Layer After Layer, le livre-disque pépite de Ross Heselton

OBJET RARE – Le bonheur de tenir un livre + la joie d’un CD magnifique = Layer After Layer de Ross Heselton. Coup de coeur.

Je me suis toujours sentie un peu triste pour les inconditionnels du mp3 (« c’est moins embêtant à déménager quand même ! »). Passer à côté du support physique, c’est comme ne pas emballer un cadeau de Noël : où est la joie ? le plaisir de toucher ? d’ouvrir ? de découvrir ? Combien d’heures ai-je passé à caresser une pochette, à admirer l’artwork, à lire chaque mot du livret… Pour cela, les vinyles et les CDs sont incomparables. Mais un objet décuple encore plus le plaisir : le livre-disque.

Layer After Layer - Ross Heselton
Layer After Layer – Ross Heselton

Quand j’ai compris que le nouveau CD de Ross Heselton serait en fait un livre-disque, je n’ai pas été vraiment étonnée. Ross Heselton, c’est ce garçon complètement habité, traversé de part en part par les esprits de Cohen, Cash et les autres. Celui qui vit sa musique plus qu’il ne la chante. Le diamant brut qui vous met une claque quand il fait résonner sa voix caverneuse, qui vous fait vibrer quand il fait silence dans une salle bruyante au seul rythme de son pied qui bat la mesure. Le mec qu’on est obligé d’écouter attentivement, qui attire la curiosité et fascine. Le mec qui lit des poèmes entre deux chansons aussi. Comme ça, parce qu’il le ressent, que c’est urgent, que ça doit être dit. C’est ça, les concerts de Ross Heselton.

Un enregistrement à la hauteur du live

Et jusque-là, ces enregistrements n’étaient pas tout à fait cela. Plus « classiques » et donc partiels, ou plus « conceptuels » et donc moins faciles d’accès, il fallait plutôt le découvrir en live. Maintenant, chanceux que tu es, tu n’auras plus besoin d’attendre, car Layer After Layer est la porte d’entrée parfaite à l’univers de Ross Heselton. Oui, parfaite. Le mot est lâché.

Ross Heselton

Un livre d’abord, donc. Et quel beau livre. Illustré par Léonie Risjeterre avec une délicatesse et une grâce simple, page après page, ce sont de petits trésors qu’on découvre. Le premier : un feuillet « à propos », où l’artiste lui-même explique cette sortie, et y laisse son adresse. Oui. Si l’envie te prend de lui écrire l’amour que tu as pour ses chansons, ou un simple mot, tu pourras le faire même par voie postale. À l’ancienne. Avec un stylo dans la main plutôt que des touches sur le clavier. C’est autre chose, non ?

Ensuite, le CD. 3 titres. Longs, denses, variés, mais totalement fidèles à l’ambiance live. Une guitare et une voix qui chante ou récite, s’énerve ou caresse. Aborde la vie (« Layer After Layer ») et crie ses indignations, non sans rappeler la façon qu’avait My Brightest Diamond de chanter Nina Simone (« Song To The White Man »). Et va jusqu’à reprendre d’une superbe manière Saint James Infirmary, de Louis Armstrong. La claque.

Une fenêtre sur son être

Le reste du livre est en fait parsemé de citations, développe les paroles des chansons, et ensuite, peut-être, arrive la partie la plus intéressante : les commentaires de Ross Heselton pour chaque titre, puis un texte personnel. Une fenêtre sur son être, et sur son âme, en quelque sorte. Des phrases qui font comprendre ce qui motive vraiment un artiste à écrire, à chanter, à partager. Ou tout du moins ce qui le motive vraiment, lui. Et dieu qu’on se reconnaît dans ce qui est écrit là-dedans. Mais tout cela étant somme toute bien personnel, on te laissera apprécier par toi-même. Sans résister à une petite citation.

Pour le rire et le désir,
Pour le chagrin et la joie.
Pour l’air invisible,
Pour les morts puissants,
Pour ceux qui cherchent et ceux qui vivent – pour ceux qui dansent – pour les chaînes –
Je chante pour toi et moi.

Ross Heselton, Anglais d’origine mais vivant en France, a trouvé le parfait moyen de traduire chaque chanson en révélant le poème qu’elle est réellement, au point de ne plus vraiment savoir quelle version il est préférable de lire. Une pépite bilingue donc que ce livre-CD, dont le résultat, en le refermant, est cette folle envie de le partager. De le faire découvrir autour de soi. De partager un peu de cette sincérité qui déborde, et de cette beauté magique qu’est la musique. Partager. Chose qu’on fait maintenant, et qu’on espère bien que tu feras.

Layer After Layer, sortie le 30 septembre 2017, Soleils Bleus / Martian’s Parlor

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