Justin Nozuka & Fabrizio Cammarata aux Étoiles : une soirée en clair-obscur

LIVE REPORT – Retour sur un dimanche soir en demi-teinte aux Étoiles avec Justin Nozuka et Fabrizio Cammarata.

Il a fallu me traîner ce dimanche soir pour aller aux Étoiles. J’avoue. Dimanche soir, journée de boulot, humeur noire. « Tu fais du boudin », m’a-t-on dit. Oui, j’avoue. Je faisais du boudin, mais ce dimanche soir, j’avais vraiment envie de rester au fond de mon lit, profiter de quelques heures de dodo qu’il me restait avant de recommencer une nouvelle semaine. En plus, la salle est bondée. Surchauffée. Il fait 40° degrés par ici ou comment ça se passe ? Bref, je ne suis pas de la meilleure compagnie et j’affiche la mine de très mauvais jour. Le visage fermé, et le sourire en vacances aux Bahamas. Certes, le sourire est en CDI aux Bahamas.

Mais, il a fallu quelques secondes pour que mon humeur se radoucisse un peu. La voix chaude qui se casse par moments de Fabrizio Cammarata a joué le même rôle qu’un chaton qui se love sur des genoux. Un peu de douceur, des jolies chansons folk jouées en guitare-voix. Le soleil de l’Italie s’invite dans mon esprit, même s’il chante en anglais. On a la primeur d’entendre les titres de son EP sorti en France récemment (je t’en ai parlé) et surtout d’entendre la magnifique reprise de « La Llorona ». C’était beau. Pendant trente minutes, j’avais oublié que j’étais d’humeur aussi massacrante qu’une tronçonneuse. C’est revenu dès que l’Italie a quitté la scène. SB.

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« Ce n’est pas toi, c’est moi »

Parfois je me demande pourquoi je n’écoute pas plus mes amis. Les signaux étaient pourtant tous au rouge. « Dimanche je vais voir Justin Nozuka ». « Pardon ? Justin Nozuka, Nozuka ? ». Et je confirmais, confiant mon espoir. Le public est venu nombreux, et très impatient. D’ailleurs dès que le Canadien et son groupe débarquent sur scène, la foule est en délire. Les portables jaillissent des poches et des sacs. Il est là. Il y a 10 ans, j’aurais noté cette date au marqueur indélébile dans mon agenda, je me serais réveillée excitée ce dimanche, comme un matin de Noël.

Justin Nozuka a toujours cette mine radieuse, qui le caractérisait déjà quand on était ados. Il fait danser, il transmet sa bonne humeur, et ce, malgré une corde de guitare cassée dès la première chanson. Il est venu présenter à l’Europe High Tide son nouvel EP. Les Étoiles est sa dernière date de tournée, ce qui semble le mettre en joie. Mais je suis extrêmement dubitative en écoutant ce pop-folk de mon passé. Comme si un voile était passé devant mes yeux. Ça ne me touche plus, c’est linéaire, fade. Je reste sur la touche, alors qu’à côté de moi, le public semble ravi et les premiers rangs se déhanchent. La sensation est étrange, j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose de fou. Finalement, je repense à cette phrase clichée que l’on entend souvent dans les comédies romantiques (ou dans la vraie vie) : « ce n’est pas toi, c’est moi ». Justin Nozuka ce n’est pas toi, c’est moi. ES.

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Texte : Sabine Bouchoul & Emma Shindo | Photos : Emma Shindo

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