau timbre de voix d’Emma Watson), l’univers magique et la belle histoire d’amour qui rappelle qu’il ne faut pas se fier aux apparences (pas sûr que cette maxime de la tolérance ait traversé les siècles avec succès…) Tous les codes sont respectés, c’est beau, coloré, magique et à la fin, la Belle embrasse la Bête et tout le monde virevolte dans l’impressionnante salle de bal.
Si toutefois tu espérais trouver autre chose qu’une humanisation très kitsch du dessin animé, tu seras servi. Et déçu.

La Belle et la Bête de Bill Condon, sorti le 22 mars 2017, avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans…

Advertisements

Laisser un commentaire