Belle and Sebastian + Pictish Trail : quand l’Écosse débarque en France

LIVE REPORT – Les Écossais de Belle and Sebastian étaient de passage en France à l’occasion de la sortie de leurs trois EP. Ils ont ramené leurs compatriotes de Pictish Trail dans les bagages pour des concerts 100% scottish.

Belle and Sebastian concentre les passions. Ce groupe suscite l’amour autant que le dégoût depuis plus de vingt ans maintenant. Les aficionados défendent leur pop légère et qui file le sourire, les haters se concentrent sur la sensation d’ennui de cette bande écossaise (si tu souhaites lire ça en termes plus crus, on te conseille l’article de Gonzaï qui les dézingue à tout va. Et les commentaires). Sans être une énorme fan, je fais plutôt partie du 2e camp, et comptais donc vérifier tout cela sur scène.

Une troupe au grand complet

Le début du concert se passe en demi-teinte. Premier problème : j’ai fait mon boulet et me retrouve dans l’incapacité de prendre des photos. Bon. Les lumières étant ce qu’elles sont, les conditions n’étaient de toute façon franchement pas folichonnes pour profiter des neuf compères qui occupent le terrain. Oui, neuf. C’est ça, Belle and Sebastian. Une troupe complète qui débarquent avec des guitares, des basses, des claviers, des trompettes, des violons, des melodicas, des flûtes, des tambourins, etc, etc. J’ai du mal à rentrer dedans, un peu gênée par la vidéoprojection à l’arrière, et tout ce beau monde à l’avant. Je ne sais plus où regarder.

Evidemment, les titres des derniers EP How To Solve Our Human Problems sont prédominants. Mais pour le reste, le public a droit à un beau florilège : « Mayfly » ou « Seeing Other Peple » de If You’re Feeling Sinister, « Sleep The Clock Around » de The Boy With The Arab Strap, « I’m A Cuckoo » ou « Stay Loose » de Dear Catastrophe Waitress,… Je cède sous les assaults des titres les plus naïfs, que chacun appellera comme il le souhaitera (gnan-gnan, cucul…). « Piazza New York Catcher » chantée en bord de scène et dans le public par Stuart Murdoch me colle le sourire et me fait dodeliner de la tête. La même chose, bien sûr, sur « The Boy With The Arab Strap » sur laquelle le public sera invité à monter sur scène. Voilà le Belle and Sebastian que je préfère. Celui qui aura probablement inspiré bon nombre de groupes que j’ai par la suite écouté (The Shins, Iron & Wine pour ne citer qu’eux).

Vers les étoiles

L’ambiance est bon enfant. Les interludes nous apprennent que Stuart fraude dans le tram, et qu’il se balade avec une boîte à musique qui joue « Le Beau Danube Bleu ». Mais le meilleur reste, comme souvent, le rappel. Ce sera « Electronic Renaissance », du tout premier album « Tigermilk ». « C’est marrant que vous la demandiez, tout le monde la critiquait et la détestait à sa sortie ! », dira d’ailleurs Stuart. Et la parfaite « Get Me Away from Here, I’m Dying ». La douceur incarnée qui nous laisse la tête dans les étoiles.

Il est vrai que ce n’était pas le concert du siècle. Mais l’association de Belle and Sebastian avec leur première partie Pictish Trail a garanti une soirée pleine de gaité. Mené par Johnny Lynch, sorte de chaman barbu aux pommettes pleines de paillettes, le groupe a fait peu à peu décoller la soirée. Leur musique à mi-chemin entre Ghinzu 3e version et Arcade Fire 1ère époque était pleine de montées en puissance avec une voix totalement incroyable, douce et maîtrisée. Une belle découverte pour un groupe qui tourne pourtant depuis quelques années déjà. Vivement qu’on en voit plus d’eux, parce qu’on les aime déjà beaucoup beaucoup.

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