« Mindhunter », la série qui nous plonge dans la tête des serial killers

SÉRIE – On a regardé la 1re saison de « Mindhunter », la nouvelle série Netflix, produite notamment par David Fincher et Charlize Theron. 

En ce moment, je finis un livre de Peter Vronsky, intitulé Femmes serial-killers, pourquoi les femmes tuent ?  Il y a deux mois, je lisais Dans la tête des tueurs, portraits de profilers. Ouais, je sais, chacun ses goûts. Si tu veux que je te rassure, entre deux je relis toute la série des Paul de Michel Rabagliati. Comme beaucoup de monde, les serial killers est un sujet qui m’intéresse. Non pas que j’aie une fascination morbide pour ces hommes et femmes, mais plus que les études à leur sujet sont très instructives.

Cas par cas et chronologiquement, Peter Vronsky tente de raconter, comme il le peut, ce qui a pu amener certaines femmes à devenir des tueuses en série ou tueuses de masse. Il dresse le portrait de famille de quelques femmes « célèbres », notamment Aileen Wuornos qu’a interprété, et d’une certaine façon glorifié Charlize Theron dans Monster. Tu te doutes alors combien j’ai été intriguée de trouver un beau matin la série Mindhunter sur Netflix. J’avais vu il y a un certain temps la bande annonce, puis j’avais mis ça dans un coin de ma tête et oublié. Le karma.

Produite notamment par David Fincher himself et Charlize Theron herself, la première saison de 10 épisodes met en scène la rencontre de deux agents spéciaux du FBI, Bill Tench et Holden Ford. Il sera question des débuts (et des balbutiements) du premier département des sciences du comportement et de psychologie criminelle du FBI. La série est librement inspiré de la vie d’un duo d’agents ayant vraiment existé (John Douglas et Robert Ressler) et d’un livre Minhunter : dans la tête d’un profileur de Mark Olshaker et le même John Douglas. Le duo Douglas/Resseler est à l’origine de la première classification et de la terminologie de serial killer de l’histoire (Crime Classification Manual publié en 1995).

Les Starsky & Hutch du psychopathe

Pas facile facile d’entrer dans la série. Beaucoup de blabla scientifique, certes fort intéressant, mais pouvant à la longue lasser le spectateur et lui donner envie de ne pas aller plus loin. Et une certaine langueur dans le rythme des épisodes. En effet, chaque épisode commence avec une mini introduction de quelques secondes suivant l’évolution d’un serial killer en devenir, ses doutes, ses déplacements, ses repérages, ses luttes intérieures… (le futur Dennis Rader). Puis, retour à Quantico et incursion dans l’évolution du département, et parallèlement quelques scènes de la vie quotidienne des personnages principaux. Comment vivre « normalement » quand on côtoie tous les jours l’horreur humaine ?

Dans les deux rôles phares, on a Holden Ford, interprété par Jonathan Groff aka Jessie St Clair pour les amateurs de Glee. Jeune agent novice fort intelligent et intrépide, il ne connaît pas ses limites. Négociateur d’otages frustré, intellectuel incompris, l’agent Ford donne des cours de profilage à Quantico avant d’être recruté par Bill Tench. Bill Tench (Holf McCallany), ancien Marine calme et raisonné voit en Ford un gros potentiel à exploiter, il sera un bon partenaire pour l’accompagner, mais surtout le guider et le remettre dans le droit chemin. Papa d’un enfant adopté à problèmes, Bill Tench est la figure paternelle, l’homme qui semble ne jamais flancher de l’extérieur. Un duo sérieux et parfois pince sans rire, deux caractères diamétralement opposés. C’est Tench qui propose à Ford de se joindre à lui pour le suivre sur ses tournées de formation dans les commissariats de province. Il y enseigne les débuts du profiling.

Bill Tench et Holden Ford, le duo d’agents spéciaux

Une série cérébrale

Pour ceux qui attendent des scènes d’action ou des flash back des crimes bien sanglants, vous serez déçus. En effet, le travail des agents Ford et Tench consiste en une typologie des tueurs en série. Les deux agents partent interviewer des multirécidivistes emprisonnés parallèlement à leur formation dans les commissariats. Dans cette première saison, on rencontre les charmants Ed Kemper (10 meurtres dont sa propre mère), Jerry Brudos (l’obsédé des chaussures et de photographie) et Richard Speck (tueur de toute une colocation d’étudiantes). Je vous passe les détails croustillants.

En plus de consigner par audio et par écrit les discussions qu’ils ont avec les détenus, ils espèrent pouvoir en comprendre plus sur leur fonctionnement. Pourquoi eux, et pas nous en gros. Il ne s’agit pas de ré-enquêter sur ces tueurs en série/masse, mais de peut-être pouvoir appliquer ces enseignements/nouvelles connaissances au présent pour résoudre des affaires non-résolues. Pas de course poursuite, de scène sanglante ni de suspense déchirant, Mindhunter est surtout une série cérébrale. Car très vite, Ford & Tench sont rejoint par Wendy Carr (Ann Wolbert en vrai, jouée par Anna Torv), professeure émérite de psychologie à l’Université de Boston qui étudie le parcours de pensée des criminels. Cette dernière, très rigoureuse tente de dresser une classification des multirécidivistes à partir des entretiens réalisés par les deux agents. Un trio gagnant.

Ford & Tench avec Wendy Carr, la caution universitaire de l’équipe

Il faut quelques épisodes avant de s’attacher un minimum aux personnages. Pour ma part, si je trouve Ford brillant et fougueux, son arrogance peut vraiment agacer au bout d’un certain temps. Passionné et mué par le désir de comprendre ce qui « fait » un serial killer, Ford n’a pas de limites. Il fonce, il tente, et parfois il va trop loin. Son « amitié » avec Ed Kemper pause problème à Tench qui au début, refuse de se joindre à lui pour les entretiens. Wendy Carr passe pour la bête sexy et intellectuelle, qui fait passer son travail avant sa vie perso, tandis que Tench est à mes yeux, le seul personnage vrai et attachant de la série.

Au délà de ces entretiens historiques, la première saison de Mindhunter laisse en friche le développement du tueur en série « d’introduction » Dennis Rader, l’avenir du département et celui des vies de couple et de famille de Tench, Ford et Carr, qui peinent à allier travail et vie personnelle. Comme d’habitude avec David Fincher, c’est une série noire, très pessimiste, avec des pincées de minimalisme rétro pour tout ce qui est décor, costume et accessoires. Point trop n’en faut. Une deuxième saison a déjà été annoncée, aucune date n’a été communiquée pour le moment.

► Mindhunter, disponible sur Netflix depuis le 13 octobre 2017

A LIRE AUSSI >> Le Département, la web série loufoque qui donne envie d’aller bosser

Advertisements

Laisser un commentaire