Dans le village québécois de Fred Pellerin il y a…

SPECTACLE – Suite des aventures de Fred Pellerin à St-Élie-de-Caxton. Pour ce nouveau spectacle, le conteur et musicien revient au big bang de son petit village québécois.

Non, il ne s’agit pas d’un conte ou d’une banale histoire. Pour Un village en trois dés, son nouveau spectacle au Théâtre de l’Atelier, Fred Pellerin parle de « conférence ». Une conférence sur son thème de prédilection : St-Élie-de-Caxton, au Québec. Il s’agit de son village natal, le village dans lequel il réside toujours d’ailleurs. Vêtu sans prétention d’un jean et d’une chemise, le Québécois va, pendant plus d’une heure, nous parler comme à des amis, et à coup d’anecdotes savoureuses, des habitants charismatiques de St-Élie, qui ont participé à la création, en 1865, dudit village.

Il était une fois… St-Élie

Sous un halo de lumière et entouré de 5 cordes de cloches qui pendent du plafond, Fred Pellerin restitue sobrement l’ambiance sacrée et populaire d’un village québécoise au XIXe siècle. Il ponctue son récit de quelques chansons, assis sagement sur le devant de la scène, la guitare acoustique tenue bien haute. On en oublierait presque que c’est aussi un fantastique compositeur. Pas d’autres accessoires que sa guitare. Fred Pellerin nous restitue à sa façon les légendes fantasques que sa grand-mère lui a elle-même transmises.

Tout est parti de recherches historiques que menaient Fred Pellerin sur St-Élie, et de trois pages d’archive manquantes. Un jeu de dès entre deux curés plus tard et bim, Fred Pellerin nous présente Élie le jeune curé, celui qui donnera son nom à ce village de Mauricie. On part ensuite à la rencontre d’Alice dite Aliche, la postière qui lichait/léchait tous les courriers, un forgeron qui sacre beaucoup trop, un barbier qui voulait être menuisier, Toussaint un gérant de magasin général radin qui croit à moitié en Dieu, ou encore une veuve rousse aux 99 vaches noires et blanches et 1 vache brune. 

Sans te dévoiler leurs histoires, ni tous les détails croustillants, sache qu’il s’agit là d’improvisations jouées différemment chaque soir, selon l’humeur de l’artiste. D’ailleurs, il n’est pas rare de le voir rire à ses propres blagues ou rebondir de ses erreurs (le nom du bébé qui change au fil de l’histoire ? Rose, Capucine, Coquelicot ? Bof, tout le monde s’en fiche). On se fond dans le décor chaleureux planté par Fred Pellerin, on déambule à travers les rues de St-Élie-de-Caxton comme si on en faisait partie. On s’y sent bien et on rit de tout : de simples jeux de mots à l’humour potache.

Ô Québec

Si tu n’es pas friand du parler québécois, ce spectacle n’est pas pour toi. Non seulement le Québec et ses habitants sont au cœur d’Un village en trois dès, mais en plus Fred Pellerin ne sera pas là pas pour t’expliquer ces expressions ou mots de vocabulaire que nous pauvres Français, n’utilisons pas. Ou plus. Beaucoup de thèmes sont abordés avec humour, mais aussi un peu de sérieux quand il le faut : amour, alcool, guerre, solitude, honneur et bien sûr foi. On attend avec impatience le clou du spectacle, à savoir l’événement perturbateur à l’origine de l’érection canonique de St-Élie-de-Caxton (oui, les 50% de Français dans la salle ont sûrement gloussé à ce moment-là du spectacle). Ne t’en fais pas, tout est dévoilé à la fin, et en plus d’avoir mal au bide à force de se marrer, tu risques d’être surpris !

► Un village en trois dès de Fred Pellerin, au Théâtre de l’Atelier, du 4 octobre au 5 novembre, du mercredi au samedi à 19h, le dimanche à 18h.

Grand merci à Justine D.

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