Il faut qu’on te parle de Tamino

NEWCOMERS – On l’a raté à Amsterdam, Tamino est dans nos pensées depuis. On devait te parler de ce doppelganger de Jeff Buckley.

Oui. Il faut. Parce que ça fait un mois que je suis obsédée par la musique de ce jeune Belge. Il y a un mois, nous sommes allées à Amsterdam pour le 7 Layers Festival. Musique folk, musique indé, musique qui fait pleurer. C’était beau. Et c’était compliqué de tout voir. Bien sûr, on n’a fait quelques impasses car les concerts se chevauchaient et, malheureusement, le portoloin n’existe pas ni le don d’ubiquité. C’est fort dommage car cela aurait utile. On n’aurait pas manqué Tamino.

Depuis ce 1er octobre, les mecs, je suis dans un état de frustration que je n’ai plus connu depuis l’adolescence. Tu sais, le même état de frustration que lorsque tu jouais à Pokémon sur Gameboy, que tu les avais tous attrapés ces blaireaux mais qu’il t’en manque un. Ce connard de mewtwo que t’as jamais réussi à avoir. Tu vois cette frustration-là. Tamino, c’est un peu le Pokémon que j’ai raté. Et depuis je rumine.

Buckley, sors de ce corps

J’ai regardé tout ce qu’il y avait à regarder sur lui, histoire de me faire un concert à emporter et à regarder dans le canapé. De sa reprise parfaite de « I Bet You Look Good on The Dancefloor » d’Arctic Monkeys (ouai c’est couillu, mais c’est super réussi paroledemoi) à ses titres à lui en acoustique, en électrique, avec le son et l’image dégueu d’un téléphone portable. J’ai écouté ses titres, surtout, et ce qui m’a frappé dès la première écoute c’est la ressemblance vocale frappante avec Jeff Buckley.

Oui, oui, je sais. Je vois que tu roules des yeux devant ton ordinateur, t’as envie de m’insulter, sans doute de me traiter de journaliste de pacotille (t’as peut-être pas tord sur ce point-là d’ailleurs), mais je t’assure, j’ai pensé à lui. La manière dont la voix du jeune Belge ondule, oscille, navigue entre les très aiguës et les très graves, c’est du Jeff Buckley. La guitare électrique aussi. Et un peu le physique. Une silhouette longiligne et un visage androgyne aux traits fins. Partout, on le décrit comme ténébreux, je le vois timide et introverti.

Romantisme et élégie

Comme son père spirituel, Buckley, Tamino a grandi dans un univers très musical. Ce jeune homme de 21 ans est né à Anvers. Sa mère est belge, son père égyptien et son grand-père paternel Moharam Fouad était un chanteur très connu en Egypte. Tamino restera très influencé par la musique de ses origines, puisque les influences orientales se mélangent avec justesse et mystère dans ses compositions. D’ailleurs, il n’hésite pas à chanter aussi quelques paroles en arabe, son plus beau titre s’intitule « Habibi » (« je t’aime », si tu veux tout savoir). Quelques notes de guitare électrique et un piano délicat suffisent pour tisser une toile épaisse et mystérieuse et t’embarquer dans cet univers sombre et romantique.

Pour plus d’orient, je te conseille « Reverse », une élégie aérienne qui s’écoute les yeux fermés pour plus de rêverie. Pour se laisser porter par ce violon subtile et cette voix qui ne s’arrête plus de jouer avec les octaves. Sans faire Mariah Carey, on te rassure. Tamino est troublant. Et sa musique est obsédante. Il sera en première partie de Warhaus à la Maroquinerie.

Une dernière avant de partir :

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