Comme Chez Watt au Graffalgar : musiques en chambres d’hôtel

LIVE REPORT – On a testé un nouveau concept : celui des concerts intimistes en chambres d’hôtel. C’était à Strasbourg, pour le festival Comme Chez Watt, dans le merveilleux hôtel Graffalgar.

Concerts en salle, dans des bars, sur des péniches, dans des apparts, sur une plage, dans un champ, tout ça, j’avais déjà fait. Concert dans une chambre d’hôtel en revanche, non. Alors quand j’ai vu que Comme Chez Watt organisait une petite sauterie de ce genre, je n’ai pas hésité.

Comme Chez Watt est une association strasbourgeoise qui organise en temps normal des concerts en appartement. L’intimiste et l’acoustique sont leur fond de commerce. Ils n’ont pas dérogé à la règle ce soir mais ont donc simplement délocalisé au Graffalgar, l’hôtel le plus coolos de la ville. Dans le quartier gare, ses 38 chambres sont décorées par 38 street artists, et crois-moi, ça en jette. Pour l’occasion, 3 de ces chambres ont été investies par 3 artistes maison : Mony, Claire Faravarjoo, Thomas Schoeffler Jr.

  • Chambre 101 – Monsta room – Mony

Mony attend tranquillement que le public soit autorisé à monter. Il sent bien la chambre : « 101, c’est le nom d’une tournée de Depeche Mode, ça ! » Seul avec sa guitare, lui qui souvent joue avec son groupe The Hatmen, il chante des chansons de son futur album en totale acoustique, sans micro. C’est ça l’avantage des petites chambres d’hôtel. S’il commence le concert assis, il le finira tout de même debout, ne résistant pas à faire battre la mesure à un public qui ne se fait pas trop attendre pour participer. Voix rocailleuse et adepte d’un blues rock qui sent l’Amérique, ses reprises trahissent ses influencent : un standard de Blues/jazz « Delta Bound », et une reprise des fameux Kaleo « Way Down We Go ». L’ambiance est posée : la soirée sera rythmée et souriante.

Concerts sans micro et sans matelas

  • Chambre 207 – Ateliers BAH – Claire Faravarjoo

Clairement la chambre la plus ouf des 3. Les cordes tirées sur les murs et le plafond, et le merveilleux lustre en bois donne un aspect tellement graphique à la pièce… Ça colle bien à la pop française de Claire Faravarjoo. Tu l’as peut-être découverte il y a 2 ans dans The Voice. Ou peut-être avec le prix Ricard S.A Live, dont elle est l’une des 10 finalistes de cette année. Moi, je l’avais vue pour la première fois avec son groupe à la fête de la musique 2017. À ce moment-là, je m’étais dit que sa musique, cette pop teintée d’électronique, paroles en français et rythmes dansants, était pile dans la tendance. Je n’ai pas changé d’avis ce soir. Mais je vais avouer que j’ai préféré la voir comme ça, sans micro, avec ses 2 musiciens en toute simplicité, plutôt que dans un contexte où elle pousse sa voix un peu plus. Elle finira par faire se lever tout le public pour une mini-teuf sur K.O.

  • Chambre 402 – DAN 23 – Thomas Schoeffler Jr.

On enchaîne deux étages plus haut sous les yeux peints du street artiste DAN 23. Thomas Schoeffler Jr joue un peu « nu » ce soir. Guitare sèche, harmonica et c’est tout. Pas de stomp box pour le one man band qui allume tous ces sets à coups de pieds bien placés d’habitude. Conséquence : petite setlist remaniée pour l’occasion, avec « que » des chansons tristes et sombres. Mais beaucoup d’humour au milieu, toujours. Moi ça me va très bien. Pour l’occasion, on entend même des petites pépites anciennes. Alors forcément, ça envoie moins qu’à l’accoutumée, mais la douceur d’une reprise de Bob Dylan, ça n’a pas de prix (« Nothing ‘cept You »). Thomas Schoeffler Jr. ne résiste tout de même pas à faire une petite chanson plus rock, avec « Sauerkraut ». Et c’est sur ce rythme un peu plus soutenu qu’on terminera la soirée, comme une invitation à venir voir tout ce beau monde dans d’autres lieux, d’autres conditions, pour poursuivre l’aventure.

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