Adam Barnes, le déluge lacrymal assuré

FOLK IS NOT DEAD – Dans la catégorie, « songwriter anglais à suivre de près », Rocknfool vous présente Adam Barnes, 24 ans et déjà une capacité à faire frissonner en deux accords.

Merci 7 layers. Un grand merci, car grâce à tes sessions acoustiques, j’ai chialé l’équivalent de la Seine. Avec ces larmes, j’aurais pu éteindre un incendie. En parcourant ta chaîne Youtube, je suis tombée sur un certain Barnes. Adam de son prénom. Je le connaissais encore moins qu’Eve.
C’est vrai que j’ai d’abord été intriguée par une miniature. Le look du hipster qui s’assume avec tous les attributs qui vont avec : le bonnet enfoncé sur le crâne, la chemise sombre boutonnée entièrement, la grosse barbe. Rousse, la barbe. Et, la guitare portée bien haute. Bref, un coup de foudre commence avec un regard, à ce qu’on dit. Il se confirme avec une écoute. Avec une voix, un fingerpicking précis et des paroles qui touchent. Le coup de foudre, c’était avec le titre « Bad Luck », une session en clair-obscur. L’obscurité partout, la lumière vient de la musique. Toujours.

Tu sais, 7 layers, depuis que James Vincent McMorrow a quitté le folk pour un style sans étiquette et sans guitare sèche, que Ben Howard semble avoir disparu de la circulation, que Ray LaMontagne s’amuse à faire une musique qui ne trouve plus d’écho dans mes oreilles et que Bon Iver est définitivement paumé dans un upside down de la musique expérimentale, je peine à retrouver un folksinger qui pourrait m’arracher une larme. Si je pleure, c’est que j’aime. Un peu comme Marianne James dans la Nouvelle Star. Tu te souviens de ses yeux rougis et embués ? C’est un peu la même chose pour moi. C’est avec « Bad Luck » qu’a lieu le coup de foudre musical.

Fresque sonores et ode à la nature

En cherchant sur les tréfonds des internets – il n’est pas encore très connu – je retrouve la trace musicale de son travail : Un album The Land, The Sea & Everything Lost Beneast et deux EPs : Blisters et One Day We’ll Be Find. Non, ça ne respire pas la joie et l’optimisme. Mais, tu sais ce qu’on dit : les chants les plus désespérés sont les plus beaux. Les chants d’Adam Barnes ne sont pas désespérés. Ce sont les mélodies, dépouillées, souvent défendues à la guitare sèche et sans autre accompagnement, qui revêtissent l’habit de mélancolie, pour mieux rendre honneur au songwriting.

L’homme est proche de la nature. S’il vient d’Oxford, c’est à la campagne qu’il se sent chez lui. Souvent, dans ses chansons, il parle d’environnement d’ailleurs, lui observateur attentif du monde qui l’entoure. C’est dans les montagnes ou au bord d’un lac qu’il trouve l’inspiration. Et ce calme caractéristique des grands espaces dépeuplés se retrouve dans sa musique. Terriblement intimiste, terriblement chaleureuse. Avec un mentor comme William Fitzsimmons et des influences comme Joe Purdy et Damien Rice, ce n’est pas étonnant.

Je vous recommande l’écoute au casque. Pour une immersion totale et un apaisement de l’âme automatique.

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