Plonge dans la noise sauvage de Sunflowers dans Castle Spell

PORTUGAL – À défaut de trouver le soleil pour recharger ses batteries, on passe par la musique. Et quoi de mieux qu’un bon album de rock garage et psyché qui vient du soleil pour ça ? Sunflowers débarque avec Castle Spell.

La dernière fois que j’avais eu cette impression à l’écoute, c’était pour The Gooch Palms, un groupe australien de punk qui faisait tout exploser en concert. C’était instantané, j’avais envie de sauter, je sentais la chaleur moite d’un concert survolté sur ma peau encore pleine du soleil de Manly Beach. Bon, ok, je ne suis plus tout à fait en Australie, ma peau n’a pas senti le soleil depuis ce qu’il me semble être des lustres, et niveau chaleur, on repassera. Et pourtant…

Sunflowers - Castle Spell
Sunflowers – Castle Spell
(Only Lovers Records – Stolen Body Records / Differ-Ant)

Et pourtant dès « The Siren », ouverture de ce second album, même impression. Même envie de me lever et de balancer ma tête dans tous les sens, de faire trembler le sol et de tendre la tête vers le ciel. La faute à ce côté très rock, très punk, très garage qui se dégage des guitares électriques et de cette batterie répétitive et implacable. Ça suinte, et ça se retrouve partout, de « Sleepy Sun » à « A Spasmatic Milkshake ».

Chœurs sous ecstasy, rock sous amphèt

Deux voix là-dedans : celle de Carolina Brandao et celle de Carlos de Jesus. À l’unisson souvent, le duo répète et anônne ses paroles (que j’avoue ne pas toujours comprendre, mais franchement, quelle importance ?) entre deux cris bien placés (« Monomania »). Et si c’est la voix de Carlos qui prend le dessus souvent, celle de Carolina apporte le côté profond et détaché de tout groupe classieux qui se respecte. Sauf quand des chœurs parsèment l’album. Ces chœurs faits de ah ah ah sous ecstasy, qui imprègnent notre chemin d’arcs-en-ciel et de licornes volantes (« We Have Always Lived In The Palace ») pendant que les voix nous parviennent à travers des couches de réverb jaune soleil. Juste avant que le tout ne se transforme en course poursuite paniquée (« Surfin’ With The Phantom ») sous un soleil de plomb, dans un désert sans fin, à fuir un ennemi inconnu.

En résumé, Castle Spell de Sunflowers, c’est la rencontre de Tobe Hooper et Tarantino, qui décident de faire un film hommage aux nanars de kung-fu des 70s mixés à des morts-vivants des 50s, et finalement se lancent dans un disque. Oué. Voilà, là t’auras peut-être une idée de la folie du concept et de l’inutilité d’en dire trop.

Épileptiques, s’abstenir. Pour les autres, guettez les dates de concert.

Castle Spell, sortie le 9 février 2018 chez Only Lovers Records

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