Le jour où FAIRE a retourné la Maroquinerie

LIVE REPORT – On était prévenu, un concert de Faire ça laisse des marques. Et on n’a pas été déçu ! Le trio a fait danser toute la nuit une foule survoltée.

La Maroquinerie accueillait hier soir les incontrôlables Faire. Gourous de la Gaule Wave, les trois garçons ont l’habitude des climats chauds et humides. Et ce n’est pas cette soirée qui leur donnera tord. Pour se mettre en jambes, c’est Lulu van Trapp, nouveau projet des ex-La Mouche qui ouvre le bal. Au programme, paillettes, boa rouge et pogo à gogo.

Lulu van Trapp, la diva rock’n’folle

Pour la première partie, le cadre est intimiste. Les quatre musiciens de Lulu van Trapp sont installés au creux de la Maroquinerie, au cœur de la fosse. Autour d’eux, un public disséminé se rapproche progressivement au fil du set. Sur cette petite scène improvisée, une chanteuse-claviériste, un chanteur-guitariste, un bassiste et un lanceur de samples-batteur électronique s’amusent et font le show. C’est pourtant leur tout premier concert ensemble ! La setlist est colorée et variée, un peu d’électro, une touche de jazz, du R’n’B, un pincée de punk et trois gouttes de drum & bass. Le cocktail est efficace, et le jeu de scène enflammé. Mission accomplie, la salle est bien chaude pour accueillir Faire.

Faire, la frénésie électrique

Le trio tant attendu sait se faire désirer. Le public est déjà amassé au devant de la scène lorsque les trois garçons font leur entrée. Avec leurs chapeaux et fourrures, ils sont élégants et en jouent, même si toute la salle le sait déjà, il finiront en caleçon. Mais pour les premières notes, scène et salle sont encore chastes. Le début de set est instrumental, histoire d’échauffer doucement les cervicales et les articulations. Mais dès que « Christiane » est lancée et que la scène est envahie de sensuelles et dénudées invitées, la Maroquinerie se transforme en une arène de pogo géante, qui ne reprendra son souffle que lorsque les lumières se rallumeront, 2h plus tard.

Les titres s’enchaînent, laissant peu de répit à un public survolté. À part quelques courageux téméraires, les photographes et autres inhabitués du groupe se réfugient sur les hauteurs de l’arène, tandis que la sueur et la bière coulent à flots. D’en haut le spectacle est fascinant. Les corps se jettent et bougent au rythme effréné des basses, on plonge depuis la scène dans la foule accueillante. Le trio joue pour la première fois sur scène « Annie », titre paru sur leur premier EP, Savoir (janvier 2016, Microqlima), mais aussi « Jim », et d’autres titres plus récents qui ont déjà bien fait leurs preuves : « Sisi », « Mireille se rappelle » du deuxième EP, Le Tamale (février 2017) et enfin, les titres sortis cet été sur le 3e EP C’est l’été : « Ma Méditerranée » et « Pas des putes ». L’apothéose est atteinte sans surprise avec l’excellente « Marie-Louise » qui jette le public dans une frénésie incontrôlable. Je sors de la salle avec des acouphènes et puant la clope mais le jeu en valait la chandelle. Chapeau les gars.

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Photos : Jeanne Cochin

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