Noah Gundersen et John Moreland aux Étoiles : le folk n’est pas mort. Définitivement pas.

LIVE-REPORT – Jeudi soir, les Étoiles accueillaient l’une des plus belles affiches americana à Paris, John Moreland et Noah Gundersen, pour une soirée sous le signe du folk et des larmes.

Ils se font rare les concerts americana en France. De plus en plus. Heureusement, parfois, une salle accueille des songwriters qui ont la capacité de nous faire chavirer en quelques notes, quelques paroles. Des songwriters qui, se situent pas la digne lignées des légendes du folk américain. Parmi eux : John Moreland et Noah Gundersen. Des garçons pas très heureux si l’on écoute leurs chansons. Le genre de chansons que t’écoutent quand tu as envie de pleurer des rivières mais qui te font du bien après. Les deux garçons ne sont pas connus en France. Pourtant, ils ont déjà une petite collection d’albums à leur actif. Deux pour Noah Gundersen, trois pour John Moreland. Et le point commun entre ces deux-là, mise à part qu’ils sont des songwriters surdoués, c’est qu’ils ont participé à la bande-originale de Sons Of Anarchy, aka la série qui a la meilleure bande-originale ever.

Very First Time

C’est Noah Gundersen qui ouvre le bal. Lui, ça fait quatre ans que l’on guette son arrivée en France. Quatre ans qu’on se demande s’il va, un jour, venir chanter ses chansons tristes sur une scène parisienne. Notre patience a été récompensée. Il est venu accompagné de sa soeur, Abby Gundersen. Le talent, c’est un gène que toute la famille Gundersen possède, visiblement. Il commence au piano, puis à la guitare, échange sa place avec Abby qui, elle aussi, passe d’un piano au violon avec une facilité et maîtrise déconcertante.

On entend enfin sur scène les chansons qu’on a appris à aimer sur les deux disques, les superbes Ledges et Carry The Ghost : « Halo », « The Difference », « First Defeat ». Noah Gundersen – tatouage apparent, veste de biker et cheveux longs – c’est aussi le garçon qui peut glisser dans une chanson au piano un « go fuck yourself » et tu trouves ça beau. C’est le garçon si timide sur scène qu’il se cache constamment dans la pénombre, son visage masqué par ses longs cheveux. Et, c’est le garçon qui sait exactement comment construire un set et finir sur des titres en guitare-voix qui t’achève littéralement. C’était court, ce concert, mais suffisant pour pleurer des rivières.

À LIRE AUSSI >> Chronique nocturne : Damien Rice peut rester dans sa grotte, j’ai trouvé Noah Gundersen

John Moreland, The Greatest

Pas d’autres mots pour décrire John Moreland. The. Greatest. Lui, en live, il n’a besoin d’aucun artifice. Il se présente face au public avec sa guitare, son pied de micro. Sur sa chaise plantée au milieu d’une scène débarrassée de tout. Il n’y a que lui. Et il ne lui faut pas longtemps pour plonger la salle dans un silence religieux. Le public est comme suspendu à ses lèvres, écoute avec respect et attention et laisse exploser les applaudissements à la fin de chaque titre.

L’Américain n’aime pas que l’on dise que ses chansons sont des sad songs. Elles ne respirent pas non plus la joie de vivre, on y parle de la société, de la vie, des relations. On est happé dans la voix grave et rocailleuse, on est complètement emporté par la douce mélancolie. On aurait voulu que la soirée dure toute la nuit. Et s’il fallait vous encourager à n’écouter qu’une seule chanson de John Moreland. Ce serait celle-ci :  « American Flags In Black & White ».

Photos : Sabine Swann Bouchoul

 

Advertisements

Laisser un commentaire